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Affaire Coffin

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Affaire Coffin
Fait reproché Assassinat de trois chasseurs américains
Pays Drapeau du Canada Canada
Ville Gaspé
Date au
Nombre de victimes 3 : Richard Lindsay
Eugene Lindsay (le pĂšre),
et Frederick Claar (un ami)
Jugement
Statut Affaire jugée : condamnation à la peine de mort de Wilbert Coffin
Date du jugement

L'affaire Coffin qui s'est déroulée au Québec dans les années 1950 est l'une des affaires judiciaires les plus célÚbres au Canada. Par ses répercussions dans les médias, son impact politique et ses conséquences sur le systÚme de justice, notamment sa contribution essentielle dans l'abolition de la peine de mort au Canada, elle est un exemple significatif des abus de pouvoir et de la fragilité des systÚmes judiciaires.

Encore aujourd'hui, l'opinion publique est trÚs divisée sur la culpabilité de l'accusé, le prospecteur gaspésien Wilbert Coffin qui a été pendu le pour le meurtre de trois chasseurs américains.

Chronologie des faits vécus de 1953 à 2007

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  •  : trois chasseurs amĂ©ricains, Eugene Lindsey (un petit usurier de 45 ans), son fils Richard (17 ans) et l’ami de celui-ci, Frederick Claar (19 ans), partent de Hollidaysburg, en Pennsylvanie, pour chasser l’ours en GaspĂ©sie, Ă  bord d’une camionnette Ford 1947. Lindsey serait parti avec 650 $ en poche (selon son Ă©pouse), mĂȘme s’il a l’habitude de porter sur lui des milliers de dollars en billets.
  •  : les trois arrivent Ă  GaspĂ©, obtiennent leurs permis de chasse, achĂštent des provisions et partent pour la forĂȘt.
  •  : les trois sont vus pour la derniĂšre fois dans les bois, Ă  100 km de GaspĂ©, par Wilbert (Bill) Coffin, un prospecteur de York-Centre qui dĂ©tient des claims (concessions miniĂšres) dans le secteur. Les deux jours prĂ©cĂ©dents, il avait prospectĂ© avec Angus McDonald, mais ce jour-lĂ , il est parti seul ; il conduit une camionnette empruntĂ©e de son ami Bill Baker, un hĂŽtelier qui a misĂ© sur les concessions de Coffin.

AccompagnĂ© du jeune Lindsey, Coffin se rend chez NapolĂ©on GĂ©rard, garagiste de GaspĂ©, et achĂšte une pompe Ă  essence pour dĂ©panner les trois chasseurs. Les deux reviennent en forĂȘt en fin d’aprĂšs-midi. Coffin prĂ©tendra y avoir rencontrĂ© deux autres chasseurs amĂ©ricains d’environ 30 ans dans une jeep Ă  boĂźte artisanale jaune non immatriculĂ©e au QuĂ©bec, avoir soupĂ© avec les cinq, puis ĂȘtre parti vers le camp 21. Il leur aurait promis de vĂ©rifier Ă  son retour dans deux jours s’ils Ă©taient encore en panne et de les aider. Les AmĂ©ricains l’auraient payĂ© 40 $ pour le dĂ©pannage.

  • 10 au  : Meurtre de trois chasseurs amĂ©ricains.
  •  : Coffin revient Ă  Gaspé ; un tĂ©moin au procĂšs, Wilson MacGregor, affirmera avoir vu dĂ©passer le canon d’une carabine de l’arriĂšre de la camionnette, mais il se rĂ©tractera par la suite.

Coffin prĂ©tendra avoir vu la camionnette abandonnĂ©e et attendu les trois chasseurs pendant cinq heures avant de conclure qu’ils Ă©taient partis avec les deux autres. Il admet que sous l’effet de l’alcool, il a pris dans l’arriĂšre de la camionnette la pompe Ă  essence et une valise contenant des jumelles et d’autres menus articles. Il laisse cependant une carabine qui a beaucoup plus de valeur. À GaspĂ©, Coffin exhibe aussi un canif qu’il dit ĂȘtre un cadeau du jeune Lindsey. Durant la nuit, Bill Coffin part voir sa compagne Marion Petrie Ă  MontrĂ©al avec la camionnette de Bill Baker, son portefeuille bien garni. En chemin, il boit, visite le fossĂ© plus de trois fois, dĂ©pense et paie de trĂšs gĂ©nĂ©reux pourboires. À MontrĂ©al, il a un accident et abĂźme la camionnette de son ami.

