Xaindia
| Autres noms | Chaindia, Saindia, Saindua |
|---|---|
| Nom basque | Xaindia |
| Groupe | Figure légendaire |
| Sous-groupe | Héroïne folklorique ; figure légendaire chrétienne |
| Caractéristiques | Jeune servante enlevée dans les airs par les esprits de la nuit ; sauvée aprÚs avoir invoqué Saint-Sauveur |
| Habitat | Basse-Navarre ; vallĂ©e de l'Hergarai ; forĂȘt d'Iraty |
| Proches |
| Origines | Mythologie basque ; folklore populaire ; tradition chrétienne |
|---|---|
| Région | Basse-Navarre, notamment Beyrie-sur-Joyeuse et Mendive |
| PremiÚre mention | Jean-François Cerquand ; Julien Vinson |
Xaindia, Chaindia, Saindia, ou Saindua, la sainte en basque, est l'hĂ©roĂŻne d'une lĂ©gende traditionnelle du pays de Beyrie et de la forĂȘt d'Iraty[1],[2].
Description
[modifier | modifier le code]De nombreuses versions ont circulé dans tout le Pays basque. C'est une histoire qui se rapporte au thÚme de l'interdit de la Nuit : le Jour appartient à l'Homme, la Nuit appartient à toutes les puissances maléfiques réunies dans le personnage de Gaueko, celui de la Nuit.
En parallĂšle, seule une intervention de la religion chrĂ©tienne ou de ses symboles peut contrecarrer les forces paĂŻennes ou dĂ©moniaques. La jeune fille, servante dans une grande ferme, accepte de sortir en pleine nuit (pour de l'argent, circonstance aggravante) afin d'aller chercher un outil (un rĂąteau, ou plus exactement une houe ou un croc â haitzurrotcha). La ferme est nommĂ©e Bithiriña Inhurrian. Le garçon qui a oubliĂ© l'outil crie âhamar sosâŠâ (dix sous) pour offrir une rĂ©compense[3]. La servante est dĂ©crite comme âneskatxa gazte gazteâ (une trĂšs jeune fille). Ses paroles exactes sont citĂ©es, acceptant dâaller chercher lâoutil pour lâargent.

Presque toutes les versions modernes situent l'action lors d'une soirĂ©e oĂč l'on dĂ©pouille le maĂŻs, mais il est Ă©vident que la lĂ©gende est bien plus ancienne que l'introduction de cette plante venue d'AmĂ©rique. Minuit sonne, et la servante est emportĂ©e dans les airs par une meute d'esprits invisibles. Elle est saisie âairean hartua eta eremana iragaiten daâ (emportĂ©e dans les airs et traversant lâespace). Les cris et rĂ©actions des habitants de la ferme et du village sont dĂ©taillĂ©s : ils suivent ses mouvements, hurlent, pleurent. Elle passe par Larzabale et au-delĂ , Mendibetik haratago, Salbatoreko parrera (au-delĂ de Mendive, vis-Ă -vis de St-Sauveur[3]). En passant au-dessus de la maison, elle lĂąche l'outil qui tombe dans la cheminĂ©e. Puis elle est emportĂ©e trĂšs loin. En passant au-dessus de la chapelle Saint-Sauveur d'Iraty, elle pense Ă dire une priĂšre, criant âJon Doni Salbatore, urrikal zakizkit, otoi!â («St-Sauveur, de grĂące, ayez pitiĂ© de moi !»), alors les esprits l'abandonnent. Selon les versions, elle meurt ou elle reste sur place. La version de Julien Vinson (Le RĂąteau) mentionne entre parenthĂšses[4] : « histoire vraie ». Et la narratrice prĂ©cise : « on lui a fait une habitation en verre, et on lui a mis le rĂąteau Ă la main ». Elle ajoute mĂȘme que « sa mĂšre a vu la maison et le corps de la jeune fille Ă Saint-Sauveur ».
En fait, il est vrai qu'on a construit prĂšs de cette chapelle une sorte de niche (peut-ĂȘtre Ă©tait-elle vitrĂ©e) dans laquelle se trouvait une trĂšs ancienne statuette en bois polychrome reprĂ©sentant une jeune fille tenant une houe Ă deux dents. La chapelle de Saint-Sauveur d'Iraty est un lieu particuliĂšrement riche pour la mythologie basque. On y situe plusieurs histoires du Basajauna.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â Jean-François Cerquand, LĂ©gendes et rĂ©cits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, AubĂ©ron, (1re éd. 1876), 338 p. [dĂ©tail de lâĂ©dition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)
- â Ellande Duny-PĂ©trĂ©, « Le chandelier de Saint-Sauveur dâIraty rĂ©apparaĂźt », Bayonne, France, Enbata, (consultĂ© le ) «âŻâŠ un soir, dans la maison Inhurria de Beyrie, on Ă©tait en train de dĂ©pouiller le maĂŻs. Tout Ă coup, le domestique sâaperçoit quâil a oubliĂ© dans le champ sa pioche Ă deux dents. Il dit tout haut quâil donnerait bien dix sous Ă qui rapporterait la pioche. La servante, toute jeune fille, rĂ©pond aussitĂŽt quâelle ira. Elle sort, mais Ă peine dehors⊠un cri dĂ©chirant retentit. Presque aussitĂŽt, la pauvre servante file auâdessus de la cheminĂ©e dâInhurria, emportĂ©e dans les airsâŠâŻÂ»
«âŻâŠ En passant auâdessus de SaintâSauveur, elle reconnaĂźt la sainte chapelle et hurle : âSaintâSauveur, prends pitié !â AussitĂŽt dit, elle descend alors tout doucement, dĂ©livrĂ©e des mauvais espritsâŠâŻÂ» - 1 2 Jean Barbier, Ixtorio mixterio, Gure Herria, 1921
- â Julien Vinson, Folk-lore du Pays Basque, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « LittĂ©ratures populaires de toutes les nations » (no 15), (1re éd. 1883), 395 p. [dĂ©tail de lâĂ©dition] (ISBN 1289447284 et 9781289447281, OCLC 1060385, lire en ligne)
Sources
[modifier | modifier le code]- Jean Barbier (ill. Pablo Tillac), Légendes basques [« Légendes basques: d'aprÚs la tradition »], Donostia; Baiona, Elkar argitaletxea, (1re éd. 1931; Delgrave), 147 p. (ISBN 8475299598 et 9788475299594, OCLC 25047824)
- Bernard Duhourcau, Pyrénées mystérieuses, les Guides noirs, Paris, éditions Sand, 1985
