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Retraite-chapeau

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Une retraite-chapeau est une retraite financée intégralement par l'entreprise qui est exonérée, actuellement en France, de cotisations sociales et de la contribution sociale généralisée. Selon les définitions établies, il s'agit d'un systÚme collectif de pension à prestations définies réservé à certains mandataires sociaux ou aux cadres supérieurs ou encore à certaines catégories de salariés. Parmi les outils de la rémunération globale[1], il s'agit du plus fidélisant à long terme, l'avantage de retraite supplémentaire n'étant acquis qu'en cas de présence dans l'entreprise jusqu'au jour de la retraite.

Les retraites chapeaux, encore dites supplémentaires ou sur-complémentaires, font partie des systÚmes de retraite géré en capitalisation, c'est-à-dire avec constitution de réserves financiÚres, par opposition aux systÚmes de retraite gérés en répartition.Les provisions mathématiques accumulées pendant les années de service doivent permettre le service d'une rente viagÚre à partir de la cessation d'activité, éventuellement réversible au conjoint. Le niveau des rentes est généralement déterminé, contractuellement, en fonction des salaires des derniÚres années (incluant la partie variable ou non). L'organisation et le contrÎle d'un régime collectif de retraite à prestations définies est confié pour les sociétés cotées au comité de rémunération du conseil d'administration ou du conseil de surveillance. Celui-ci peut également mettre en place un régime de retraite à cotisations définies qui ne donne pas de garantie de niveaux des pensions. Les fonds de pension comprennent l'ensemble des régimes de retraite à cotisations définies et à prestations définies et figurent parmi les principaux investisseurs institutionnels dans le monde. Les fonds de pension détiennent 1/3 de la capitalisation mondiale « actions ».

SystĂšme juridique et fiscal

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La retraite-chapeau est soumise Ă  une contribution au fonds de solidaritĂ© vieillesse de 12 Ă  24 %. Le montant des pensions est garanti sur la base des trois derniers salaires (primes comprises). Le projet Ă©laborĂ© par Éric Woerth visait Ă  taxer les bĂ©nĂ©ficiaires Ă  hauteur de 14 %. En , elle est taxĂ©e Ă  68 %, qui pourrait augmenter si la taxe Ă  75 % est votĂ©e[2].

Ce dispositif vise à compenser la fin d'activité des dirigeants ; en effet, au-delà de 8 fois le plafond de la Sécurité sociale[3], le montant de la rémunération n'est plus pris en compte pour le calcul des pensions classiques (Sécurité sociale, Agirc-Arrco).

Approuvé par le deuxiÚme gouvernement Ayrault, le code Afep-Medef encadre les décisions concernant les retraites-chapeau, les entreprises ayant la possibilité de s'autoréguler sur ce sujet[4],[5].

Le code de commerce contient diverses dispositions relatives aux systÚmes de retraite gérés en capitalisation. On trouve l'application des rÚgles de transparence dans les documents annuels de référence déposés par les sociétés cotées auprÚs de l'AMF, en particulier dans les notes comptables et les dispositions relatives à la gouvernance.

Contrairement aux retraites gérées en cotisations définies, les retraites chapeaux impliquent l'inscription d'un passif social à la charge de l'entreprise employeur, dont l'évaluation, le contrÎle et la gouvernance reposent sur certaines normes comptables internationales (de type IFRS ou FASB)[6]

Le droit existant

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Le terme « retraites-chapeau » recouvre en fait plusieurs régimes juridiques différents :