  •  : Le sergent Henri Doyon de la Police provinciale Ă  GaspĂ© reçoit un appel de la famille des chasseurs en Pennsylvanie. Il reçoit bientĂŽt une demande de la police de cet État et commence les recherches.
  •  : DĂ©couverte de la camionnette des chasseurs. La nouvelle se rĂ©pand comme une traĂźnĂ©e de poudre dans toute l’AmĂ©rique.

Bill Coffin, certain d’avoir « frappĂ© le gros lot » dans ses prospections, part pour Val-d'Or, rencontrer un nommĂ© Hastie, courtier en valeurs miniĂšres. Celui-ci et un nommĂ© Kyle acceptent de venir Ă  GaspĂ© avec Coffin pour inspecter ses claims.

  • (environ) : dĂ©couverte prĂšs de la camionnette des chasseurs d’une note datĂ©e du et laissĂ©e par l’un d’eux, ce qui indique qu’au moins un des trois Ă©tait encore vivant Ă  cette date, alors que Coffin Ă©tait parti pour MontrĂ©al. La note est disparue par la suite et la police nia qu’elle ait jamais existĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire].
  •  : dĂ©couverte du corps de Lindsey, pĂšre, avec son portefeuille vide. Le corps en dĂ©composition n’a plus de tĂȘte.

On trouve prĂšs de lui deux bouteilles vides de whisky amĂ©ricain alors que Lindsey ne buvait que du whisky canadien et que le whisky amĂ©ricain n’était pas vendu au QuĂ©bec. Le premier ministre Maurice Duplessis, son solliciteur gĂ©nĂ©ral Antoine Rivard et son adjoint Charles-Édouard Cantin s’occupent personnellement de l’affaire qui risque d’avoir un impact nĂ©gatif sur le tourisme.

  •  : dĂ©couverte de plusieurs piĂšces de l’équipement des chasseurs dans les buissons le long de la route forestiĂšre, sur une distance de 50 mĂštres, ce qui laisse penser qu’ils ont Ă©tĂ© jetĂ©s d’un vĂ©hicule en marche et prĂ©suppose un complice.
  •  : Coffin, de retour la veille, aide aux recherches aprĂšs avoir informĂ© Hastie et Kyle qu’il lui est impossible de les accompagner. Certains trouvent qu’il ne met pas grand conviction dans ses recherches.
  •  : dĂ©couverte des corps des deux autres victimes, Ă  4 km de la premiĂšre. Le jeune Lindsey est coupĂ© en trois et Claar est partiellement dĂ©vorĂ© par les ours. Les vĂȘtements montrent des traces de balles.

ArrivĂ©e Ă  GaspĂ© des capitaines Alphonse Matte et Raoul Sirois du poste de QuĂ©bec de la Police provinciale pour prendre en charge l'enquĂȘte.

