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Violence sexuelle dans la guerre d'Algérie

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La violence sexuelle dans la guerre d'Algérie est une pratique massivement employée par l'armée française à l'encontre de combattants et de civils algériens pendant la guerre d'Algérie.

Contrairement à la torture, largement documentée et étudiée par les historiens, les violences sexuelles sont longtemps restées un sujet tabou en France et en Algérie pendant plusieurs décennies. Ce n'est qu'au début des années 2000 que le sujet a été abordé par des historiens et des journalistes. Ces recherches se sont heurtées à la rareté des archives relatives aux violences sexuelles ainsi qu'à la rareté de témoignages, qu'il s'agisse de ceux des victimes ou des auteurs de ces crimes.

Représentation des femmes algériennes

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La sexualité dans les colonies françaises n’est plus entravée par les interdits de la métropole, les images proposées montrent des femmes, voire des jeunes filles non-pubères, dans des mises en scène particulièrement sexualisées. Les phantasmes projetés sur les indigènes colonisées sont illimités, le corps de l’« Autre » est installé hors du champ licite des règles, il s'apparente plutôt à un animal ou un monstre qu'avec un être humain[1].

Ce corps de l'« Autre » est décrit à la fois comme un symbole d'innocence mais aussi de diverses dépravations : un corps qui éveille le désir autant qu'il fait peur. Dans ce cadre, les femmes « indigènes » comporte une innocence sexuelle qui les amène systématiquement au « péché » ou à une « dépravation sexuelle atavique » attachée à leur « race », renforçant la position conquérante et dominante et du colon. Ainsi ce dernier légitime les violences et les fantasmes qui sont condamnés chez lui[1].

Les peintures, cartes postales, photographies et récits ne sont pas le reflet d'une réalité, mais des objets de propagande. À l'époque, ils servent à exciter l'imaginaire exotique et érotique de la métropole tout en renforçant l'idée d'une hiérarchie des races où le colonisé doit être « civilisé » ou dominé[1],[2]. L'écrivain algérien Malek Alloula décrit dans son ouvrage Le Harem colonial, images d'un sous-érotisme ces images de la honte, expression obscène de l'allégresse coloniale[3]. Ainsi Benoist Rey, un appelé de la guerre d'Algérie, indique dans un livre témoignage Les Égorgeurs à propos des violences sexuelles pendant la guerre d’Algérie : « La mentalité qui régnait, c'est que, d'abord, il s'agissait de femmes et, ensuite, de femmes arabes, alors vous imaginez… »[4].

Antériorité à l'Algérie

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Les violences faites aux femmes, les agressions sexuelles, les mutilations génitales, les viols sont monnaie courante au sein de l'armée coloniale française pendant la guerre d'Indochine (1946-1954) puis dans la guerre d'Algérie (1954-1962)[1],[5].

Lors du massacre de My Trach, où 326 civils sont tués, des femmes sont violées par les militaires français.

Des témoignages d'anciens militaires confirment ces violences sexuelles en Indochine : « Des familles sont exécutées au lance-flammes. Des femmes, et même une fillette, sont violées »[6].

Le crime des violences sexuelles dans la guerre d'Algérie est un sujet tabou très ancien. Deux dénis se conjuguent pour créer une « enveloppe de silence ». D'abord pour les familles algériennes le viol est synonyme de honte, celles et ceux qui ont subis des violences sexuelles se taisent après l'indépendance de 1962. Et puis, il existe une volonté politique de ne pas reconnaître l'importance des agressions, ainsi pour Mouloud Feraoun : « Il est recommandé de ne pas parler de ces choses, de ne pas laisser croire à l'ennemi qu'il a touché la chair vive de l'âme kabyle […] »[7],[8].

Pour leur part, les soldats français n'ont jamais reçu de directives claires de viols, et encore moins d'ordres écrits. Par ailleurs, les hommes se vantent rarement de telles pratiques[4].

Enfin, les différentes amnisties de la guerre d'Algérie qui font suite aux accords de cessez-le feu ont empêché les poursuites judiciaires à l'encontre des combattants français ou algériens qui auraient commis ces crimes. Elles ont de plus effacé les condamnations énoncées avant le [9].

