Jugendstil
Le Jugendstil (également appelé Art nouveau), équivalent en Allemagne de l'Art nouveau, est un mouvement artistique moderniste international embrassant toutes les disciplines à la fin du XIXe siècle. Les peuples germanophones, ou situés dans cette sphère d'influence, utilisèrent également à cette époque d'autres termes, comme Reformstil ou Secessionsstil, pour identifier cette esthétique « fin de siècle ».
Naissance d'un mouvement
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Le terme Jugendstil renvoie originellement à la revue munichoise Jugend, créée en janvier 1896 par Georg Hirth (1865-1902), laquelle accueille dès ses débuts artistes et critiques défendant le nouveau style. Il est également employé aux Pays-Bas, en Scandinavie et dans les pays baltes.
Le Jungen est un mouvement global qui est apparu à Vienne dès la fin du XIXe siècle. Le Jungen définit un mouvement « moderne », s’articulant autour de la « jeunesse » viennoise, qui se caractérise par un choc des générations et un contexte politique viennois libéral. Le Jungen concernant d’abord la culture, la philosophie ou la politique, va rapidement s’étendre aux arts, et va faire rupture avec un passé académiste.
Cette modernité, qui affecte et transforme aussi bien l’architecture que les arts décoratifs, prend son essor dans certaines régions allemandes au début des années 1890, alors qu'une bataille esthétique se joue entre les conservateurs, ou tenants d'une tradition, et les progressistes, ouverts aux nouveaux courants tels que l’impressionnisme, le symbolisme, le japonisme, et, paradoxalement, aux idées développées par l'Arts & Crafts, né d'une réaction sur l'industrialisation des moyens de production affectant notamment l'artisanat.
Ces tendances émergent entre 1875 et 1890. Elles sont sensiblement plus lentes à s'imposer en Allemagne qu'en Grande-Bretagne ou en France par exemple. L'Art nouveau allemand permet à la fois l'émergence d'individualités fortes et la production de masse[1]. Des liens se nouent entre des plasticiens comme Fritz von Uhde, Wilhelm Trübner, Franz von Stuck, Eugene Spiro, tous d'origines diverses et de parcours différents, mais refusant le conformisme ambiant. Ainsi, Von Uhde, après un séjour à Paris, ouvre une école à Munich, où il croise Franz von Stuck. Celui-ci, l'un des initiateurs de la Sécession munichoise de 1892, formera Eugene Spiro. Grand voyageur, Trübner se fixe d'abord à Francfort, tout en gardant des liens forts avec Berlin, où il participera activement à la Berliner Secession (1899).
Outre les progrès de type industriel qui y sont mis en avant, la présence d'un certain « esprit viennois » y est manifeste. La capitale austro-hongroise est alors le théâtre d'une véritable révolution, la « Sécession ». Les grandes villes de l'Empire allemand comme Munich, Karlsruhe, Dresde, Berlin et Leipzig, s'ouvrent aux changements et organisent de nombreuses manifestations similaires, engendrant une forte émulation. L'influence des grandes expositions internationales comme celles de Barcelone (1888), Paris (1889) ou Chicago (1893) est incontestable, car elles favorisent les échanges d'idées et nourrissent une forme d'esprit de compétition, non seulement sur le plan industriel et commercial, mais aussi sur le plan esthétique.
Sur le plan des idées, d'autres revues que Jugend mirent en avant les courants réformistes et modernistes dans l'art en général, telles Pan, Simplicissimus, Deutsche-Kunst und Dekoration ou Dekorative Kunst lancée par l'architecte Hermann Muthesius Muthesius, promoteur des idées de William Morris, initia en 1907 le Deutscher Werkbund avec Peter Behrens ; son l'influence se ressentit au moment de l'émergence du Bauhaus. Quant à l'expressionnisme, il doit beaucoup à ce mouvement.
