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Sacerdoce

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Liturgie dans une Ă©glise orthodoxe de DĂŒsseldorf.

Le sacerdoce (du latin sacerdos, -otis) désigne, dans diverses religions, la fonction attribuée à une personne chargée de servir une divinité, de célébrer des rites ou de veiller à la relation entre la communauté et le sacré[1],[2].

Dans la Rome antique

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Dans la religion romaine, le sacerdoce est confiĂ© Ă  des prĂȘtres (sacerdotes) qui exercent des fonctions cultuelles reconnues par l’État. Ces prĂȘtres Ă©taient responsables des sacrifices, de l’entretien des temples et de l’interprĂ©tation des signes divins[3]. Le sacerdoce romain n’était pas rĂ©servĂ© Ă  une seule caste : il pouvait ĂȘtre exercĂ© par des magistrats, des citoyens choisis ou encore des membres de collĂšges sacerdotaux comme les pontifes, les augures ou les flamines[4].

Dans le christianisme

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Catholicisme

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Dans l’Église catholique, le sacerdoce est fondĂ© sur le sacrement de l’ordre. Par l’ordination, les prĂȘtres et les Ă©vĂȘques reçoivent la mission de cĂ©lĂ©brer l’Eucharistie, d’annoncer l’Évangile et d’exercer un rĂŽle pastoral auprĂšs des fidĂšles[5]. Le sacerdoce est considĂ©rĂ© comme une participation au ministĂšre du Christ, « unique prĂȘtre et mĂ©diateur »[6].

Protestantisme

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Dans le protestantisme, en particulier dans la tradition issue de Martin Luther, le concept de sacerdoce universel des croyants affirme que tous les fidĂšles ont un accĂšs direct Ă  Dieu sans mĂ©diation sacerdotale particuliĂšre[7]. Les ministres protestants exercent une fonction de prĂ©dication et d’enseignement, mais ils ne sont pas considĂ©rĂ©s comme dĂ©tenteurs d’un pouvoir sacramentel spĂ©cifique[8].

Dans d’autres traditions

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Dans d’autres religions, le sacerdoce prend des formes variĂ©es. Dans l’hindouisme, le rĂŽle sacerdotal est exercĂ©

Rome antique

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Dans la religion de la Rome antique, le prĂȘtre (en latin sacerdos, de sacer, sacrĂ©) est un personnage officiel chargĂ© du soin, de la surveillance et du contrĂŽle de tout ce qui concernait les Dieux, soit de tout objet ou de tout ĂȘtre qui leur appartenait, de tout acte qui s'adressait Ă  eux ou de tout phĂ©nomĂšne considĂ©rĂ© comme un signe particulier de leur volontĂ©.

Catholicisme

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L'unique sacerdoce du Christ et ses deux participations

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Dans le catholicisme, la Constitution Lumen Gentium (chapitre II) distingue deux types de sacerdoces :

Le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun des fidÚles participent de l'unique sacerdoce du Christ[9].

Dans le catholicisme, l'accÚs au sacerdoce ministériel est obtenu par le sacrement de l'ordination sacerdotale.

Par la consĂ©cration Ă©piscopale est confĂ©rĂ©e la plĂ©nitude du sacrement de l'ordre, que la coutume liturgique de l'Église dĂ©signe sous le nom de sacerdoce suprĂȘme du ministĂšre sacrĂ©[10].

Le sacerdoce est décrit ainsi[9] :

« Le sacerdoce commun des fidĂšles et le sacerdoce ministĂ©riel ou hiĂ©rarchique, qui ont entre eux une diffĂ©rence essentielle et non seulement de degrĂ©, sont cependant ordonnĂ©s l’un Ă  l’autre : l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu le sacerdoce ministĂ©riel jouit d’un pouvoir sacrĂ© pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rĂŽle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir Ă  Dieu au nom du peuple tout entier ».

Dans la Bible, nous retrouvons cette notion de distinction des sacerdoces dans la CĂšne, lors du lavement des pieds pendant lequel le dialogue entre JĂ©sus et Simon-Pierre renvoie explicitement au rite d'ordination des LĂ©vites : ce rite commence par le lavement (Exode 29,4) et la consĂ©quence en est le fait que la tribu des prĂȘtres LĂ©vites est exclue de l'hĂ©ritage des autres tribus (cf. Dt 10:9). La part des LĂ©vites, c'est Dieu lui-mĂȘme (cf. Dt 18:1-2). Or, c'est bien ce que dit JĂ©sus Ă  Simon-Pierre (Jn 13:8). La confirmation du lien entre ces deux rites est alors donnĂ©e par Simon-Pierre qui rĂ©pond : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tĂȘte ! » (Jn 13:9).

