Inter pastoralis officii sollicitudines
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| Motu proprio du pape Pie X | ||||||||
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| Sujet | Sur la promotion de la musique dans la liturgie | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Inter pastoralis officii sollicitudines[1] est un motu proprio de Pie X publiĂ© en 1903 sur la musique liturgique de l'Ăglise catholique, surtout connu aussi par son titre en italien Tra le sollecitudini[hc 1] d'aprĂšs ses premiers trois termes, ou motu proprio Tra le sollecitudini[hc 2]. Il s'agit de l'un des documents pontificaux les plus importants au regard des chants liturgiques dont le chant grĂ©gorien.
RĂ©digĂ©e Ă l'origine en italien et prĂ©vue comme une lettre pastorale au diocĂšse de Rome, aprĂšs la publication de la version latine, elle a Ă©galement acquis une signification pour toute l'Ăglise[2].
Publication
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Le motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudines fut publiĂ©, en italien d'abord, le par le nouveau pape Pie X. Cette date de la promulgation, fĂȘte de sainte CĂ©cile, avait soigneusement Ă©tĂ© choisie, selon le sujet du motu proprio, la musique liturgique de l'Ăglise catholique.
DĂ©sormais, le Saint-SiĂšge prĂ©fĂšre trĂšs frĂ©quemment cette fĂȘte pour les Ă©vĂ©nements importants concernant la liturgie, y compris les papes Jean-Paul II ou BenoĂźt XVI.
« Le 21 novembre 1984[3], le bienheureux Jean Paul II montait de la CitĂ© du Vatican Ă l'abbaye de San Girolamo di Urbe pour bĂ©nir l'orgue du Pontificio Istituto di Musica Sacra (PIMS), qui venait de s'installer dans les locaux libĂ©rĂ©s par les membres de la Commission de la Vulgate : la date et l'heure de la cĂ©rĂ©monie avaient Ă©tĂ© fixĂ©es aux premiĂšres VĂȘpres de sainte CĂ©cile, patronne des musiciens et plus prĂ©cisĂ©ment des organistes, circonstance qui permit Ă Jean Paul II de rappeler l'intĂ©rĂȘt de toute sa vie pour la musique sacrĂ©e et le chant grĂ©gorien[eg39 1]. »
â Michel Huglo, « Dom EugĂšne Cardine et l'Ă©dition critique du Graduel romain », Ătudes grĂ©goriennes, t. XXXIX,â , p. 293 - 294.
Origine
[modifier | modifier le code]Le pape Pie X fut élu le . Quatre mois plus tard, il put proclamer ce motu proprio. à vrai dire, l'origine du document remonte en 1893.
Votum (1893)
[modifier | modifier le code]En cherchant une vĂ©ritable liturgie pour les fidĂšles subissant l'Ă©poque de dĂ©cadence liturgique, surtout de la pratique de la musique théùtrale dans l'Ă©glise, le chanoine Giussepe Melchiorre Sarto, futur Pie X, retrouva la thĂ©ologie de Thomas d'Aquin ainsi que le chant grĂ©gorien[cd 1]. En effet, mĂȘme lors du jubilĂ© du Puy-en-Velay tenu en 1864, la fanfare avait Ă©tĂ© choisi dans la mĂ©lodie de l'opĂ©ra Norma de Vincenzo Bellini[4]. Don Angelo de Santi Ă©tait chargĂ© par le pape LĂ©on XIII de dĂ©fendre l'Ă©dition nĂ©o-mĂ©dicĂ©enne, Ă cette Ă©poque-lĂ faussement attribuĂ©e Ă Giovanni Pierluigi da Palestrina. Ă la suite de la restauration par l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, le PĂšre de Santi aussi retrouva le chant grĂ©gorien authentique et l'Ă©tudiait depuis 1890[cd 2].