  1. Les régimes de retraite supplémentaire à prestations définies dans leur ensemble : ce sont des régimes par lesquels un employeur s'engage directement à verser à ses salariés un complément de retraite sous forme de rente viagÚre et dont le montant est fixé contractuellement. Ces régimes sont couramment désignés sous l'appellation « régimes article 39 » en référence à l'article du code général des impÎts qui définit les rÚgles de déductibilité fiscale des charges des entreprises.
  2. Les rĂ©gimes de retraite supplĂ©mentaire diffĂ©rentielle Ă  prestations dĂ©finies. La rente perçue dans les systĂšmes de retraites Ă  prestations dĂ©finies peut ĂȘtre additionnelle ou diffĂ©rentielle. Dans ce dernier cas, les rĂ©gimes garantissent aux bĂ©nĂ©ficiaires un niveau de retraite global, tous rĂ©gimes confondus.
  3. Les rĂ©gimes de retraite supplĂ©mentaire Ă  prestations dĂ©finies et Ă  droits alĂ©atoires : le droit Ă  prestations est conditionnĂ© Ă  l'achĂšvement de la carriĂšre du bĂ©nĂ©ficiaire dans l'entreprise. Il existe donc un alĂ©a quant au versement des rentes qui peuvent ĂȘtre additionnelles ou diffĂ©rentielles. Si le salariĂ©, ou le mandataire social, n'achĂšve pas sa carriĂšre dans l'entreprise, il ne perçoit pas cette retraite supplĂ©mentaire. Ces rĂ©gimes relĂšvent de l'article L. 137-11 du code de la sĂ©curitĂ© sociale qui dĂ©termine le rĂ©gime social des versements de l'employeur.

Les multinationales françaises ont gĂ©nĂ©ralisĂ© le rĂ©gime dĂ©rogatoire de retraite-chapeau : 761 prĂ©sidents et directeurs gĂ©nĂ©raux en bĂ©nĂ©ficient actuellement ; les trente retraite-chapeau les mieux payĂ©es toucheraient 720 000 € en moyenne au [7].

Placés sous la décision et le contrÎle des comités de rémunération, les régimes de retraite à prestations définies pose de délicats problÚmes de gouvernance en raison des normes comptables applicables sur un plan international (FASB 87 et IAS 19)[8]. Les décisions désormais rendues publiques doivent se conformer à des principes généraux de transparence(Say on pay ou comply or explain) ou à des codes de type AFEP-Medef pour la France[9]. L'Autorité des Marchés Financiers fait un rapport annuel pour les sociétés cotées en France.

D'importants progrÚs restent à réaliser en ce qui concerne les critÚres d'attribution des retraites chapeaux, leurs modes de gestion financiÚre et la cohérence globale des rémunérations sur un plan transnational[10].

Bibliographie

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  • Jean François Gavanou et GĂ©rard Valin, Gouvernance sociale et fonds de pension, Economica, 2006, (ISBN 2-7178-4884-3)

Notes et références

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  1. ↑ GĂ©rard Valin, « La rĂ©munĂ©ration globale », Revue Française de Gouvernance d'entreprise, no 3,‎
  2. ↑ Marie-CĂ©cile Renault, « Alors que le cas Varin est rĂ©glĂ©, la majoritĂ© se divise sur la nĂ©cessitĂ© d'une loi sur la rĂ©munĂ©ration des patrons », in Le Figaro, encart « Économie », vendredi 29 novembre 2013, pages 18-19.
  3. ↑ 300 384 € en 2014
  4. ↑ Pierre Gattaz et Pierre Pringuet, interviewĂ©s par Bertille Bayart, Jacques-Olivier Martin et Marie-CĂ©cile Renault, « Nous considĂ©rons que le geste de Philippe Varin a clos le dĂ©bat », in Le Figaro, encart « Économie », vendredi 29 novembre 2013, page 18.
  5. ↑ « Projet de loi de finances pour 2011 », sur senat.fr (consultĂ© le ).
  6. ↑ GĂ©rard Valin, « Qu'est-ce-que la gouvernance sociale? », Lettre Vernimmen, no 37,‎
  7. ↑ Bruno Declairieux, Les retraites en or des grands patrons, Capital, aoĂ»t 2010, pages 94 Ă  97.
  8. ↑ Jean François Gavanou GĂ©rard Valin, Gouvernance sociale et fonds de pension, Paris, Economica, , 300 p. (ISBN 2-7178-4884-3)
  9. ↑ GĂ©rard Valin, « RĂ©munĂ©rations des dirigeants :erreurs comptables et rĂ©cupĂ©ration politique », Cahier des professions financiĂšres,‎
  10. ↑ GĂ©rard Valin, « RĂ©flexions sur les rĂ©munĂ©rations des dirigeants et des traders », Allemagne d'aujourd'hui, no 199,‎ , p. 98-111 (ISSN 0002-5712)