Ensuite, dans les Actes des ApÎtres, il y a la création des diacres, qui forment alors un échelon inférieur aux apÎtres, affecté au service des fidÚles. (Ac 6).

Et dans le corpus paulinien, en particulier les deux Épitres Ă  TimothĂ©e, nous dĂ©couvrons les ordres d'Ă©vĂȘque (Épiscope = le gardien) et de prĂȘtre (Presbytre = l'ancien), ainsi que l'ordre hiĂ©rarchique entre eux : l'Ă©vĂȘque a la charge de veiller aussi bien sur les fidĂšles que sur les prĂȘtres. Paul de Tarse enseigne Ă©galement que l'ordination se fait par l'imposition des mains.

Comme le dit le concile Vatican II dans Lumen gentium, les deux formes de sacerdoce, commun pour les fidĂšles et ministĂ©riel pour les clercs, forment une unitĂ© dans le Christ. C'est ce que dit Paul de Tarse dans l'analogie au Corps, donnant la thĂ©ologie du Corps Mystique : la diversitĂ© des sacerdoces et des charismes est comparable Ă  la diversitĂ© des membres d'un mĂȘme corps. Dans cette perspective, le Christ est la tĂȘte de ce Corps Mystique, les clercs le cou, les fidĂšles formant les diffĂ©rents membres selon leurs charismes propres. (cf. 1 Co 12 dans son ensemble et en particulier 1 Co 12:12).

Protestantisme

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Le sacerdoce universel

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C'est Luther qui thĂ©orise la doctrine du sacerdoce universel. C'est Ă  l'occasion de trois Ă©crits datant de 1520 (Lettre Ă  la noblesse chrĂ©tienne de la nation allemande, De la captivitĂ© babylonienne de l'Église et TraitĂ© de la LibertĂ© chrĂ©tienne)[11] qu'il dĂ©veloppe et prĂ©cise sa doctrine relative au sacerdoce. À cette occasion, il critique vivement la position de l'Église catholique vis-Ă -vis de sa conception du ministĂšre. Il voit dans la distinction entre Ă©tat laĂŻc et Ă©tat ecclĂ©siastique « une fine subtilitĂ© et une belle hypocrisie »[12].

Pour le rĂ©formateur, l'Église catholique a créé une distinction qui ne se justifierait pas thĂ©ologiquement.

« Ce que fait le Pape ou l’ÉvĂȘque, l’onction, la tonsure, l’ordination, la consĂ©cration, le costume, diffĂ©rent de la tenue laĂŻque, peuvent transformer un homme en cagot, ou en idole barbouillĂ©e d’huile, mais ils ne font pas le moins du monde un membre du sacerdoce ou un chrĂ©tien. En consĂ©quence, nous sommes absolument tous consacrĂ©s prĂȘtres par le baptĂȘme comme le disait saint Pierre. »[13].

Il estime que les chrĂ©tiens sont tous placĂ©s sur un pied d'Ă©galitĂ© puisqu'ils sont unis par un mĂȘme baptĂȘme et une mĂȘme foi (fondĂ©e sur un mĂȘme Évangile). ConformĂ©ment au Sola scriptura (l'un des cinq principes fondateurs du protestantisme), Luther fonde sa critique sur un passage biblique (qu'il vise explicitement dans son texte) : 1 Pierre, 2:9.

« Vous, par contre, vous ĂȘtes une race Ă©lue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple rachetĂ©, afin d'annoncer les vertus de celui qui vous a appelĂ©s des tĂ©nĂšbres Ă  son admirable lumiĂšre »[14].

Cet extrait de l'Ă©pĂźtre de saint Pierre (en combinaison avec d'autres sources scripturaires, telles que I Cor. 12) lui permet d'affirmer que chaque fidĂšle est consacrĂ© prĂȘtre par le baptĂȘme et a vocation Ă  participer au ministĂšre.

Cette conception du sacerdoce dĂ©coule assez naturellement de la critique protestante Ă  l'Ă©gard du rĂŽle de l'Église. Venant au soutien de l'idĂ©e que les fidĂšles ont une relation directe avec Dieu (sans l'intermĂ©diation nĂ©cessaire de l'Église) et qu'il ne saurait y avoir de monopole d'interprĂ©tation des Ă©critures[15], la doctrine du sacerdoce universel participe d'une remise en cause d'une partie de la structure de la sociĂ©tĂ© du XVIe siĂšcle[16].

