1954
Apparence
Chronologies
| 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 Décennies : 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 Siècles : XVIIIe XIXe XXe XXIe XXIIe Millénaires : -Ier Ier IIe IIIe |
L'année 1954 est une année commune qui commence un vendredi.
En bref
[modifier | modifier le code]- – : bataille de Diên Biên Phu.
- : convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé signée à La Haye sous l’égide de l’UNESCO[1].
- : accords de Genève mettant fin à la guerre d'Indochine.
- : début de la première crise du détroit de Taïwan.
- : convention de New York sur l'apatridie[2].
- 1er novembre : début de la guerre d'Algérie.
Événements
[modifier | modifier le code]Afrique
[modifier | modifier le code]- : le sultan du Maroc destitué Sidi Mohammed ben Youssef est transféré avec sa famille de Corse à Madagascar[3].
- : annonce de la Constitution Lyttelton au Nigeria[4], promulguée le 1er octobre. Elle laisse davantage d’autonomie aux régions et restreint le pouvoir du gouvernement central[5].
- : nouvelle Constitution au Kenya introduite par le Secrétaire aux Colonies Oliver Lyttelton instituant un Conseil des ministres multiracial[6].
- : décret-loi n° 39666 portant statut des indigènes des provinces de la Guinée, de l’Angola et du Mozambique. Il refuse la citoyenneté portugaise à l’immense majorité de la population[7]. Seuls, les habitants du Cap-Vert, de São Tomé et de Timor obtiennent la citoyenneté portugaise[8].
- , Tanganyika : fondation de l'Union nationale africaine du Tanganyika (Tanganyika African National Union, TANU), issue de la TAA[9]. Elle réussit à capter le soutien de la population au-delà des clivages ethniques ou régionaux et s’impose comme la clef du combat anticolonial. Elle met l’accent sur les progrès de l’éducation et la suppression des taxes qui grèvent les productions agricoles et l’élevage.
- : discours de Pierre Mendès France à Carthage promettant l’autonomie interne à la Tunisie et au Maroc[10].
- 1er août : la rumeur du retour du sultan du Maroc Sidi Mohammed après le discours de Carthage provoque des manifestations dans les principales villes du Maroc, qui tournent à l’émeute à Kénitra, Sidi Kacem et à Fès[11].
- : opération « képi blanc » dans la médina de Fès. Les troupes de la Légion étrangère occupent le quartier arabe de Fès pour réprimer un soulèvement nationaliste : 125 marocains sont arrêtés[12].
- : Pierre Mendès France annonce à l’assemblée nationale la création d’un conseil d’études des réformes au Protectorat du Maroc[12].
- Août : mission de l’ONU au Tanganyika[13].
- 8- : un tremblement de terre de magnitude 6,8 provoque 1 400 victimes à Orléansville en Algérie française[14].
- : pose de la première pierre de l’université Lovanium, première université congolaise, à Léopoldville au Congo belge (future université de Kinshasa, RDC)[15]. Les cours pré-universitaires ont commencé le [16].
- 3- : congrès intersyndical des fonctionnaires à Conakry initié par la CGT. Il prévoit une grève de 24 heures, le et une autre de 48 heures les 11-[17]. En novembre plusieurs syndicats, dont celui des postiers du Sénégal, quittent la CGT pour créer des syndicats autonomes[18].

- , Algérie : le CRUA (Comité révolutionnaire d’unité et d’action) décide de déclencher l’insurrection armée. Création à Alger du Front de libération nationale (FLN) algérien[19].
- 1er novembre :
- Toussaint rouge, début de l’insurrection en Algérie. Vague de 70 attentats revendiqués par le Front de libération nationale (FLN), qui attaque des cibles françaises : c’est le début de la guerre d'Algérie. Ils font huit morts et une douzaine de blessés. Les insurgés se retranchent dans les Aurès. De violents combats de déroulent dans le djebel Chélia du 4 au [19]. 56 500 soldats français sont alors engagés dans le conflit[20].
- proclamation au peuple algérien lancé de la radio du Caire par le FLN qui se donne pour but l’indépendance nationale[21].