  • juillet 1953 : D’importantes associations pennsylvaniennes dont La Pennsylvania Federation of Sportsmen’s Clubs (200 000 membres), rĂ©clament que la Gendarmerie royale du Canada s’occupe du cas. Le reprĂ©sentant de la Pennsylvanie au CongrĂšs, J. E. Van Zandt, rĂ©ussit Ă  enrĂŽler le State Department pour harceler le gouvernement Duplessis. Le solliciteur gĂ©nĂ©ral Antoine Rivard talonne de son cĂŽtĂ© la police pour avoir des rĂ©sultats rapides.
  •  : le consul amĂ©ricain envoie une lettre au State Department disant que l’enquĂȘte est en bonne voie.
  •  : le capitaine Matte arrĂȘte Coffin et le fait enfermer dans la cave du poste des pompiers, sans possibilitĂ© de voir un avocat, et il l’interroge presque sans arrĂȘt, mais sans l’inculper formellement. Il l’envoie par avion Ă  la prison de QuĂ©bec pour l’interroger plus professionnellement, avec une ampoule de 500 watts et une bonne dose de brutalitĂ©. La famille hypothĂšque la maison familiale et engage un avocat local, Me Garneau. L’avocat Raymond Maher de QuĂ©bec envoie un Ă©missaire pour soudoyer le sergent Doyon afin de se faire engager ; devant le refus de celui-ci, il s’adresse directement Ă  la famille, vante ses capacitĂ©s et obtient de reprĂ©senter Coffin. Il se fait cependant assister d’un collĂšgue, Me François Gravel. Tous deux n’ont que cinq ans d’expĂ©rience.
  • aoĂ»t 1953 : Le solliciteur gĂ©nĂ©ral nomme les deux procureurs de la Couronne : Me NoĂ«l Dorion et Paul Miquelon. Ils seront assistĂ©s de Me Georges-Étienne Blanchard, procureur de la Couronne de Chandler. Selon le journaliste Jacques HĂ©bert, tous seront complices des policiers dans le camouflage des preuves.
  • aoĂ»t 1953 : Les capitaines Matte et Sirois trouvent chez la compagne de Coffin des articles incriminants et se rendent en Pennsylvanie pour les faire reconnaĂźtre par les parents des victimes. Ils enquĂȘtent sur les deux AmĂ©ricains en jeep que Coffin jure avoir rencontrĂ©s. Ils trouvent effectivement deux chasseurs qui ont Ă©tĂ© en GaspĂ©sie en jeep mais qui sont repartis le 5 juin. Matte les fera tĂ©moigner pour faire croire au jury que c’est bien la jeep que Coffin prĂ©tend avoir vue, mĂȘme si leur jeep avait une cabine en toile.
  •  : Coffin rĂ©vĂšle au sergent Doyon que la carabine empruntĂ©e de Jack Eagle dĂ©but juin est Ă  son camp, Ă  100 km du lieu des meurtres, mais Matte refuse de l’envoyer chercher avant le lendemain. Sachant qu’elle ne peut ĂȘtre l’arme du crime, il prĂ©fĂšre la voir disparaĂźtre (selon Jacques HĂ©bert).

Coffin peut enfin rencontrer l’avocat Maher. Dans un entretien avec son pĂšre, Coffin dit que les policiers ne sont pas assez hommes pour le casser, ce qui sera interprĂ©tĂ© comme un aveu de culpabilitĂ© par la police. Il lui demande aussi de « protĂ©ger la montagne avec sa vie » car elle est riche en minerai. EnquĂȘte publique du coroner dans la salle paroissiale Ă  GaspĂ©, prĂ©sidĂ©e par le Dr Lionel Rioux, coroner. Les six jurĂ©s rendent un verdict de non culpabilitĂ© mais Me Dorion le refuse et les force Ă  le changer. Le coroner aurait pu s’opposer et rejeter l’accusation.

  •  : EnquĂȘte prĂ©liminaire Ă  PercĂ© prĂ©sidĂ©e par le juge Joseph Duguay : Coffin est tenu criminellement responsable des meurtres.

Durant la nuit, Me Maher se fait conduire par Donald Coffin au camp de son frĂšre, rĂ©cupĂšre la carabine de Jack Eagle et, de retour Ă  QuĂ©bec, la jette d’en haut du pont, croyant faire disparaĂźtre l’arme du crime. Matte aura ensuite beau jeu de faire croire que Coffin l’a cachĂ©e pour masquer sa culpabilitĂ©. Des annĂ©es aprĂšs, une piĂšce de la carabine a Ă©tĂ© retrouvĂ©e prĂšs d’un pilier du pont et dĂ»ment authentifiĂ©e.

  • juin 1954 : Matte fait avouer Ă  J-G Hamel, le secrĂ©taire de Me Maher, l’affaire de la carabine Ă  laquelle il a participĂ©. Il compte s’en servir au procĂšs, mais Hamel niera tout devant le juge.
  •  : DĂ©but du procĂšs de Coffin devant le juge GĂ©rard Lacroix de la Cour du Banc de la Reine (juridiction criminelle) Ă  PercĂ©.

Plusieurs irrégularités y sont commises et la défense aurait pu faire annuler le procÚs pour une seule des raisons suivantes :