En 1893, Léon XIII demanda au cardinal Sarto une consultation sur la musique sacrée dans l'intention d'un nouveau rÚglement de celle-ci. Devenu patriarche de Venise et donc trÚs occupé par cette charge, il ne fut pas en mesure de satisfaire à cette demande du pape. En envoyant ceux qui concernaient au cardinal, Don de Santi soutint son devoir. Par conséquent, le votum achevé était considérablement inspiré des études de Santi en collaboration avec Solesmes[5],[6].
Lettre pastorale sur le chant de l'Ăglise (1895)
[modifier | modifier le code]Les Ă©tudes approfondies indiquent que le premier pas du rĂšglement fut intentionnellement effectuĂ© en 1891 par le PĂšre de Santi[5]. L'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, une cĂ©lĂ©bration en grĂ©gorien auprĂšs du SĂ©minaire français de Rome avait en effet convaincu ce musicologue. AussitĂŽt l'exĂ©cution terminĂ©e, il avait visitĂ© la chambre de Dom AndrĂ© Mocquereau de Solesmes : « il est Ă©vident que ce chant sera un jour celui de l'Ăglise romaine[cd 2]. » La recherche de Don de Santi s'avança encore : dans l'Ă©dition mĂ©dicĂ©enne, les mĂ©prises musicales sont si nombreuses et tellement incomprĂ©hensibles qu'il est difficile Ă attribuer celle-ci Ă Palestrina[5]. Nonobstant en 1893, il fut formellement interdit d'Ă©crire concernant le chant grĂ©gorien[7], puis en , il lui fallut quitter la ville Ă©ternelle en exil[5].
Donc, la premiÚre présentation publique en faveur du chant grégorien fut manifestée par le cardinal Sarto l'année suivante. Le patriarche bénéficia de l'occasion du huitiÚme centenaire de la basilique Saint-Marc de Venise[8]. Cette lettre pastorale annonçait déjà le motu proprio.
« La musique et le chant de l'Ăglise doivent correspondre Ă la fin gĂ©nĂ©rale de la liturgie, qui est d'honorer Dieu et d'Ă©difier les fidĂšles ; et Ă cette fin spĂ©ciale qui est d'exciter par le moyen de la mĂ©lodie les fidĂšles Ă la dĂ©votion, et les disposer Ă accueillir en eux-mĂȘmes les fruits de la grĂące qui sont propres aux saints MystĂšres solennellement cĂ©lĂ©brĂ©s[cd 1]. ...
La musique sacrée, par son étroite union avec la liturgie et avec le texte liturgique, doit posséder au plus haut degré ces vertus : sainteté, vérité de l'art et universalité.
- L'Ăglise a toujours condamnĂ© ce qui dans la musique est lĂ©ger, vulgaire, trivial, ridicule, tout ce qui est profane et théùtral, soit dans la forme de la composition, soit dans la maniĂšre dont on l'exĂ©cute : sancta sancte.
- Elle a toujours fait valoir l'art vrai, par lequel elle a bien mĂ©ritĂ© de la civilisation, car c'est par la bienfaisante influence de l'Ăglise que l'art musical s'est peu Ă peu dĂ©veloppĂ© et perfectionnĂ© Ă travers les siĂšcles.
- Enfin, l'Ăglise s'est constamment souciĂ©e de l'universalitĂ© prescrite par elle, selon ce principe traditionnel que la loi de croyance est une, et que doit ĂȘtre une aussi la forme de la priĂšre et, autant que possible, la norme du chant.
AppuyĂ©e sur ces rĂšgles solides, l'Ăglise a créé la double forme de son chant : la grĂ©gorienne, qui a durĂ© environ un millĂ©naire, et la classique polyphone romaine, dont Palestrina fut l'initiateur au XVIe siĂšcle[cd 3]. ... »
â Cardinal Giusseppe Melchiorre Sarto, Lettre pastorale sur le chant de l'Ăglise, le 1er mai 1895
Ces trois vertus, saintetĂ©, vĂ©ritĂ© de l'art et universalitĂ©, se retrouvent en tant que disciplines principales du motu proprio en 1903, en justifiant la centralisation de la liturgie de l'Ăglise.