Types de violences sexuelles

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Raphaëlle Branche, professeure d'histoire contemporaine à l'université Paris-Nanterre et spécialiste des violences en situation coloniale, analyse ce phénomène et l'illustre au moyen de plusieurs études et exemples : « Ugo Iannucci décrit à plusieurs reprises la tentation puis la réalisation de réduire les « femmes de fellouzes » arrêtées en esclaves sexuelles. Tentant de discuter avec les autres soldats, il note dans son journal, dépité, ces bribes de conversation : « On est bien d’accord avec toi, Ugo. C’est dégueulasse ce qu’on a fait. Mais c’est la guerre, et les femmes de fel, qui ont coupé les couilles à nos copains. Toujours la même « logique », commente-t-il. En réalité, racisme et couilles trop pleines »[9]

Selon les témoins de l'époque, il y a deux types principaux de viols. D’une part, ceux perpétrés dans les nombreux centres d’interrogatoires disséminés dans tout le pays : par exemple à Alger, la villa Sésini, l’école Sarrouy ou encore la Ferme Ameziane située à Constantine. D’autre part, les viols qui ont lieu dans les villages algériens lors des expéditions des militaires français[7].

Viol lors des interrogatoires

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Djamila Boupacha en 1963.

De nombreux combattants du côté algérien ont été victimes de viol et de torture dans les centres d'interrogatoires, tels que Djamila Boupacha[10] :

« On lui fixa des électrodes au bout des seins avec du papier collant Scotch, puis on les appliqua aux jambes, à l'aine, au sexe, sur le visage. Des coups de poing et des brûlures de cigarettes alternaient avec la torture électrique. Ensuite on suspendit Djamila par un bâton au-dessus d'une baignoire et on l'immergea à plusieurs reprises[11]. »

« Djamila précise : On m'administra le supplice de la bouteille ; c'est la plus atroce des souffrances ; après m'avoir attachée dans une position spéciale, on m'enfonça dans le ventre le goulot d'une bouteille. Je hurlai et perdis connaissance pendant, je crois, deux jours[11]. »

C'est aussi le cas d'autres algériennes comme Laribi Taoumia[12], Kheira Garne[13],[14] ou encore Louisette Ighilahriz[15].

L'appelé Henri Pouillot affirme avoir assisté, en dix mois, à une centaine de viols au sein de la Villa Sésini. Lors des rafles à Alger, une ou deux femmes sont capturées pour être affectées aux besoins sexuels des militaires de la Villa. Elles sont alors à disposition pendant quelques jours. Pour Henri Pouillot, il y avait deux types de viol dans les centres d'interrogatoires : « Ceux qui étaient destinés à faire parler, et les viols de confort, de défoulement, les plus nombreux, qui avaient lieu en général dans les chambrées, pour des raisons de commodité »[4].

Selon l'appelé Benoist Rey interrogé par Le Monde, « les détenues subissaient ce sort en moyenne neuf fois sur dix ». Cet estimatif de neuf sur dix est aussi repris par l'avocate Gisèle Halimi. Elle est une des premières à dénoncer les viols en cours pendant la guerre d'Algérie[4].

Ces viols concernent aussi les hommes algériens. Ainsi Youcef Dris rapporte les interrogatoires dans la Ferme Ameziane à Constantine, un Centre de renseignement et d’action (CRA), où parmi une multitudes d'actes de torture, des hommes nus sont assis sur une bouteille qui pénètre l'anus du supplicié par le goulot[16].

Viols lors des opérations dans les villages et les camps de regroupement

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Benoist Rey rapporte dans son livre témoignage Les Égorgeurs qu'avant les descentes dans les quartiers algériens, l’officier indiquait : « Violez, mais faites cela discrètement ». Sur la centaine de militaires de son unité une vingtaine violaient systématiquement les Algériennes lors des opérations de ratissage ou de contrôle. Les autres se taisaient par peur d'être accusés de soutenir les moudjahidins. Selon Gisèle Halimi ce type de viol avait pour principal objectif « le défoulement de la soldatesque »[4].

Algérienne victime de militaires français.

Lors du massacre du 23 mai 1956 en Kabylie, environ 200 femmes algériennes sont regroupées dans la mosquée du village et dénudées, certaines subissent des viols collectifs par les militaires français[17].

Dans les camps de regroupement[N 1], les violences sexuelles font aussi partie du système[9]. Les femmes et les filles algériennes sont victimes d'agressions. Selon certains témoignages, des soldats pénétraient dans des domiciles ou des casernements sans prévenir. L'un des cas cités est celui de Kheira Garne, une adolescente de 14 ans originaire de l'ouest de l'Algérie, qui fut enlevée, violée et torturée à maintes reprises par des soldats français alors qu'elle était retenue dans un camp. Son fils Mohamed Garne est né en 1960, à la suite de ces viols[13],[14]. Son cas n'est pas unique, mais il figure parmi les rares à avoir été documentés.

