Aller au contenu

Valentin Feldman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Valentin Feldman (en russe, Валенти́н Фе́льдман), né le à Saint-Pétersbourg, dans l'Empire russe, et mort fusillé le (à 33 ans) au Mont-Valérien, en France, est un philosophe français spécialiste d'esthétique et un résistant de la Seconde Guerre mondiale.

Enfance et études

[modifier | modifier le code]

Enfant unique d'une famille juive laïque, Valentin Feldman grandit dans un milieu bourgeois aisé de Saint-Pétersbourg où travaille son père. Celui-ci disparaît en dans le naufrage du Mercure, coulé en mer Noire par un sous-marin allemand. Ils s’installent à Kherson, auprès de la famille de sa mère Esther[1]. Valentin vit désormais seul avec sa mère, qui assure la survie du foyer en donnant des leçons de piano. Ensemble, ils subissent l'enchaînement meurtrier des opérations militaires, des épidémies et de la famine accompagnant la guerre civile russe des années 1918 à 1922. En juin de cette année, ils quittent la Russie soviétique pour s'installer en France[1].

Vivant à Paris, Valentin Feldman est scolarisé au lycée Henri-IV[2], où il se lie notamment d'amitié avec Maurice Schumann et Simone Weil, en compagnie desquels il assiste aux cours du philosophe Alain. En 1927, à l'issue de l'année de terminale, il décroche le premier prix de philosophie au concours général[2]. Il devance Claude Jamet dans un palmarès où figurent par ailleurs Georges Pompidou, Louis Poirier (futur Julien Gracq) et Maurice Schumann.

Valentin Feldman poursuit ses études de philosophie à la Sorbonne, où il devient l'élève et le disciple de Victor Basch[3]. C'est ce dernier qui l'oriente vers des études ayant trait à l'esthétique. Étudiant brillant, il échoue toutefois à plusieurs reprises à l'agrégation, à cause de sa méconnaissance du grec et du zéro éliminatoire qui en découle, si bien qu'il lui faut attendre 1939 pour obtenir le concours. Ses études puis ses échecs répétés à l'agrégation ont eu pour conséquence inattendue de le voir se lier d'amitié avec de nombreux jeunes intellectuels ayant pour noms, outre ceux précédemment cités, Ferdinand Alquié, Simone de Beauvoir, Pierre Hervé, Claude Lévi-Strauss, Jean Marcenac, Jean-Paul Sartre, Jacques Soustelle, Jean-Pierre Vernant, André Weil-Curiel ou encore René Zazzo.

Valentin Feldman obtient la nationalité française au début de l'année 1931[2].

Recherches en esthétique et engagement politique

[modifier | modifier le code]

Après avoir consacré un DES au philosophe matérialiste des Lumières Paul Henri Thiry d'Holbach, Valentin Feldman reçoit la commande de rédiger une synthèse sur l'état de la connaissance esthétique en France. En 1936, paraît chez Félix Alcan le seul essai publié de son vivant, L'Esthétique française contemporaine, dans la collection « Nouvelle Encyclopédie philosophique », dirigée par le philosophe