Introduction
[modifier | modifier le code]Objectif
[modifier | modifier le code]Le motu proprio précise, à la fin de l'introduction, son objectif. Il s'agit d'une instruction pontificale[hc 3] :
« Dans ce but, afin que nul ne puisse prĂ©texter dorĂ©navant l'ignorance de son devoir, pour Ă©carter toute Ă©quivoque dans l'interprĂ©tation de certaines dĂ©cisions antĂ©rieures, Nous avons jugĂ© Ă propos d'indiquer briĂšvement les principes qui rĂšglent la musique sacrĂ©e dans les fonctions du culte et de rĂ©unir en un tableau gĂ©nĂ©ral les principales prescriptions de l'Ăglise contre les abus les plus rĂ©pandus en cette matiĂšre. C'est pourquoi, de Notre propre mouvement et en toute connaissance de cause, Nous publions Notre prĂ©sente instruction ; elle sera le code juridique de la musique sacrĂ©e ; et en vertu de la plĂ©nitude de Notre autoritĂ© apostolique, Nous voulons qu'il lui soit donnĂ© force de loi et Nous en imposons Ă tous, par le prĂ©sent acte, la plus scrupuleuse observation. »
Dans son Ćuvre Pie X et Rome, Camille Bellaigue bĂ©nĂ©ficiant frĂ©quemment de ses audiences avec saint Pie X prĂ©cisait que le pape appelait lui-mĂȘme « le code juridique de la musique sacrĂ©e » mais Ă©galement qu'il lui dit : « je veux que mon peuple prie sur de la beauté »[9].
Participation des fidĂšles
[modifier | modifier le code]Le texte fait pour la premiÚre fois mention de la participation active des fidÚles vers la fin de l'introduction. Dans la version italienne (originelle), il est fait mention de "partecipazione attiva"[10], mais la version latine (à vocation universelle) utilise simplement le mot de "participatio" (sans la mention "actuosa" utilisée plus tard dans les textes de Vatican II, ni la mention "activa")[11]. La traduction du passage par Dom Hervé Courau est la suivante :
« Notre plus vif dĂ©sir Ă©tant, en effet, que le vĂ©ritable esprit chrĂ©tien refleurisse de toute façon et se maintienne chez tous les fidĂšles, il est nĂ©cessaire de pourvoir avant tout Ă la saintetĂ© et Ă la dignitĂ© du temple oĂč les fidĂšles se rĂ©unissent prĂ©cisĂ©ment pour puiser cet esprit Ă sa source premiĂšre et indispensable : la participation active aux mystĂšres sacro-saints et Ă la priĂšre publique et solennelle de lâĂglise. (Essendo, infatti, Nostro vivissimo desiderio che il vero spirito cristiano rifiorisca per ogni modo e si mantenga nei fedeli tutti, Ăš necessario provvedere prima di ogni altra cosa alla santitĂ e dignitĂ del tempio, dove appunto i fedeli si radunano per attingere tale spirito dalla sua prima ed indispensabile fonte, che Ăš la partecipazione attiva ai sacrosanti misteri e alla preghiera pubblica e solenne della Chiesa.) »
Articles
[modifier | modifier le code]Texte intégral : [lire en ligne]

I. Principes généraux[hc 4]
- 1. En tant qu'objectif de la musique sacrĂ©e, ceux qui concernent sont la gloire de Dieu, la sanctification et l'Ă©dification des fidĂšles. Pour la meilleure comprĂ©hension du texte, la musique vĂȘt proprement celui-ci. De sorte que les fidĂšles peuvent accĂ©der plus facilement Ă la dignitĂ© des cĂ©rĂ©monies ecclĂ©siastiques.
- 2. « La musique sacrĂ©e doit possĂ©der au plus haut point les qualitĂ©s propres Ă la liturgie : la saintetĂ© ... l'universalitĂ©. ... Elle doit ĂȘtre un art vĂ©ritable. »
- â En rĂ©sumĂ©, une vĂ©ritable musique sainte, universelle ainsi qu'artistique.