Autre lieu d'enfermement avec la prison des femmes de Tifelfel dans la région de l'Aurès. Les épouses des moudjahidines de la région y étaient enfermées avec leurs enfants. En 2016, certaines victimes témoignent, elles utilisent le terme de « l’monqer » - le mal - pour évoquer les viols des femmes par les soldats français : « Il y a eu l’monqer. Cela se passait de nuit et on ne distinguait pas le tabor du goumier ou du soldat… On criait, on hurlait et on donnait des coups pour empêcher ça […] »[20].

À l’approche des soldats français des villages, les algériennes utilisaient toute sorte de stratagèmes pour essayer d’échapper aux agressions sexuelles. Elles prennaient la fuite, se dissimulaient, s’enlaidissaient en se salissant ou bien s'assemblaient entre elles pour former un groupe protecteur[21].

Prostitution forcée

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En 1946, la loi Marthe Richard permet de fermer en France les maisons closes et abolit le régime de la prostitution réglementée. Cependant, cette loi ne s'applique pas au Maghreb et donc à l'Algérie française[22].

L'organisation de la prostitution est sous l'autorité du service d'action psychologique de l'armée française qui doit assurer le moral des soldats et officiers. Les prostituées vivent au sein même des casernes dans un bâtiment spécifique ou dans des quartiers réservés. L'armée contrôle l'ensemble de l'organisation avec la mise en place de contrats de travail, du prix de la passe, de la durée de celle-ci (estimée à 10 minutes) et du nombre de clients par jour et par prostituée. Enfin le contrôle sanitaire de celles-ci est assuré, deux fois par mois, par un infirmier militaire. Les violences sont aussi évoquées, comme en à Turenne actuelle ville de Sabra, où une prostituée algérienne mineure, est victime d'une hémorragie à la suite d'une perforation de l'utérus[22],[23].

Le viol comme arme de guerre

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Algérienne victime de militaires français.

Le viol est utilisé comme arme de guerre contre les femmes algériennes et parfois aussi contre les hommes algériens[24]

Comme le souligne Catherine Brun (universitaire à la Sorbonne), « Le viol de guerre est une violence politique – c’est-à-dire en dernière instance, à cette époque, une affaire d’hommes. À l’inverse, en choisissant de l’ignorer, de l’effacer, les Algériens déniaient à l’armée française son pouvoir destructeur, alors que la sape était à l’œuvre quotidiennement »[25]. « En Algérie, la guerre a réactivé des germes existants, ceux d'un discours raciste sur les indigènes, ces sauvages, qui fantasme une hystérie des femmes et une hyper-virilité des hommes. Ces viols étaient aussi intégrés dans une stratégie militaire de terreur. Et de ces exactions là, les Algériennes, telles Louisette Ighilahriz, qui finit par briser le silence dans la douleur, n'ont pu parler pendant des décennies »[24].

Violences du côté algérien

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Les violence sexuelles commises du côté algérien sont peu documentées. Fatima Besnaci-Lancou cite le témoignage d'une femme dénommée Fatima, femme d'un maquisard devenu harki, qui écrit : « je crois que mon mari a été écœuré par le comportement du chef de maquis qui ne respectait personne. Il paraît qu'il violait des femmes lorsqu'il faisait des descentes la nuit dans les fermes »[26]. Mohammed Harbi, dans une tribune parue dans le quotidien Le Monde dénonce « une gestion condamnable des rapports avec la population paysanne » de la part de maquisards et estime que « les atteintes au code de l'honneur ont permis à l'armée française (...) de recruter et d'armer des groupes en leur sein »[27].

François-Xavier Hautreux, sur la base d'un rapport disponible au Service historique de la Défense (SHD), traite des exactions commises contre les harkis à la fin de la guerre d'Algérie et écrit que « la terreur vise également les familles - viol des femmes et mariages forcés des filles »[28].