La doctrine du sacerdoce universel est aujourd'hui encore l'un des principes essentiels de la foi protestante[17].

Le maintien des ministĂšres

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Si la conception du sacerdoce Ă©laborĂ©e par Luther a pu ĂȘtre dĂ©crite, de prime abord, comme susceptible de faire disparaĂźtre toute organisation du clergĂ© et du systĂšme clĂ©rical (notamment chez Érasme[18]), elle n'a pourtant pas conduit les protestants Ă  rejeter toute forme de ministĂšre.

Bien que l'organisation rĂ©elle du ministĂšre puisse diffĂ©rer en fonction des diffĂ©rentes dĂ©nominations du protestantisme, l'existence d'un ministĂšre pastoral est un invariable du protestantisme. Luther lui-mĂȘme considĂ©rait que le sacerdoce universel ne devait pas conduire Ă  la disparition de toute forme de ministĂšre :

« S'il est vrai que nous sommes tous Ă©galement prĂȘtres, nous ne pouvons cependant pas tous ĂȘtre chargĂ©s du service et de l'enseignement publics. »[12]

Les protestants conservent donc une certaine forme de structuration, sans que celle-ci ne puisse ĂȘtre complĂštement assimilĂ©e Ă  un clergĂ©. NĂ©anmoins, l'importance du pasteur n'est pas tout Ă  fait identique dans les courants d'inspiration luthĂ©rienne et dans les courants d'inspiration rĂ©formĂ©e. Alors que chez les premiers le pasteur peut apparaĂźtre comme fortement mis en valeur, chez les seconds, il n'est lĂ  que pour des questions pratiques, de bonne organisation de la vie cultuelle[18].

Il n'en demeure pas moins que chaque croyant peut, sur le fondement du sacerdoce universel, prĂ©tendre Ă  un ministĂšre (pastoral, presbytĂ©ral, etc.), en fonction de ses compĂ©tences ou aptitudes particuliĂšres afin de participer Ă  la vie de son Église[19].

Notes et références

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  1. ↑ EncyclopĂŠdia Universalis, « Sacerdoce », consultĂ© en fĂ©vrier 2025.
  2. ↑ Treccani, « Sacerdozio », Dizionario di Storia, Rome, 2010.
  3. ↑ John Scheid, La religion des Romains, Paris, Fayard, 2003.
  4. ↑ Jean Bayet, La religion romaine, Paris, Payot, 1971.
  5. ↑ CatĂ©chisme de l’Église catholique, Paris, Mame/Plon, 1992, § 1536-1600.
  6. ↑ Jean-Paul II, Pastores dabo vobis, exhortation apostolique, 1992.
  7. ↑ Martin Luther, De la libertĂ© du chrĂ©tien, 1520.
  8. ↑ AndrĂ© Gounelle, Le protestantisme, Paris, PUF, 2004.
  9. 1 2 Lumen Gentium 10
  10. ↑ Lumen Gentium 21
  11. ↑ « Le sacerdoce universel », sur andregounelle.fr (consultĂ© le )
  12. 1 2 Luther., Luther : ƒuvres, Vol. 2., Éditions Gallimard, (ISBN 978-2-07-011535-8 et 2-07-011535-6, OCLC 987722075, lire en ligne)
  13. ↑ Maurice Gravier, Les Grands Ă©crits rĂ©formateurs ; A la noblesse chrĂ©tienne de la nation allemande ; La libertĂ© du chrĂ©tien, GF Flammarion, (ISBN 2-08-070661-6 et 978-2-08-070661-4, OCLC 29367485, lire en ligne)
  14. ↑ La Sainte Bible : traduite d'aprĂšs les textes originaux hĂ©breu et grec., Alliance Biblique Universelle, (ISBN 2-85300-059-1 et 978-2-85300-059-8, OCLC 43704153, lire en ligne)
  15. ↑ « « Sacerdoce universel » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consultĂ© le )
  16. ↑ Daniel Marguerat, « Le sacerdoce universel, principe ecclĂ©siologique protestant. Luther et la lecture de 1 Pierre 2,4-10 », Lateranum, vol. 84, no 1,‎ , p. 165-184 (ISSN 1010-7215, lire en ligne [PDF])
  17. ↑ « Protestantisme | FĂ©dĂ©ration Protestante de France », sur AssoConnect (consultĂ© le )
  18. 1 2 « Le sacerdoce universel », sur Regards protestants (consulté le )
  19. ↑ Eglise protestante unie de France, « Ce que nous croyons », sur Eglise protestante unie de France (consultĂ© le )

Articles connexes

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Liens externes

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