II. Genres de musique sacrée[hc 5]
- 3. Parmi les musiques sacrĂ©es, le chant grĂ©gorien est « chant propre de l'Ăglise romaine », exclusivement rĂ©servĂ© aux certaines parties de la liturgie ecclĂ©siastique. Pareillement, il s'agit du modĂšle le plus parfait de la musique sacrĂ©e. En consĂ©quence, il faut dĂ©sormais que l'antique chant grĂ©gorien traditionnel soit largement rĂ©tabli dans les fonctions du culte, sans aucun accompagnement d'autres musiques liturgiques.
- 4. En raison d'un degrĂ© Ă©minent, la polyphonie classique aussi s'emploie Ă nouveau dans les fonctions les plus solennelles de l'Ăglise, notamment au sein de la Chapelle pontificale, dans les basiliques et Ă©glises cathĂ©drales, auprĂšs de sĂ©minaires ainsi que d'instituts pontificaux, lors des cĂ©rĂ©monies ecclĂ©siastiques distinguĂ©es.
- 5. Reconnaissant le progrĂšs des arts, l'Ăglise autorise Ă©galement l'usage de la musique plus moderne lors de la cĂ©lĂ©bration, Ă condition qu'il ne s'agisse pas de morceaux profanes, par exemple des motifs usitĂ©s au théùtre.
- 6. En effet, la musique théùtrale, qui était une vogue au XIXe siÚcle, est considérée comme une opposition complÚte avec le chant grégorien ainsi la polyphonie classique, selon sa nature.
- â En rĂ©sumĂ©, le chant grĂ©gorien, la polyphonie et le chant contemporaine hormis la musique théùtrale.
III. Texte liturgique[hc 6]
- 7. « La langue propre de l'Ăglise romaine est la langue latine. » Pendant les fonctions solennelles de la liturgie y compris la messe et l'office, la cĂ©lĂ©bration en langue vulgaire est donc interdite.
- 8. Aucune modification des textes n'est autorisĂ©e, lors de l'exĂ©cution des chants liturgiques de l'Ăglise, ni ordre des textes.
- exception (facultative)Â : un motet Ă la suite du Benedictus ainsi qu'un court motet aprĂšs le chant de l'offertoire[12]
- 9. Il faut que le texte soit chanté tel qu'il est dans les livres, de sorte que les fidÚles l'écoutent intelligiblement.
- â En rĂ©sumĂ©, toujours en latin, sans modification.
IV. Forme extérieure des compositions sacrées[hc 7]
- 10. Il faut que chaque élément musical des chants telle la messe se conserve selon le modÚle, à savoir chant grégorien.
- 11. RĂšgles particuliĂšres
- a. Il faut que la messe soit composée sous forme d'unités. Ainsi, il ne faut pas composer seulement le Kyrie.
- b. Pour l'office des vĂȘpres, les rĂšgles du cĂ©rĂ©monial des Ă©vĂȘques doivent ĂȘtre respectĂ©es. L'alternance entre le chant grĂ©gorien et le faux-bourdon sera autorisĂ©e.
- c. Les hymnes doivent ĂȘtre composĂ©es d'aprĂšs la forme traditionnelle, et non celle de variations parmi les strophes.
- d. Les antiennes des vĂȘpres doivent ĂȘtre en grĂ©gorien. Dans quelques cas particulier, il faut ne les chanter qu'en faux-bourdon.
- â En rĂ©sumĂ©, essentiellement selon la forme grĂ©gorienne et non ampleur ni dĂ©veloppement.
V. Chantres[hc 8]
- 12. Le cĂ©lĂ©brant Ă l'autel et les ministres doivent chanter toujours et exclusivement en grĂ©gorien, sans aucun accompagnement d'orgue. Tous les autres chants liturgiques sont principalement chantĂ©s par le chĆur ecclĂ©siastique, si l'exĂ©cution tout en solo est possible.