Personnages importants
[modifier | modifier le code]Montée du mouvement
[modifier | modifier le code]Plusieurs figures importantes vont fortement influencer la montée du Jugendstil en Allemagne par différentes méthodes. Un des noms les plus importants est Georg Hirth, un journaliste allemand ayant travaillé chez Münchner Neueste Nachrichten (de) ou encore Deutsche Turnzeitung (de) durant sa carrière des années 1850 jusque fin 1890. Son influence sur le mouvement est surtout lié à son magazine hebdomadaire munichoix nommé Jugend, créée en 1896, auquel il sera principal éditeur jusqu'a sa mort, en 1916. Ce magazine a laissé sa trace par sa façon atypique d'explorer l'art nouveau en Allemagne en abordant des centaines d'artistes et designer par semaine dans des thèmes et sujet extrêmement vaste permettant au public de découvrir une sélection spécifique d'artistes surtout de Munich. George Hirth visait constamment à promouvoir les jeunes et leur manière de voir le monde par ses revues. Jugend fut si influent dans le milieu que son nom sera pris plus tard afin de désigner le mouvement d'art nouveau en Allemagne. Ouvert à tous ces artistes, le fondateur de Jugend, Georg Hirth, estime que l'art nouveau commence en Allemagne avec l'ouverture en avril 1897 de la foire de Leipzig[2], l'« Exposition industrielle et commerciale de Saxe et de Thuringe » (Sächsisch-Thüringische Industrie- und Gewerbeausstellung). Celle-ci permit notamment de découvrir les expériences architecturales de Paul Möbius (de) (1866-1907) et une fresque monumentale de Max Klinger.
Julius Meier-Graefe marquera le mouvement lui aussi par un magazine qu'il fondera et nommera Dekorative Kunst (en) qui visera lui aussi à promouvoir l'art nouveau en Allemagne. De plus, il se démarquera par son métier de critique d'art ainsi que La Maison moderne, une galerie d'art à Paris qui exposait principalement des oeuvres liées à l'art nouveau dans laquelle de jeunes artistes comme Otto Fischer y firent leurs débuts, et leurs plus grandes plumes furent Hermann Obrist et d'August Endel. Finalement, une fois retournée en Allemagne dans le début des années 1900, il publiera 3 tomes de Entwickelungsgeschichte der modernen Kunst (1904; Modern Art: Being a Contribution to a New System of Aesthetics), des livres pionniers qui seront à la base de certaines règles du mouvement.
Artistes influents
[modifier | modifier le code]Une des rares femmes marquante du mouvement Jugendstil. Née en Roumanie, elle a parcouru plusieurs régions du monde tel que la France et l'Allemagne ou elle étudiera d'ailleurs pendant plusieurs années. Elle fut d'ailleurs la première professeure femme d'art en Europe en plus de gagner plusieurs prix marquants durant sa carrière durant laquelle elle encouragera le développement du Jugendstil.
Peintre important du mouvement Art nouveau en Allemagne, il est connu principalement par ses illustrations pour les magazines Jugend et Pan, deux revues influentes. De plus, il a marqué ses années par son travail en arts appliqué, principalement dans le monde calligraphique, créant des typographies à ce jour associé au Jugendstil voir même à l'art nouveau en général.
Auguet Endell était un architecte et un artiste important à Munich encore une fois pour Jugendstil. Il se démarquait par son habitude à prendre les styles traditionaux en versions plus modernes et abstraites. Plus spécifiquement en lien avec le mouvement, l'Atelier Elvira sera sa création la plus marquante.
L'impacte du Jugendstil sur le design international
[modifier | modifier le code]Le Jugendstil est un mouvement artistique apparu en Allemagne à la fin du XIXe siècle[3]. Faisant partie du courant international de l’Art nouveau, il se distingue par ses formes inspirées de la nature, ses lignes courbes et son approche décorative[3]. Ce mouvement a contribué à transformer plusieurs domaines du design, comme l’architecture, le mobilier et les arts graphiques[4]. Son développement se déroule dans une période où les artistes cherchaient à renouveler les styles traditionnels et à rapprocher l’art de la vie quotidienne[4]. Son influence peut être observée à travers l’évolution du design industriel, les échanges artistiques internationaux et le développement du design graphique[3],[4].
