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Remparts de Vence

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Remparts de Vence
Porte du Signadour, vue de l'extérieur de la cité.
Présentation
Destination initiale
Style
Rempart médiéval
Construction
XIIIe siècle
Propriétaire
Commune
Patrimonialité
Localisation
Région
Département
Commune
Coordonnées
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Plan sommaire du centre historique de la ville de Vence avec un trait rouge circulaire qui représente les remparts.
Les remparts de Vence.

Les remparts de Vence, construits probablement au XIIIe siècle[1], constituent une enceinte entourant le centre historique de Vence dans les Alpes-Maritimes[2]. Ils ont une forme elliptique d'une longueur de 600 m et comportent cinq portes. Tout le long des remparts, des immeubles ont été construits. Les crénelages et des éléments constructifs des remparts sont encore visibles sur plusieurs façades.

Le château des Villeneuve, dont la façade est intégrée aux remparts, abrite aujourd'hui le musée de Vence. Il a été édifié au XVIIe siècle, sans doute sur un logis médiéval datant de la tour du Peyra érigée avec l'enceinte et accolée au château.

Cadre historique

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Vence, comme toutes les cités antiques devient le siège d'un évêché. Les premiers évêques de l'évêché de Vence pourraient avoir exercé dès le IVe siècle, mais un évêque est attesté au Ve siècle avec les évêques Severus (cité en 419 et 442) et Véran (cité en 451 et 465).

Les passages des Lombards en 578, puis des Sarrasins au IXe siècle et Xe siècle, ont entraîné des destructions. Les Sarrasins sont vaincus par le comte de Provence Guillaume Ier et le comte de Turin Ardouin à la bataille de Tourtour en 973. Les seigneuries des terres conquises en Provence orientale sont réparties entre les vainqueurs.

En 1191, la république de Gênes s'est vu accorder la ville et le territoire de Monaco par l'empereur Henri VI. La république a alors l'ambition d'étendre ses possessions sur tout le littoral jusqu'au Var. Elle suscite une rébellion contre les comtes de Provence dans la ville de Nice avec l'appui de quelques aristocrates[3]. Le , le parti d'aristocrates niçois prend le contrôle de Nice et proclame l'indépendance de la ville par rapport au comte de Provence. En 1220, le comte de Provence Raimond-Bérenger IV ou V (1198-1245) se marie avec Béatrice de Savoie, fille du comte Thomas Ier. La ville de Nice conclut une alliance avec les villes de Grasse et de Draguignan et signe en une convention avec la république de Pise. C'est à ce moment-là que l'armée du comte de Provence commandée par Romée de Villeneuve (1170-1245) se présente le long du Var. Le parti opposé à l'indépendance de Nice négocie avec Romée de Villeneuve une capitulation de la ville avec confirmation des conditions du traité passé en 1176 avec Alphonse II d'Aragon, roi d'Aragon, comte de Barcelone et comte de Provence sous le nom Alphonse Ier de Provence. Cet accord est conclu dans un acte passé le devant le notaire Guillaume Tery de Nice.

En 1230, le comte de Provence Raimond-Bérenger V se rend maître du territoire de Vence avec l'aide de Romée de Villeneuve[réf. souhaitée], viguier et baile de Provence[4]. Après la reprise de Nice, Romée de Villeneuve reçoit de Raimond-Bérenger V, les terres situées autour de Vence sur lesquelles il construit le château aujourd'hui situé à Villeneuve-Loubet.

L'acte de donation est ainsi rédigé[5] :

« Item, de la manière susdite, nous te donnons et cédons la cité de Vence et tout ce que nous y avons et possédons, ou quasi, à savoir l'albergue[N 1] et les cavalcades[N 2], cavalcades que toi et tes successeurs serez tenus de servir à nous et à nos successeurs pour la susdite cité ; en outre, le dominium[N 3] que nous avons ou sommes connus avoir sur tous et chacun des seigneurs de la devant dite cité.
Item, nous te donnons les droits de justice, les questes[N 4] et tous les revenus de la devant dite cité, sauf la haute justice que les gouvernants de la Provence n'ont jamais déléguée à quiconque. »

— Bertrand de Comps, notaire public de messire Raimond-Bérenger, par la grâce de Dieu, comte et marquis de Provence et comte de Forcalquier, acte de donation fait à Nice le .

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La famille de Villeneuve reste seigneur de Vence ; les droits étaient partagés avec les évêques de Vence[réf. nécessaire].

Origine de la construction

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Les remparts sont complètement intégrés dans la façade des immeubles.
Les remparts intégrés dans la façade des immeubles.

La cité médiévale de Vence est entourée d'une enceinte grossièrement rectangulaire avec des angles très arrondis, entourant une surface de 200 m par 150 m[1]. Dans cette enceinte se trouvent deux édifices importants. D'une part la cathédrale de Vence, au centre de la cité[2] et d'autre part le château des Villeneuve, près de la porte du Peyra[2].

Il y a peu de textes d'époque permettant de retracer l'histoire de la ville de Vence et de la construction des remparts. Le plus ancien texte disponible est celui écrit en 1860 par l'abbé Eugène Tisserand, mais il n'évoque pas l'origine de la création des remparts[7].

Jacques Daurelle en 1934 indique : « Un document infiniment précieux nous permet déjà de savoir qu'ils [les remparts] datent des Romains. Dans un mémoire adressé au Roi par la communauté de Vence pour obtenir la cassation d'un arrêt du Parlement d'Aix, rendu le , et qui attribuait la propriété des « Regales[à définir] mineures » au seigneur Évêque et au seigneur baron de Vence, on lit : « L'année suivante (1590) la Communauté fit faire des réparations à un édifice appelé la Crotte. C'était une voûte qui servait de grenier du temps des Romains […] » Ainsi, pas de doute possible : les remparts existaient du temps des Romains. Bien entendu, ils ont subi à travers les siècles des destructions et des réfections. On peut présumer, toutefois, que leur base jusqu'à une certaine hauteur, est un ouvrage romain. Les meurtrières et les créneaux doivent dater du XIIIe siècle, comme ceux d'Aigues-Mortes, de Carcassonne, d'Avignon, etc. »[8]. Ainsi, la seule source citée est une source de 1762 dont on peut contester la fiabilité.

Philippe Pergola s'interroge sur la période de construction de l'enceinte : « Nous n'avons actuellement que des données relatives au Moyen Âge ; il s'agit de découvrir si la ville eut des fortifications antérieures, à l'époque romaine ou plus tardives ; rien ne permet de le dire actuellement. »[9].

Denise Humbert indique : « Il est peu probable qu'ils [les remparts] aient été élevés du temps de Romée lui-même ; c'était une époque de réorganisation administrative et les communes voyaient leurs libertés restreintes. Il n'est pas impossible qu'ils étaient commencés avant lui, c'est-à-dire à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle, mais il s'agirait alors des murs seuls et non de leur couronnement ni des portes ; celles-ci, on le verra, ne peuvent être antérieures à la fin du XIIIe siècle. Il est plus logique de supposer que l'ensemble a été élevé, en plusieurs campagnes, dans le dernier tiers du XIIIe siècle, sous les premiers successeurs de Romée, l'obscur Paul, dont on ne connaît qu'un acte et Pierre qui ne semble guère avoir résidé dans sa baronnie[10]. »

Finalement, c'est une analyse fine des éléments d'architecture médiévale visibles, réalisée en 2012 par Jean-Claude Poteur, qui lui permet d'indiquer que l'enceinte a dû être construite en 1230 et 1245 sous les ordres de Romée de Villeneuve