- 13. Pour la voix aiguĂ«, il faut des enfants de chĆur au lieu des femmes, suivant le trĂšs antique usage de l'Ăglise.
- 14. Il faut que les chantres revĂȘtent l'habit ecclĂ©siastique durant leur fonction liturgique.
- â En rĂ©sumĂ©, toujours maniĂšre ecclĂ©siastique.
VI. Orgues et instruments[hc 9]
- 15. « Quoique la musique propre Ă l'Ăglise soit la musique purement vocale », l'usage de quelques instruments est admis, en tant que cas particuliers. Il faut cependant une autorisation spĂ©ciale selon le cĂ©rĂ©monial des Ă©vĂȘques ainsi qu'assez de prĂ©cautions convenables.
- 16. Ni orgue ni instrument ne peuvent dominer la cĂ©lĂ©bration, Ă la place du chant qui doit ĂȘtre toujours premier.
- 17. Le long morceau instrumental n'est pas admis.
- 18. L'orgue doit accompagner proprement le chant, en conservant le cachet propre ainsi qu'en participant à toutes les qualités de la vraie musique sacrée.
- 19. L'usage du piano est interdit. D'autres instruments bruyants ou légers non plus (le tambour, la grosse caisse, les cymbales, les clochettes).
- 20. Tous les instruments à vent sont interdits, à moins que l'exécution soit effectuée en imitant la façon de l'orgue.
- 21. La fanfare est exceptionnellement autorisée lors des processions en dehors de l'église. Pourtant, les cantiques religieux en latin ou en langue vulgaire sont préférés.
- â En rĂ©sumĂ©, essentiellement accompagnement du chant, avec de nombreuses limitations.
VII. Durée de la musique liturgique[hc 10]
- 22. Quel que soit le chant, quelle que soit la musique, il ne faut pas que le célébrant à l'autel n'attende la fin de l'exécution. Il faut respecter la durée traditionnelle du chant grégorien.
- 23. La tendance actuelle qui place la liturgie en secondaire en faveur de la musique doit ĂȘtre condamnĂ©e. Cette derniĂšre n'est autre que son humble servante.
- â En rĂ©sumĂ©, la liturgie est toujours principale ; la musique secondaire.
VIII. Moyens principaux[hc 11]
- 24. L'Ă©vĂȘque est le responsable de l'exĂ©cution parfaite. Une commission spĂ©ciale pourra contribuer Ă©galement Ă assurer et Ă conserver la qualitĂ© de l'exĂ©cution avec sa surveillance.
- 25. Les religieux tels les membres des sĂ©minaires sont chargĂ©s d'Ă©tudier le chant grĂ©gorien. De mĂȘme, pour la meilleure exĂ©cution de la polyphonie, la crĂ©ation de la schola cantorum sera soutenue.
- 26. Lors de la formation des religieux, il faut que soient toujours respectées les principes et lois de la musique sacrée.
- 27. Il faut rétablir, au moins dans les églises principales, la tradition des scholÊ cantorum.
- 28. Il est vraiment important que soient favorisĂ©es ou créées les Ă©coles supĂ©rieures de la musique sacrĂ©e. De mĂȘme, tous ceux qui concernent doivent suivre de vrais principes de l'art sacrĂ©.
- â En rĂ©sumĂ©, rĂ©tablissement de scholĂŠ cantorum ainsi que promotion des enseignements supĂ©rieurs de la musique liturgique.
IX. Conclusions[hc 12]
« Enfin, l'on recommande aux maĂźtres de chapelle, aux chantres, aux membres du clergĂ©, aux supĂ©rieurs des SĂ©minaires, des instituts ecclĂ©siastiques et des communautĂ©s religieuses, aux curĂ©s et recteurs des Ă©glises, aux chanoines des collĂ©giales et des cathĂ©drales, et surtout aux Ordinaires diocĂ©sains, de favoriser avec un grand zĂšle ces sages rĂ©formes depuis longtemps dĂ©sirĂ©es et que tous, d'un commun accord, demandaient, afin de ne pas exposer au mĂ©pris l'autoritĂ© mĂȘme de l'Ăglise qui, Ă plusieurs reprises, les a Ă©tablies et les impose de nouveau aujourd'hui.