L'influence du Jugendstil sur le design idustriel
[modifier | modifier le code]Le Jugendstil a contribué à l'évolution du design industriel en Allemagne à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ce mouvement artistique cherchait à rapprocher l'art de la vie quotidienne en accordant une plus grande importance à l'apparence des objets utilitaires. Les artistes et designers de cette époque souhaitaient créer des objets qui étaient à la fois esthétiques et fonctionnels. Cette approche a ensuite favorisé une réflexion sur la relation entre l'artisanat, l'art et la production industrielle[4].
L'un des designers importants de cette transition est Peter Behrens, qui a commencé sa carrière dans le mouvement Jugendstil avant de s'orienter vers une esthétique plus simple et géométrique. À partir de 1907, il travaille pour l'entreprise allemande AEG, où il participe à la conception de produits industriels, de bâtiments et d'éléments graphiques. Son travail permet de créer une identité visuelle pour l'entreprise, ce qui représente une étape importante dans le développement du design industriel moderne[5].
Cette évolution continue avec la création du Deutscher Werkbund en 1907. Cette association allemande regroupe des artistes, des architectes, des artisans et des designers industriels qui souhaitent améliorer la qualité des produits fabriqués en série. Elle encourage la collaboration entre les différents domaines de création et prône une conception plus adaptée aux besoins de l'industrie[6].
Le Jugendstil a donc participé à une transformation du design, en encourageant l'intégration de l'esthétique dans les objets du quotidien. Même si le design industriel moderne s'est ensuite éloigné de certaines bases du Jugendstil, ce mouvement a contribué à préparer l'apparition de nouvelles approches du design au XXe siècle[7].
La diffusion international du Jugendstil
[modifier | modifier le code]Le Jugendstil s'est développé en Allemagne vers la fin du XIXe siècle, durant le mouvement artistique international connu sous le nom d'Art nouveau. À cette époque, plusieurs pays européens cherchaient à moderniser les formes traditionnelles de l'art, de l'architecture et du design. Même si ces mouvements partageaient certaines caractéristiques, ils se sont développés de différentes manières selon les cultures et les régions[8].
En France et en Belgique, l'Art nouveau se caractérisait principalement par l'utilisation de lignes courbes, de motifs floraux et de formes inspirées de la nature. En Allemagne, le Jugendstil reprenait plusieurs de ces éléments, mais certains artistes ont progressivement intégré des formes plus simples et géométriques. De l’autre côté, en Autriche, la Sécession viennoise, fondée en 1897, a également participé à cette évolution artistique. Des designers comme Josef Hoffmann et Koloman Moser ont développé une esthétique utilisant davantage les lignes droites et la géométrie[9].
Les échanges entre les artistes de différents pays ont favorisé la circulation de nouvelles idées. Les expositions internationales, les revues artistiques et les collaborations entre designers ont permis de faire connaître ces nouvelles approches du design. Ces échanges ont notamment influencé la conception de meubles, d'affiches, de bâtiments et d'objets décoratifs[10].
La diffusion du Jugendstil doit donc être comprise comme une partie d'un mouvement artistique plus large. Il ne s'agit pas d'un style qui s'est simplement propagé de l'Allemagne vers les autres pays, mais plutôt d'un ensemble d'influences égales entre plusieurs mouvements européens. Ces échanges ont contribué à transformer les pratiques artistiques et à préparer certaines évolutions du design moderne.
L'aristocratie allemande ne reste pas insensible à cet « art nouveau » : véritable promoteur du Jugendstil, le prince Ernest-Louis de Hesse rencontre en Angleterre des décorateurs et les engage pour son palais de Darmstadt. En 1899, ils fondent une colonie d'artistes nommée Mathildenhöhe où se retrouvent notamment Joseph Maria Olbrich, Peter Behrens et Bernhard Hoetger. À Karlsruhe, Hermann Billing ouvre un cabinet d'architecture qui rayonne bientôt sur toute l'Allemagne. Par ailleurs, l’architecte belge Henry Van de Velde eut une influence déterminante.