Le traitement de certaines femmes au maquis est également peu documenté, les faits allant jusqu'à l'instauration de mariages de complaisance entre une maquisarde et un maquisard. Diane Sambron rapporte le cas de Zohra Chaouch « enlevée avec sept autres jeunes filles, qui auraient été abusées afin de distraire les hommes de la wilaya 5 » Elle précise également que « la débauche, assimilée à des viols, expliquerait la nécessité des mariages dits de circonstance (...). Entre reconnaissance et évacuation des ces pratiques, le viol apparaît avant tout comme tabou. Les femmes ne peuvent que difficilement prouver la véracité de ces faits ». Selon Sambron, Mohamed Benyahya « relate dans ses Mémoires des viols commis par des seigneurs de guerre de la wilaya 3, aboutissant quelquefois à l'égorgement de la victime, sans qu'aucune sanction n'ait été requise contre les officiers coupables »[29]. De son côté, Neil MacMaster estime que « même si les combattants de l'ALN se sont livrés à l'occasion à des actes de violence ou de viol, en général les chefs imposaient un régime disciplinaire très strict dans le respect des coutumes et du code d'honneur en vigueur dans la société paysanne ». Il cite le cas, rapporté par Mohammed Harbi et Gilbert Meynier, d'un djounoud exécuté par un tribunal de la wilaya 5 car « il couchait avec les femmes des djounoud et des femmes civiles. A chaque femme qui passe, il lui faisait un clin d'oeil »[30].

Les exactions commises par le FLN poussent les militaires français à exploiter ces actes en utilisant des tracts diffusés à la population : Diane Sambron rapporte qu'un tract diffusé dans la région d'Oran informe les musulmans que les nationalistes « pillent vos maisons, (...), violent les femmes et les filles », ajoutant que « des hors-la-loi étrangers à la région sont venus dans la commune mixte d'Aumale et ils ont violé des femmes en présence de leur mari et de leurs enfants »[29].

L'embuscade de Palestro dans L'Écho d'Alger.

L'embuscade de Palestro, du , est un exemple des violences sexuelles sur les militaires français. À la suite d'une embuscade menée par les résistants algériens de l'ALN, ces derniers tuent 17 soldats français de la section. Ces morts sont retrouvés émasculés. Pour l'historienne Raphaëlle Branche, ce sont probablement des civils algériens de la région qui ont mutilé les corps de soldats tués. Raphaëlle Branche explique ce déchainement de violence par le passé colonial de la région. En effet, lors de la Révolte de Mokrani en 1871, 43 européens de Palestro sont tués et des mutilations sont effectuées sur le prêtre et des représentants des autorités coloniales. La répression française est immédiate : destruction des villages et des récoltes. Puis des terres sont confisquées pour être données à de nouveaux colons français. Des paysans algériens, sans terre, deviennent alors employés des nouveaux maîtres d'autres s'expatrient[31],[32].

Selon l'historien Jacques Frémeaux, les services français ont comptabilisé entre 1958 et 1959, 500 égorgements avec souvent des mutililations des cadavres à savoir éventration pour les femmes et émasculation pour les hommes[33].

En janvier 1961, le journal La Vie Catholique publie une enquête auprès de 600 jeunes soldats français où ils évoquent notamment les atrocités des deux camps. Parmi celles-ci, un caporal-chef témoigne : « Mon plus mauvais souvenir ? La vue des cadavres musulmans égorgés par les fellaghas, le ventre ouvert, rempli de pierres, et excusez-moi, mais il n'y a que la vérité qui blesse, émasculés »[34].

Après le cessez-le-feu du , des harkis sont torturés et massacrés par les Algériens. Nombre d'entre eux, hommes et femmes, sont victimes de violences sexuelles pendant ces massacres[35].

Réactions des autorités

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Selon Raphaëlle Branche, pour autant que les archives permettent de le savoir, « aucun texte n’autorise à conclure à une volonté politique ou stratégique prônant les viols pour asseoir la puissance française en Algérie ; aucun document même ne tente d’en recommander l’usage ou de laisser les soldats s’y livrer. »[9] Le viol est totalement interdit dans l’armée française étant un crime au regard du code pénal. Si rares sont les viols qui arrivent à la connaissance des autorités supérieures, ces « viols signalés à l’autorité militaire semblent avoir été sanctionnés disciplinairement et leurs auteurs peuvent même avoir été déférés devant la justice militaire. En tout cas, les quelques enquêtes connues sur des viols aboutissent toujours à des sanctions et à des inculpations »[9].

C'est le cas avec Annick Pailler-Castel, une militante française sympathisante de l'indépendance de l'Algérie. Celle-ci est arrêtée le à Alger et conduite dans un centre d'interrogatoire. Elle n'est pas torturée mais est violée par un militaire français. Elle ose porter plainte. Son violeur, défendu par l'avocat Georges Gutermanoff[N 2], sera condamné à deux ans de prison avec sursis[36],[37].