Donné de Notre palais apostolique du Vatican, le jour de la vierge et martyre Sainte Cécile, 22 novembre 1903, année premiÚre de Notre Pontificat. »
Postérité
[modifier | modifier le code]Il s'agissait du premier pas du pape Pie X, afin de rĂ©former la liturgie de l'Ăglise catholique. Dans le contexte historique, ce motu proprio possĂšde une importance considĂ©rable, car Pie X commença en qualitĂ© de pape, pour la premiĂšre fois dans l'histoire de l'Ăglise romaine, une vĂ©ritable centralisation de la liturgie catholique, maintenue jusqu'Ă ce que le concile Vatican II arrive[ses2 1]. MĂȘme le cĂ©rĂ©monial de ClĂ©ment VIII, publiĂ© en 1600 aprĂšs le concile de Trente, laissait la libertĂ© de coutumes rĂ©gionales[dl 1] :
« Les livres de chant qui sortent du concile de Trente ne sont pas imposĂ©s Ă l'Ăglise universelle, ils ne l'ont pas Ă©tĂ©. Le graduel qui est paru en 1612[13], le plus ancien, n'a jamais Ă©tĂ© imposĂ© Ă l'Ăglise universelle. La preuve : Ă Paris, le chanoine Lebeuf a fait un graduel et un antiphonaire (Ă©videmment, vieux gallican), et dans plusieurs diocĂšses de France (on me l'a demandĂ© rĂ©cemment sur OrlĂ©ans), on sait qui a fait l'antiphonaire, aprĂšs le concile de Trente. C'est ça, les usages nĂ©o-gallicans[ses2 1]. »
â Dom Daniel Saulnier, Session de chant grĂ©gorien III, septembre 2004, p. 70
Enfin, l'Ăglise ne connaĂźt que deux fois la centralisation de la liturgie : celle de Charlemagne avec l' Admonitio generalis (789) puis celle de Pie X l'Inter pastoralis, surtout grĂące Ă la crĂ©ation du chant grĂ©gorien et de sa restauration. Une coĂŻncidence historique.

Le pape rĂ©alisa cette centralisation, avec la publication de l'Ădition Vaticane en grĂ©gorien, graduel en 1908 ainsi qu'antiphonaire en 1912. Il s'agissait de vĂ©ritables Ă©ditions universelles. En consĂ©quence, de mauvais textes furent remplacĂ©s par le latin de bonne qualitĂ©, issu de la Renaissance carolingienne[ses3 1]. Si les auteurs de textes du chant grĂ©gorien demeurent principalement inconnus, sa qualitĂ© n'est pas mauvaise. Au contraire, les textes profitaient de ce mouvement culturel carolingien. Ainsi, durant presque 20 ans, Alcuin, le meilleur savant de Charlemagne, ne cessa de corriger les textes octroyĂ©s par le Saint-SiĂšge pour l'usage des Francs. Leur connaissance du latin Ă©tait en rĂ©alitĂ© supĂ©rieure Ă celle des copistes romains commettant de nombreuses mĂ©prises[jf 1].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Texte intégral
[modifier | modifier le code]Document imprimé
[modifier | modifier le code]- HervĂ© Courau (abbaye Notre-Dame de Triors), Chant GrĂ©gorien et participation active, p. 35 - 47, Ăditions Pierre TĂ©qui, Paris 2004 (ISBN 978-2-7403-1136-3)
Lire en ligne
[modifier | modifier le code]- Inter plurimas pastoralis officii sollicitudines (1903) (en latin)
- Texte et traduction en français (La traduction de ce site et celle de Dom Courau sont identiques.)