  1. Il y a six jurés anglophones et six francophones. Le procÚs étant en anglais, ces derniers suivent le procÚs par un systÚme de traduction.
  2. Au Palais de justice, la chambre du jury, oĂč celui-ci doit se retirer au besoin, est dans une piĂšce attenante d’oĂč l’on peut tout entendre de ce qui se dit dans la salle d’audience, ce qui fausse le procĂšs et aurait dĂ» justifier une annulation du procĂšs.
  3. La preuve concernant la carabine de Jack Eagle a été admise par ouï-dire.
  4. La poursuite a contre-interrogé son propre témoin dans le cas de Marion Petrie.
  5. Durant le procĂšs, les jurĂ©s ont assistĂ© Ă  un film accompagnĂ©s de deux policiers qui ont plus tard tĂ©moignĂ© pour l’accusation.
  6. De multiples erreurs de faits ont Ă©tĂ© reprises dans les plaidoyers des avocats et dans l’adresse du juge au jury.
  7. Un nommĂ© Vincent Patterson, de Toronto, a payĂ© Ă  boire aux tĂ©moins, les a soudoyĂ©s et tentĂ© d’influencer leur tĂ©moignage. Il devait tĂ©moigner car il Ă©tait au camp de Bill Coffin lorsque son frĂšre Donald aurait dit : « Si des AmĂ©ricains viennent sur nos claims, je vais les passer au fusil ! » Il ne tĂ©moignera pas car la poursuite ne s’est intĂ©ressĂ©e qu’aux pistes qui incriminaient Bill Coffin. Le seul tĂ©moin Ă  se plaindre en cour des tentatives d’intimidation est William Baker qui lui a donnĂ© un coup de poing lorsqu’il s’est prĂ©sentĂ© Ă  son bar, le Ash Inn.
  8. La police a promis des rĂ©ductions de peine Ă  deux codĂ©tenus de Coffin Ă  la prison de QuĂ©bec, RĂ©al Marleau et Gaston Morin, pour qu’ils affirment qu’il leur a fait des aveux. Morin a mĂȘme Ă©tĂ© emmenĂ© Ă  PercĂ© mais refusa de tĂ©moigner.

D’autre part, durant tout le procĂšs, les tĂ©moins sont strictement contrĂŽlĂ©s sur ce qu’ils peuvent dire ou non, ce qui fausse les faits. Les tĂ©moignages de personnes ayant vu la jeep Ă  boĂźte jaune et ses occupants sont cachĂ©s par la police et par les procureurs. Les policiers Matte et Sirois invitent les avocats Ă  leurs beuveries dans leur cabine de l’hĂŽtel Bleu Blanc Rouge. La Couronne prĂ©sente sa preuve pendant 15 journĂ©es complĂštes avec 88 tĂ©moins en tout. À un certain point, l'avocat Raymond Maher, qui revient en Cour aprĂšs deux jours d’absence, dĂ©clare au juge pour s’excuser, qu’il a fait 2 500 km pour interroger plein de gens et avise la Cour qu’il aura une centaine de tĂ©moins Ă  faire entendre. Quand vint le temps de prĂ©senter sa contre-preuve, l’avocat dĂ©clare qu’il n’en prĂ©sentera aucune. Il ne permet mĂȘme pas Ă  Coffin de tĂ©moigner.