Raphaëlle Branche ajoute que malgré les interdictions, les viols survenaient tout de même très régulièrement : « Les viols ont été nombreux en Algérie même s’ils sont demeurés officiellement interdits et ont pu être sanctionnés. Dans certains endroits, néanmoins, ils semblent avoir été particulièrement massifs. Il faudrait toutefois encore travailler sur ce point. Les témoignages sont rares et les sources peu abondantes. Mouloud Feraoun, commentateur des progrès de la guerre dans sa Kabylie natale, constitue sur ce point une source exceptionnelle. Dans son journal, il décrit le viol comme une pratique courante en Kabylie et évoque bien le lien entre fouille et viol : « Lorsque les militaires les délogent de chez eux, les parquent hors du village pour fouiller les maisons, [les hommes du village] savent que les sexes des filles et des femmes seront fouillés aussi »[25].

Représentations dans la culture

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Filmographie

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En 1962, Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir coéditent un ouvrage en faveur de Djamila Boupacha, résistante algérienne torturée et violée par des militaires français. Elle demandent à des artistes célèbres d'illustrer leur combat[41]. Ainsi en couverture du livre il est reproduit le portrait de Djamila Boupacha réalisé par Pablo Picasso. En juillet 2008, ce tableau est présenté à Alger à l'occasion de l'exposition « Les peintres internationaux et la révolution algérienne ». L'œuvre est côtée 400 millions de dollars en 2020[10],[42]. La même année, Roberto Matta réalise son Supplice de Djamila[réf. nécessaire].

Notes et références

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  1. ↑ Plus de deux millions d'Algériens ont été déplacés par l’armée française et regroupés dans ces camps. L'historien Fabien Sacriste estime à 200 000 la surmortalité des regroupés au cours de la guerre d'Algérie[18]. Pour l'historien Benjamin Stora, les camps provoquent la mort de 350 000 à 400 000 individus, avec une majorité d’enfants[19].
  2. ↑ Georges Gutermanoff sera avocat du général Raoul Salan et des membres de l'Organisation armée secrète (OAS), qui s'oppose à l'indépendance de l'Algérie en menant des campagnes d'attentats aussi bien sur le sol algérien qu'en métropole[36].