- , Algérie : le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques en Algérie (MTLD) est dissous ; Messali Hadj fonde le Mouvement national algérien[19].
- : à l’Assemblée, Pierre Mendès France affirme qu’il défendra l’Algérie française (« l’Algérie, c’est la France... »)[19].
- : les autorités tunisiennes et françaises annoncent que 2 514 fellagas ont rendu les armes[22].
- : opération de police contre les nationalistes en Algérie et en France. Arrestation de 150 membres du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques dissous[23].
Amérique
[modifier | modifier le code]- : démission du ministre du Travail brésilien João Goulart. Il avait proposé de doubler les salaires. Un manifeste des colonels demande sa démission, l’accusant de démagogie. Getúlio Vargas éloigne Goulart mais augmente les salaires le 1er mai[24].
- 1er- : Xe conférence interaméricaine de Caracas. « Déclaration de solidarité pour le maintien de l’intégrité politique des États américain contre l’intervention du communisme international », voté à la demande des États-Unis contre l’avis de l’Argentine, du Mexique et du Guatemala[25].
- 1er mars - : Opération Castle, série d'essais nucléaires sur l’atoll de Bikini[26].
- :
- début d’une grande grève des salariés de la United Fruit au Honduras[27]. L’agitation sociale provoque une ouverture du régime puis son durcissement.
- coup d’État militaire au Paraguay. Le général Stroessner, commandant en chef permanent des forces armées, prend le pouvoir (fin en 1989)[28].
- : l’arrêt Brown v. Board of Education invalide les lois instaurant la ségrégation raciale dans les écoles aux États-Unis[29].
- : la CIA organise un coup d’État au Guatemala depuis le Honduras. Accusé de sympathies communistes, le président guatémaltèque Jacobo Arbenz Guzmán démissionne sans pouvoir résister (il s’apprêtait à exproprier 90 000 ha non exploités appartenant à l’United Fruit Company). Une nouvelle période de répression et de militarisme s’ouvre. Le vote à bulletins secrets est supprimé et des milliers d’opposants sont emprisonnés. Pendant les trois décennies suivantes, les coups d’État et les gouvernements militaires se succédèrent au Guatemala[30].
- : dictature du colonel Carlos Castillo Armas au Guatemala (fin en 1957) ; le , il abolit la constitution de 1945 et instaure un régime militaire ; le parti communiste est interdit et toutes les publications jugées subversives censurées[31]. Il restitue 950 000 hectares de terres à l’United Fruit Company, expropriée en 1952. Il supprime l’impôt sur les intérêts et les dividendes touchés par les investisseurs étrangers.
- , Brésil : attentat contre l’éditorialiste de la Tribuna da Imprensa, Carlos Lacerda, fomenté par des proches de Getúlio Vargas Les forces armées demandent la démission de Vargas puis le déposent le [24].
- : le général Alfredo Stroessner, candidat unique, est élu président de la république au Paraguay. Huit fois réélu, il exerce la dictature entre 1954 et 1989[28].
- : un coup d’État militaire au Brésil, pousse le président Getúlio Vargas, sommé de démissionner, à mettre fin à ses jours. Le vice-président João Fernandes Campos Café Filho renonce à la politique de Vargas. Il confie les Finances, la Justice et les Affaires étrangères à des membres de l’União Democratica Nacional[24].
- 1er décembre : Fulgencio Batista se fait élire président de la république de Cuba sans opposition après le retrait de l’ex-président Ramón Grau San Martín, qui proteste contre des élections truquées[31].
- : début de la dictature de Julio Lozano Díaz au Honduras (fin en 1956)[31].
Asie et Pacifique
[modifier | modifier le code]- - : lors du plenum du Comité central, le gouvernement soviétique lance le programme « Terres vierges et inoccupées » afin d’accroître rapidement la superficie de terres ensemencées en Sibérie occidentale et au Kazakhstan[32]. La poursuite de l’immigration russe et l’industrialisation dans le cadre de l’économie planifiée de l’Union soviétique ont pour effet de rendre la population kazakhe minoritaire dans sa république.