Ce sont des créateurs allemands qui répandirent l'Art nouveau à Rīga, ville qui devint un exemple pour la Lettonie, avec les réalisations de l'architecte Mikhaïl Eisenstein.
L'influence du Jugendstil sur le design graphique
[modifier | modifier le code]Le Jugendstil a joué un rôle important dans l'évolution du design graphique à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ce mouvement a particulièrement influencé la création d'affiches publicitaires, de revues illustrées et de compositions typographiques. Les artistes cherchaient à développer un langage visuel différent des styles traditionnels, en utilisant des formes décoratives, des lignes fluides et des illustrations inspirées de la nature.
Les affiches occupaient également une place importante dans le développement de ce mouvement. Contrairement à certaines affiches traditionnelles, qui accordaient une grande place au texte, plusieurs créations du Jugendstil utilisaient des images plus développées et des thèmes plus artistiques pour attirer l'attention du public. Les œuvres de Ludwig von Zumbusch et de Fritz Dannenberg, notamment celles réalisées pour la revue Jugend, montrent cette évolution dans le langage visuel[11].
Le Jugendstil a ainsi contribué à transformer la manière de concevoir les supports graphiques. L'utilisation de typographies décoratives, de compositions asymétriques et de motifs naturels a participé au développement de nouvelles approches de la publicité et de l'illustration. Même si le graphisme moderne a ensuite évolué vers des styles plus simples, plusieurs principes développés pendant cette période ont continué d’être présents dans la communication visuelle au XXe siècle[12].
Développement du style
[modifier | modifier le code]Le style du Jugendstil s’est émergé durant une époque marquée par la progression de l’industrialisation,mais également l’expansion de la culture et un regain d'intérêt pour les arts appliqués[13]. Le Jugendstil a touché plusieurs domaines de la société tels que l’architecture, les arts décoratifs, la bijouterie, la sculpture, la peinture jusqu’à la publicité. L’intégration du mouvement se retrouvait également dans les objets du quotidien, dont les mobiliers, la verrerie et des luminaires. L'intégration du style dans la sphère domestique a donné lieu au concept d'œuvre d'œuvre art total (Gesamtkunstwerk), qui vise à faire la synthèse de tous les arts en concevant des œuvres soigneusement harmonieuses pour l’usage de l'homme[14]. Étant un mouvement jeune et moderne, le style s’est d’abord adressé vers les plus riches: leur soutien ayant permis de faire accélérer son avancement, notamment en architecture. L'art nouveau allemand traverse la période de transition entre la bourgeoisie et l’impérialisme, qui rompt avec les traditions pour adopter une tendance plus moderne.
Le style du mouvement prend son inspiration de la nature, en arborant des motifs floraux interprétés par l'utilisation des courbes douces. Les artistes utilisaient également des formes abstraites, des figures allongées, privilégiant aussi les motifs rythmiques et les surfaces planes[15].Dans certains cas, des références de créatures de mythologie pouvaient être présentes. Ces caractéristiques ont une importance dans l'histoire du graphisme, la typographie et de l'art. Le mouvement s'inspire également de l'esthétique japonaise notamment le textile jusqu'au mobilier ainsi que les décors[16].
En architecture
[modifier | modifier le code]En architecture, les artistes manifestaient ce style dans les façades intérieures et extérieures des maisons et espaces privés et publiques[16]. Les bâtiments durant cette époque présentaient des lignes claires et des formes organiques. La représentation de masques humains et animaux était aussi présente, bien que cela soit moins fréquent. Les architectes mettaient en valeur l'espace en utilisant l'ornementation sans la recouvrir.