  •  : verdict de culpabilitĂ© aprĂšs une demi-heure de dĂ©libĂ©rations. Parce que Coffin refusait de s’expliquer, les jurĂ©s ont conclu qu’il Ă©tait coupable. Il est condamnĂ© Ă  ĂȘtre pendu le  ; il y aura sept sursis.
  •  : dĂ©but du procĂšs de J-G Hamel, le secrĂ©taire de Me Maher, Ă  la suite de son mensonge au procĂšs au sujet de la carabine de Jack Eagle, au Palais de justice de PercĂ©.
  •  : J-G Hamel, est condamnĂ© pour parjure Ă  cinq ans de pĂ©nitencier qu’il purgera de 1956 Ă  1961 aprĂšs le refus de la Cour d’appel et de la Cour suprĂȘme des requĂȘtes en appel.
  • 1954 : peu aprĂšs le procĂšs, Me Maher est nommĂ© conseiller juridique Ă  la RĂ©gie des loyers par Duplessis, sans doute par suite d’une radiation du Barreau.
  • 1955 : le sergent Henri Doyon est rĂ©trogradĂ© et transfĂ©rĂ© Ă  QuĂ©bec. Il est remplacĂ© par le sergent Jean-Charles VanHoutte. Ce fait a sans doute empĂȘchĂ© des tĂ©moins de se manifester, car Doyon Ă©tait apprĂ©ciĂ© des GaspĂ©siens.
  •  : rejet Ă  l’unanimitĂ© de l’appel de Coffin Ă  la Cour du Banc de la Reine (juridiction d’appel).
  •  : demande de permission d’en appeler du jugement Ă  la Cour suprĂȘme par Me François Gravel et Me Arthur Maloney de Toronto.
  • 1955 : Le juge Douglas Abbott, qui s’est rĂ©cemment reconnu incompĂ©tent en matiĂšre criminelle dans une entrevue, refuse Ă  Coffin d’en appeler Ă  la Cour suprĂȘme.
  •  : Coffin (qui devait ĂȘtre pendu le 23 courant) s’évade de la prison de QuĂ©bec avec un rĂ©volver sculptĂ© dans un pain de savon. Me Gravel Ă©tant en dehors de la ville, il se fait conduire chez son ancien avocat Maher qui le convainc de retourner en prison.
  •  : le tĂ©moin Wilson MacGregor, qui avait affirmĂ© avoir vu dĂ©passer le canon d’une carabine de l’arriĂšre de la camionnette de Coffin, signe une rĂ©tractation assermentĂ©e de son tĂ©moignage.
  •  : maintenant dĂ©tenu Ă  la prison de Bordeaux (MontrĂ©al), Coffin raconte sa version des faits dans une dĂ©claration assermentĂ©e.
  •  : Me Maloney demande Ă  la Cour suprĂȘme de renverser la dĂ©cision du juge Abbott. SiĂ©geant au complet sans ce dernier juge, elle dĂ©clare qu’elle n’a pas juridiction pour le faire.
  •  : le cabinet fĂ©dĂ©ral refuse d’ordonner un nouveau procĂšs, mais demande un avis Ă  la Cour suprĂȘme.
  •  : Duplessis proteste que l’affaire est du domaine provincial et que la dĂ©cision du cabinet fĂ©dĂ©ral est une « usurpation de pouvoir ».
  •  : les avocats de Coffin plaident devant la Cour suprĂȘme, mais n’ont pas le droit de prĂ©senter de preuves nouvelles.
  •  : la Cour suprĂȘme rejette Ă  cinq contre deux l’opposition de Duplessis.
  •  : la Cour suprĂȘme refuse Ă  Coffin un nouveau procĂšs. Les avocats de Coffin font une autre demande au ministre de la Justice du Canada pour un autre procĂšs. Une demande accessoire en cas de refus requiert la commutation de la peine en emprisonnement Ă  vie.
  • 1956 ?? : on retire de la riviĂšre Juniper, prĂšs de Bathurst (N-B), une jeep avec des plaques de la Pennsylvanie correspondant Ă  la description de Coffin.
  •  : Le ministre de la Justice du Canada, Stuart Garson, refuse Ă  Coffin un nouveau procĂšs et une commutation de sentence.

Duplessis refuse d’autoriser Coffin Ă  Ă©pouser sa compagne Marion Petrie pour rĂ©gulariser sa situation avant de mourir.