Références

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  1. 1 2 3 4 Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Christelle Taraud et Dominic Thomas, « Les imaginaires sexuels coloniaux ont façonné les mentalités des sociétés occidentales », sur The Conversation, (consulté le )
  2. ↑ Michel Mégnin et François Pouillon, « Le miroir aux alouettes : destin sociologique des images du nu indigène », sur L'Année du Maghreb, (consulté le )
  3. ↑ Tahar Ben Jelloun, « Le harem colonial », sur Le Monde, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 Florence Beaugé, « Le tabou du viol des femmes pendant la guerre d’Algérie commence à être levé », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Philippe Testard-Vaillant interviewe l'historienne Christelle Taraud et l'anthropologue Gilles Boëtsch, « De la domination sexuelle dans les empires coloniaux », sur CNRS lemag, (consulté le )
  6. ↑ « Bataille de Diên Biên Phu : des vétérans témoignent », sur Le Monde, (consulté le )
  7. 1 2 Florence Beaugé, « Guerre d’Algérie : le tabou des viols commis par des militaires français », sur Le Monde, (consulté le )
  8. ↑ Brun et Shepard 2016, p. 62 à 64.
  9. 1 2 3 4 5 Raphaëlle Branche, « Des viols pendant la guerre d'Algérie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire,‎ (lire en ligne)
  10. 1 2 Akli Tansaout, « Qui est Djamila Boupacha, la militante algérienne évoquée par Emmanuel Macron ? », sur Jeune Afrique, (consulté le )
  11. 1 2 Simone de Beauvoir, « Pour Djamila Boupacha. Simone de Beauvoir lance un appel en faveur de Djamila Boupacha, militante du FLN défendue par l’avocate Gisèle Halimi, à la veille de son procès », sur Le Monde, (consulté le )
  12. ↑ Tewfik Hakem, « Baya El-Kahla, peau noire, blouse blanche, bilan mitigé », Le Monde, (consulté le )
  13. 1 2 Florence Beaugé, « L'histoire de Khéïra, violée par des militaires français », sur Le Monde, (consulté le )
  14. 1 2 Franck Johannes, « Mohamed Garne, né d'un viol pendant la guerre d'Algérie : une « victime indirecte » devant la cour des pensions », sur Le Monde, (consulté le )
  15. 1 2 « Vidéo. « Louisette » ou le dernier tabou de la guerre d’Algérie : le premier film d’animation du « Monde » avec « La Revue dessinée » », sur Le Monde, (consulté le )
  16. ↑ Youcef Dris 2023, p. 6 et suivantes.
  17. ↑ Safia Kessas et Fabrice Riceputi, « Des dizaines de morts, des femmes violées et humiliées : un épisode de la « pacification française » en Algérie », sur Mediapart, (consulté le )
  18. ↑ Fabien Sacriste, « Les regroupements de la guerre d’Algérie, des villages stratégiques ? », Critique internationale, no 79,‎ , p. 25-43 (DOI https://doi.org/10.3917/crii.079.0025)
  19. ↑ Juliette Prouteau, « Les camps de regroupement, une autre tragédie de la guerre d’Algérie - L'intégrale », sur Radio France, (consulté le )
  20. ↑ Khedidja Adel, « Le viol : humiliation et terreur », Colonisation,‎ (lire en ligne)
  21. ↑ Safia Kessas et Fabrice Riceputi, « La colère intacte d’Algériennes victimes des exactions de l’armée française », sur Mediapart, (consulté le )
  22. 1 2 Yannick Ripa, « Critique. À la belle Mauresque », sur Libération, (consulté le ).
  23. ↑ « Le scandale des filles à soldats », sur Le Parisien, (consulté le )
  24. 1 2 Sylvie Braibant, « Viols, voiles, corps de femmes dans la Guerre d'Algérie », sur TV5 Monde,
  25. 1 2 Raphaëlle Branche, « Etre soldat en Algérie face à un ennemi d'un autre sexe », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest,, vol. tome 109, no 2,‎ (lire en ligne)
  26. ↑ Fatima Besnaci-Lancou, Nos mères, paroles blessées - Une autre histoire de harkis, Éditions Zellige, 2006 (préface de Claude Liauzu), (ISBN 978-2-914773-07-2), page 75.
  27. ↑ Mohammed Harbi, Dire enfin que la guerre est finie, site lemonde.fr, 3 mars 2003.
  28. ↑ Xavier Hautreux, La guerre d'Algérie des harkis : 1954-1962, Paris, éditions Perrin, , 467 p. (ISBN 978-2-262-03591-4, présentation en ligne).
  29. 1 2 Diane Sambron, Femmes musulmanes : Guerre d'Algérie 1954-1962, Éditions Autrement, 2008, pages 101, 104, 132 et 133.
  30. ↑ Neil MacMster, Guerre dans les djebels. Société paysanne et contre-insurrection en Algérie, 1918 - 1958, éditions du Croquant, 2024, page 451.
  31. ↑ Brun et Shepard 2016, p. 141 à 160.
  32. ↑ Clifford Rosenberg, « Compte rendu de lecture : Raphaëlle Branche, L'embuscade de Palestro. Algérie 1956, Paris, Armand Colin, 2010 », Revue d'histoire moderne et contemporaine, nos 58-4,‎ (lire en ligne)
  33. ↑ Brun et Shepard 2016, p. 144.
  34. ↑ Anne Guion, « La génération du djebel, 50 ans après », La Vie,‎ (lire en ligne)
  35. ↑ Emmanuel Hecht, « Ce lundi sur France 3: La Blessure. La tragédie des harkis. », L'Express,‎ (lire en ligne)
  36. 1 2 René Gallissot, « Pailler-Castel Annick [née Pailler Annick]. », sur Le Maitron, (consulté le )
  37. ↑ « Guerre d'Algérie. Témoignages.Moi, Annick, violée à Alger en 1957. », sur L'Humanité, (consulté le )
  38. ↑ Samuel Douhaire, « Mémoires de sale guerre  », Libération,‎ (lire en ligne)
  39. ↑ Brun et Shepard 2016, p. 161.
  40. ↑ Nebia Bendjebbour, « Ne ratez pas : « Pour Djamila ». », Nouvel Obs,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. ↑ Brun et Shepard 2016, p. 69.
  42. ↑ Danielle Bleitrach, « Algérie, Djamila Boupacha et Picasso », sur Histoire et société, (consulté le )

Bibliographie

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Témoignage

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Articles connexes

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Liens externes

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