Dans le design de mobilier
[modifier | modifier le code]Dans les designs mobiliers, le jugendstil s'éloigne des formes rigides du passé pour passer à des formes fluides et asymétriques. Les lignes courbes et organiques pouvaient être observées dans les pieds de tables, les accoudoires créant une fluidité aux meubles. Elles étaient pensées pour s'accorder avec l'architecture et les éléments décoratifs intérieurs, créant un décor plus sophistiqué. Des matériaux comme le bois exotique, le fer, le verre étaient intégrés dans les créations. L'utilisation importante de la céramique qui a été fortement influencée par l'esthétique du Japon et de la Chine[17].
Quelques oeuvres du jugendstil
[modifier | modifier le code](1901 - 1902) La Frise de beethoven de Klimt
Œuvre du peintre Gustav Klimt située dans le palais de la Sécession, cette œuvre est une fresque murale développée en l'honneur de la neuvième symphonie de Beethoven. Elle a été créée durant l'Art nouveau et la Sécession viennoise qui opposaient les artistes contre l'exploitation commerciale de l'art et à l'académisme de l'époque. Accueillant les visiteurs à l'entrée, elle fait 34 mètres de large et 2 mètres de haut[18].
(1900) Fauteuil[19]
Fauteuil créé par Bruno Paul, représentant les formes courbées et l'esthétique de l'époque. Elle a été conçue pour le pavillon de chasse de l'artiste et elle recevra une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris en 1900, où elle sera exposée. Cette réalisation lui a permis un décorateur influent. Le mobilier représente un exemple de l'Art nouveau allemand[20].
Le Jugendstil aujourd’hui
[modifier | modifier le code]Longtemps considéré comme démodé, le Jugendstil est redécouvert peu à peu à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Cet intérêt se renforce nettement dans les années 2010. Plusieurs grandes expositions y contribuent. L’une d’elles est « Jugendstil. Made in Munich », présentée à la Kunsthalle München[21]. Cette exposition a rappelé le rôle central de Munich dans l’histoire du style et a montré que les idées des artistes de l’époque (rapport à la nature, qualité artisanale, individualité) restent encore d’actualité. En parallèle, plusieurs sites importants du mouvement ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est le cas de la colonie d’artistes de Mathildenhöhe à Darmstadt[22], considérée comme un prototype de la modernité architecturale du début du XXe siècle. À Bruxelles, plusieurs immeubles conçus par Victor Horta, dont l’hôtel Tassel, sont également classés[23]. Enfin, le centre historique de Riga, en Lettonie, qui possède l’une des plus grandes concentrations de bâtiments Jugendstil d’Europe, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO[24].
Aujourd’hui, le Jugendstil n’existe plus en tant que mouvement actif. Pourtant, ses formes et ses principes restent très présents dans le paysage urbain de nombreuses villes européennes. On les retrouve notamment à Vienne, Munich, Darmstadt, Bruxelles, Riga, Prague et Barcelone[25]. Dans un contexte où la standardisation et la construction modulaire occupent une place importante, les bâtiments Jugendstil suscitent un intérêt croissant. Leurs formes organiques, leurs détails soignés et leur caractère unique contrastent avec la rigidité de certaines constructions contemporaines. Ils répondent ainsi à une recherche d’authenticité, d’originalité et de qualité architecturale.
Les bâtiments d’époque sont souvent classés au titre des monuments historiques. Sur le marché immobilier haut de gamme, ces immeubles sont particulièrement recherchés pour leur qualité architecturale, leur caractère unique et leur valeur stable[26].
Dans l’architecture contemporaine, le style Jugendstil est rarement repris à l’identique. Certains architectes s’inspirent cependant de ses principes : les lignes organiques, les ornements végétaux, avec la volonté de créer des bâtiments uniques, loin de la standardisation. Ils les réinterprètent avec des matériaux et des techniques modernes[27].
Ainsi, le projet résidentiel Jardins Secrets, réalisé à Montpellier par l’architecte Vincent Callebaut, livré en 2026, revendique clairement une filiation avec l’Art nouveau[28].