Liens externes
[modifier | modifier le code]Références bibliographiques
[modifier | modifier le code]- Hervé Courau, Chant Grégorien et participation active, Paris, Pierre Téqui, , 48 p. (ISBN 978-2-7403-1136-3).
- Marie-Emmanuel Pierre, Cantabo Domino, Cours de chant grégorien, Plouharnel, Abbaye Saint-Michel de Kergonan, , 343 p. (ISBN 978-2-9525681-0-4)
- Denise Launay, La musique religieuse en France du Concile de Trente Ă 1804, Paris, SociĂ©tĂ© française de musicologie et Ăditions Klincksieck, , 583 p. (ISBN 2-85357-002-9 et 2-252-02921-8).
- â p. 66.
- Daniel Saulnier, Session de chant grégorien II, (lire en ligne)
- Daniel Saulnier, Session de chant grégorien III, (lire en ligne)
- â p. 17.
- Ătudes grĂ©goriennes, t. XXXIV, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre, 2006 - 2007, 175 p. (ISBN 978-2-85274-314-4).
- Ătudes grĂ©goriennes, t. XXXIX, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre, , 315 p. (ISBN 978-2-85274-207-9).
- â p. 293 - 294.
- Jean Favier, Charlemagne, Paris, Tallandier, coll. « Texto », , 769 p. (ISBN 979-10-210-0081-0).
- â p. 420.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â « La Basilique Papale de Ste Marie Majeure », sur vatican.va (consultĂ© le ).
- â (de) Eckhard Jaschinski (de), Kleine Geschichte der Kirchenmusik [« Petite histoire de la musique d'Ă©glise »], Fribourg, Herder, (ISBN 3-451-28323-9), p. 100.
- â Selon la tradition ancienne, les cĂ©lĂ©brations les plus solennelles se commencent en tant que vigiles, tout comme PĂąques, NoĂ«l. Richard H. Hoppin, La musique au Moyen Ăge, vol. 1, Editions Mardaga, , 640 p. (lire en ligne), chap. IV (« La musique des offices »), p. 116.
- â Les chroniques du grand jubilĂ© du Puy en 1864, , 105 p. (lire en ligne), p. 98.
- 1 2 3 4 (en) Pierre Combe, The Restoration of Gregorian Chant : Solesmes and the Vatican Edition, CUA Press, , 486 p. (lire en ligne), p. 159.
- â « Le votum de 1893 : avis donnĂ© par le cardinal Sarto en rĂ©ponse Ă une consultation du pape LĂ©on XIII sur la musique sacrĂ©e et un nouveau rĂšglement de celle-ci. Le cardinal trĂšs occupĂ© en raison de son Ă©lĂ©vation au patriarcat de Venise, s'Ă©tait largement inspirĂ© d'un mĂ©moire du PĂšre de Santi. Le votum forme plus tard la matiĂšre du Motu proprio de 1903. » (L'actualitĂ© du chant grĂ©gorien par un moine de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault, p. 3, ConfĂ©rence Ă la cathĂ©drale de Luçon, JournĂ©e du chant grĂ©gorien, le 30 septembre 2012)
- â Combe 2008, p. 155.
- â Georges de Nantes, « Saint Pie X, sauveur de lâĂglise », CRC, no 96,â , p. 12-14 (lire en ligne [archive du ]).
- â RenĂ© Bazin, Pie X, , p. 143 et 144, citations du livre Camille Bellaigue, Pie X et Rome, Paris, .
- â (it) Pie X, « Tra le sollecitudini », sur vatican.va, (consultĂ© le ).
- â (la) Pie X, « Inter plurimas pastoralis officii sollicitudines », sur vatican.va, (consultĂ© le ).
- â En fait, l'exĂ©cution du Sanctus Ă©tait traditionnellement compliquĂ©e, par exemple, parfois divisĂ©e. Voir l'article CĂ©rĂ©monial de ClĂ©ment VIII (1600).
- â Ădition mĂ©dicĂ©enne, publiĂ©e entre 1614 et 1615, et non en 1612.