  •  : Pendaison de Coffin, 40 ans, Ă  00 h 01, Ă  la prison de Bordeaux (MontrĂ©al). La veille, il avait laissĂ© Ă  l’aumĂŽnier un message pour le capitaine Matte : « Dites-lui qu’il n’a jamais rĂ©ussi Ă  effacer le sourire de mes lĂšvres. » Par orgueil, il a souri jusqu’à la fin. Une foule de 500 personnes attendra son corps Ă  la gare ferroviaire de GaspĂ©. AprĂšs d'imposantes funĂ©railles, il sera enterrĂ© dans le cimetiĂšre de l'Ă©glise anglicane St. Andrew's de York Centre.
  •  : Me Gravel, qui a repris la cause de Coffin, dĂ©clare garder le dossier ouvert afin de rĂ©habiliter la mĂ©moire de son client et il contribue Ă  la crĂ©ation du ComitĂ© de rĂ©habilitation de Wilbert Coffin.
  •  : mort subite Ă  42 ans de William Baker, ami et associĂ© de Coffin, tĂ©moin important dans le procĂšs. Le rapport officiel parle d’un arrĂȘt cardiaque mais Me Gravel demande une autopsie que lui refuse le procureur gĂ©nĂ©ral. Des rumeurs parlent de suicide, d’autres d’un empoisonnement par la police parce qu’il en savait trop.
  •  : Me Gravel, au nom du ComitĂ© de rĂ©habilitation, demande aux autoritĂ©s provinciales de conserver les piĂšces Ă  conviction.
  •  : Duplessis condamne le ComitĂ© de rĂ©habilitation.
  •  : le Court of last resort, un organisme amĂ©ricain, est saisie de l’affaire Coffin. Le lendemain, les piĂšces Ă  conviction disparaissent dĂ©finitivement.
  • 1956 ?? : publication du livre The Coffin Murder Case par John E Belliveau du Toronto Daily Star.
  • 1956-57 : multiples articles sur l’affaire dans le journal Vrai et le Toronto Daily Star.
  • 1957 : Noranda achĂšte Ă  gros prix des concessions dans les alentours de celles de Coffin. Jack Eagle refuse une somme considĂ©rable pour les siennes, voisines de celles de Coffin.
  •  : Francis Gilbert Thompson, 35 ans, Mohawk de Saint-RĂ©gis, est arrĂȘtĂ© Ă  Miami pour le vol d’un yacht ; il avoue ĂȘtre coupable des trois meurtres, avec son complice Johnny Green. Il donne des prĂ©cisions sur les meurtres que personne ne pouvait connaĂźtre. Me Charles-Édouard Cantin, assistant du procureur gĂ©nĂ©ral, et le colonel Lambert, directeur de la Police provinciale, parlent d’une blague avant mĂȘme de connaĂźtre les faits et refusent presque toute collaboration Ă  la police de Miami.
  •  : Thompson nie tout ; il aurait reçu la visite d’un important organisateur de l’Union nationale, le notaire Moreau, organisateur du dĂ©putĂ© NoĂ«l Dorion pour les Ă©lections fĂ©dĂ©rales de 1958. Le notaire devient ensuite fort riche et influent.
  •  : derniĂšre pendaison au QuĂ©bec, Ă  la prison de Bordeaux (MontrĂ©al).
  •  : AprĂšs 24 ans de service dans la Police provinciale, Ă  cause de son rĂŽle dans l’affaire Coffin, Henri Doyon est dĂ©mis de ses fonctions par l’ex-capitaine Matte promu inspecteur gĂ©nĂ©ral de la police par le gouvernement Lesage.
  • septembre 1962 : Ă©mission d’une heure (Close-up) du rĂ©seau anglais de Radio-Canada sur l’affaire. Le lendemain, Me Maher tĂ©lĂ©phone de maniĂšre anonyme et profĂšre des menaces contre Lewis Synnett, le policier qui assistait le sergent Doyon et qui a participĂ© Ă  l’émission.
  •  : publication du livre J’accuse les assassins de Coffin de Jacques HĂ©bert. Le cabinet Lesage commande Ă  la Police provinciale un rapport sur l’affaire. Les policiers Matte et Van Houtte remettent une « brique » en un temps record.
  • 27 ??? 1964 : dĂ©but de l’enquĂȘte Brossard avec le futur juge Jules DeschĂȘnes comme procureur.
  • 1964 : nomination des enquĂȘteurs de Brossard : À Matte et J-C Van Houtte.
  • au  : audiences de la Commission Brossard (16 041 p. de notes). Francis Thompson y tĂ©moigne qu’il Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ© lors de sa fausse dĂ©claration parce qu’il s’attendait Ă  une lourde peine aux USA. Il a rĂ©ussi son coup car la justice amĂ©ricaine l’a expulsĂ© au Canada en . En 1961, il a rencontrĂ© Dieu lors d’un sĂ©jour Ă  l’hĂŽpital psychiatrique de Calgary.
  •  : dĂ©pĂŽt du rapport Brossard (693 p.) qui rabroue Jacques HĂ©bert en tant que membre de la « maffia intellectuelle » et rĂ©clame des procĂ©dures contre lui.
  •  : arrestation de Jacques HĂ©bert qui est condamnĂ© Ă  30 jours de prison (il en fait trois) et 3 000 $ d’amende pour outrage au tribunal. Il est acquittĂ© en .
  • 1976 : abolition de la peine de mort au Canada, en grande partie Ă  cause de l’affaire Coffin.
  • 1979 : publication du livre L’Échafaud : J’ai vu les derniĂšres pendaisons Ă  la prison de Bordeaux (MontrĂ©al) par Roger Duguay, gardien de Coffin Ă  Bordeaux (MontrĂ©al). Il affirme que Coffin prĂ©tendait savoir comment sont morts les chasseurs amĂ©ricains et qui les a tuĂ©s.
  • 1980 : publication de L’Affaire Coffin de Jacques HĂ©bert, qui reprend et commente son livre prĂ©cĂ©dent.
  • 1983 : publication du livre The Scales of Justice par George Jonas, un rĂ©sumĂ© de sept procĂšs dont l’affaire Coffin prĂ©sentĂ©s Ă  CBC radio Ă  l’automne 1982.
  • 1988 : Conrad Briand, un ancien rĂ©sident de Douglastown, prĂšs de GaspĂ©, qui vit Ă  Toronto depuis 1952, confesse les meurtres Ă  la police de Toronto sous l’effet d’une lourde intoxication. AprĂšs enquĂȘte, il s’avĂšre que Briand Ă©tait Ă  Toronto au moment des meurtres.
  • 1996 : Alton Price, un retraitĂ© de Richmond, publie Ă  compte d’auteur son livre To Build a Noose (traduit en français sous le titre Tromper le jury) dans lequel il prĂ©tend connaĂźtre l’assassin, un homme de la rĂ©gion (qui mourra en 1998). Son fils, qui avait 9 ans Ă  l’époque, aurait Ă©tĂ© tĂ©moin des meurtres.
  • printemps 2004 : Alton Price et Cynthia Patterson, enseignante de PercĂ©, lancent une pĂ©tition pour demander au ministĂšre fĂ©dĂ©ral de la Justice de rĂ©viser l’affaire.
  •  : long article dans Le Soleil pour le 50e anniversaire de la condamnation de Coffin.
  •  : nouveaux articles dans Le Soleil pour le 50e anniversaire de la pendaison de Coffin. Le docteur Lionel Rioux, le coroner originel dans l'affaire, ĂągĂ© de 89 ans, croit que Coffin a Ă©tĂ© tĂ©moin des meurtres mais que c'est son ami Bill Baker qui en est l'auteur et que c'est pour cette raison qu'il s'est suicidĂ© 17 jours aprĂšs la pendaison de Coffin. Cette thĂ©orie est rejetĂ©e par la sƓur de Coffin.
  •  : aprĂšs des interventions de Raynald Blais, dĂ©putĂ© (BQ) de GaspĂ©sie - Îles-de-la-Madeleine, le gouvernement fĂ©dĂ©ral annonce la rĂ©ouverture du dossier. Un comitĂ© de rĂ©vision des condamnations criminelles va examiner l'affaire pour voir si Coffin a Ă©tĂ© victime d'une erreur judiciaire.
  •  : le nom de Philippe Cabot, dĂ©cĂ©dĂ© en 1998, ressort comme possible meurtrier des trois AmĂ©ricains. Des membres de sa famille reconnaissent le fait.
  •  : nouvelle publication sur l'affaire, L'Affaire Coffin : une supercherie par ClĂ©ment Fortin, juriste, qui remet en question la vĂ©racitĂ© des propos de HĂ©bert et Belliveau comme l'honnĂȘtetĂ© de leur dĂ©marche, et suggĂšre que la culpabilitĂ© de Coffin est crĂ©dible.