De même, une équipe de l’Université technique de Munich a créé une façade d’immeuble inspirée des motifs organiques du Jugendstil. Cette façade a été fabriquée par impression 3D à partir de béton contenant du verre recyclé[29].
Par ailleurs, des rénovations de villas d’époque, comme celle menée à Cologne par le Studio van Putten, montrent aussi la volonté de conserver l’esprit du style tout en l’adaptant aux usages d’aujourd’hui[30].
Autres créateurs liés au Jugendstil
[modifier | modifier le code]- Jānis Alksnis
- Peter Behrens
- Hans Eduard von Berlepsch-Valendas (de)
- Otto Julius Bierbaum
- Hermann Billing
- Samuel Bing (mécène)
- Hans Christiansen
- Wilhelm Lucas von Cranach (de)
- Lovis Corinth
- Robert Curjel
- Fritz Drechsler (de)
- Martin Dülfer (de)
- Otto Eckmann
- Mikhaïl Eisenstein
- Léon Elchinger
- August Endel
- Frank Eugene
- Theodor Fahrner (de)
- Otto Fischer
- Friedrich Goldscheider (de)
- Josef Goller (de)
- Ludwig Habich (de)
- Emil Franz Hänsel (de)
- Bruno Héroux
- Hermann Hirzel (de)
- Bernhard Hoetger
- Ludwig von Hofmann
- Adolfo Hohenstein
- Patriz Huber (de)
- Gustav Kampmann (de)
- Eugen Kirchner
- Gustav Klimt
- Max Klinger
- Karl Koepping
- Theodor von Kramer (de)
- Max Laeuger
- Paul Lange (de)
- Walter Leistikow
- Max Liebermann
- Ephraim Moses Lilien
- Wilhelm List
- Julius Meier-Graefe
- Jean Mich
- Paul Möbius (de)
- Otto Modersohn
- Paula Modersohn-Becker
- Bruno Möhring
- Karl Moser
- Alfons Mucha
- Albin Müller (de)
- Hermann Muthesius
- Hermann Obrist
- Joseph Maria Olbrich
- Viktor Olíva
- Karl Ernst Osthaus
- Konstantīns Pēkšēns
- Bernhard Pankok
- Bruno Paul
- Alfred Pellon
- Maxmilián Pirner
- Max Pommer (de)
- Franz Rank (de)
- Fritz Rehm
- Karel Reisner
- Richard Riemerschmid
- Josef Kaspar Sattler
- Erich Schilling
- Léo Schnug
- Charles Spindler
- Konrad Starke
- Franz von Stuck
- Wilhelm Trübner
- Fritz von Uhde
- Henry Van de Velde
- Heinrich Vogeler
- Clara Westhoff
- Josef Rudolf Witzel
- August Endell
- Emil Hansen
- Hugo Höppener
- Thomas Theodor Heine
- Ernst Haeckel
Bibliographie
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Principaux ouvrages pour la rédaction de cet article :
- Hans H. Hofstätter (de), Jugendstil et Art Nouveau - Œuvres graphiques, Paris, Albin Michel, 1985 (ISBN 978-2226024756).
- Marie Gispert, Utopie et révolte : La gravure allemande du Jugendstil au Bauhaus dans les collections publiques françaises, Strasbourg, Éditions des Musées de Strasbourg, 2006 (ISBN 978-2351250372).
- Klaus-Jürgen Sembach (de), Jugendstil, Cologne, Taschen, 2007 (ISBN 978-3-8228-2971-4).
- Carl Schorske, Conflit de générations et changement culturel. Réflexions sur le cas de Vienne. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 26-27, mars-. Classes d’âge et classes sociales. pp. 109–116.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Klaus-Jürgen Sembach (2007), op. cit..
- ↑ Georg Hirth, Wege zur Freiheit, Verlag der Münchner Jugend, 1903.
- 1 2 3 Éditions Larousse, « jugendstil - LAROUSSE », sur www.larousse.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 « Jugendstil Movement Overview », sur The Art Story (consulté le )
- ↑ (de) Stiftung Deutsches Historisches Museum, Stiftung Haus der Geschichte der Bundesrepublik Deutschland, « Gerade auf LeMO gesehen: LeMO Das lebendige Museum Online », sur www.dhm.de (consulté le )
- ↑ (de) « Werkbund », sur Werkbund (consulté le )
- ↑ (de) « Peter Behrens - Werkbundarchiv – Museum der Dinge », sur https://museumderdinge.de/ (consulté le )
- ↑ (en) « Art Nouveau | National Galleries of Scotland », sur www.nationalgalleries.org (consulté le )
- ↑ « NGV Vienna Art and Design: Secession », sur www.ngv.vic.gov.au (consulté le )
- ↑ (en) « Art Nouveau – an international style · V&A », sur Victoria and Albert Museum (consulté le )
- ↑ (en) « Poster for the Magazine Jugend », sur Rijksmuseum.nl (consulté le )
- ↑ (de) « Jugend, Münchner illustrierte Wochenschrift für Kunst und Leben | Sammlungen der Staatlichen Museen zu Berlin », sur search.smb.museum (consulté le )
- ↑ (en) Simon, « Jugendstil: An Exploration of an Artistic Style », sur Encyclopedia of Design, (consulté le )
- ↑ « Jugendstil Movement Overview », sur The Art Story (consulté le )
- ↑ Jérémy Boursier, « Le mobilier Art Nouveau : plongez dans le style 1900 | Styles », sur BCA Matériaux anciens, (consulté le )
- 1 2 (de) « Jugendstil (Art Nouveau) - Geschichte, Stilelemente & Originalobjekte | Art Deco Doesburg », sur www.jugendstil-artdeco.de, (consulté le )
- ↑ « Jugendstil », sur ROBERT ZÜBLIN (consulté le )
- ↑ « La frise Beethoven de Klimt », sur vienna.info (consulté le )
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- ↑ (de) « Jugendstil-Architektur: Zwischen Naturform und radikalem Aufbruch », sur Restauro (consulté le )
- ↑ (en) UNESCO World Heritage Centre, « Mathildenhöhe Darmstadt », sur UNESCO World Heritage Centre (consulté le )
- ↑ (en) UNESCO World Heritage Centre, « Major Town Houses of the Architect Victor Horta (Brussels) », sur UNESCO World Heritage Centre (consulté le )
- ↑ (en) UNESCO World Heritage Centre, « Historic Centre of Riga », sur UNESCO World Heritage Centre (consulté le )
- ↑ (de) « Jugendstil Architektur – Merkmale, Geschichte & Beispiele », sur Decor and Interior Design Blog - Planner 5D, (consulté le )
- ↑ (de) Eliane Thalmann, « Jugendstil ist nach wie vor gefragt. », sur Wüst und Wüst, (consulté le )
- ↑ (en-US) Global Design News, « Art Nouveau Reborn: Vincent Callebaut’s Mediterranean Garden Residences », sur Global Design News, (consulté le )
- ↑ (en-US) Global Design News, « Art Nouveau Reborn: Vincent Callebaut’s Mediterranean Garden Residences », sur Global Design News, (consulté le )
- ↑ (en-US) Global Construction, « Sustainable Building Materials: Jugendstil Façade Meets Digital Fabrication ArchUp Building Materials », sur ArchUp, (consulté le )
- ↑ (de) CUBE, « Den Jugendstil weitergedacht - CUBE Magazin », (consulté le )
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Sezessionsstil (Vienne et Autriche-Hongrie)
- Nieuwe Kunst (Pays-Bas)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Projet la-belle-epoque en Europe
- (no + de + en) Site officiel Art Nouveau/Jugendstil centre norvégien
- (en) Art Nouveau autour du monde - L'Art Nouveau dans le monde entier.
- (en + de) Le piano de la maison Behrens - Darmstadt 1901