Publications

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  • 1958 : Coffin Ă©tait innocent, Jacques HĂ©bert, Éditions de l'Homme.
  • 1963 : J’accuse les assassins de Coffin, Jacques HĂ©bert, Éditions du jour.
  • 1979 : L'Échafaud : J'ai vu les derniĂšres pendaisons Ă  la prison de Bordeaux (MontrĂ©al), Roger Duguay, Les Éditions Quebecor (Ă©crit par un gardien de prison ; trois chapitres racontent les derniers jours de Coffin).
  • 1980 : J’accuse les assassins de Coffin, Jacques HĂ©bert, Éditions du jour.
  • 1980 : Coffin ou Quand la justice triomphe..., FĂ©lix de la LibertĂ©, Éditions de la MarĂ©e Montante (Théùtre en 5 actes)
  • 1983 : The Scales of Justice, George Jonas, CBC Enterprises, (dramatisations radio de sept procĂšs dont l’affaire Coffin prĂ©sentĂ©s Ă  CBC Radio Ă  l’automne 1982).
  • 1996 : To Build a Noose, Alton Price, Ă  compte d’auteur (traduit en français en 1998 sous le titre Tromper le jury).
  • 2007 : L'Affaire Coffin, une supercherie ?, ClĂ©ment Fortin, Éditions Wilson et Lafleur, 354p.

Filmographie

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