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Plasmocyte

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Plasmocyte à courte durée de vie

Les plasmocytes sont des cellules terminales effectrices responsables de la production d’anticorps circulants, qui assurent la protection contre les agents pathogènes envahissants[1].

Le terme de plasmocyte regroupe deux types de cellules productrices d'anticorps : le plasmocyte à brève durée de vie (plasmoblaste à courte durée de vie dans la littérature scientifique en langue anglaise) et le plasmocyte à longue durée de vie.

Le plasmocyte à brève durée de vie, le plasmocyte à longue durée de vie avec le lymphocyte B « mémoire » sont le résultat d'un long processus de maturation , d'action et de sélection des lymphocytes B naïfs destinés à produire des anticorps ayant une affinité élevée envers un pathogène.

Récemment[C'est-à-dire ?] la recherche souligne que les plasmocytes ne sont pas que de simples producteurs d'anticorps mais participent aussi à l'hématopoïèse, la lymphopoïèse, la lutte anti-infectieuse (indépendamment de la production d'anticorps) et au maintien de l'homéostasie intestinale.

Description

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Ce sont des cellules basophiles, hormis à proximité de leur noyau, région qui est nommée archoplasme. Cette basophilie est due à la présence d'un abondant réticulum endoplasmique, riche en ARN, servant à la production massive d'immunoglobulines ou anticorps. L'archoplasme, du grec archos (« chef, guide ») et de plasmos (« chose »), est la partie juxtanucléaire du plasmocyte. Seule région non basophile, elle n'est donc pas colorée par les colorants usuels en microscopie optique et elle apparaît translucide. En microscopie électronique, on peut y voir l'appareil de Golgi.

Le terme de cellule plasmatique a été introduit par l'anatomiste Wilhelm Waldeyer en 1875, mais il est douteux qu'il ait réellement fait référence aux mêmes cellules que celles connues aujourd'hui comme les cellules plasmatiques sécrétrices d'anticorps. En 1895, Marshalko décrivit des cellules ovales avec un cytoplasme fortement basophile et un noyau excentré contenant une hétérochromatine grossière, ce qui correspond bien à la définition morphologique actuelle du plasmocyte[2]. En français, l’usage du mot « plasmocyte » semble attesté à la fin du XIXᵉ siècle : dans le dictionnaire de Université de Sherbrooke, l’étymologie donne 1897 comme date d’apparition[3]. Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales indique que le mot plasmocyte est inscrit dès 1903 dans le Nouveau Larousse illustré.

Son rôle de cellule sécrétrice d'anticorps fut démontré, pour la première fois en 1947[4], par Max Cooper et Robert Good identifièrent les lymphocytes (appelés plus tard lymphocytes B) dans la Bourse de Fabricius du poulet, qui est l'équivalent de la moelle osseuse humaine, comme le précurseur des plasmocytes[5].

Pendant de nombreuses années, l'opinion générale était que les plasmocytes avaient une durée de vie brève car elles ne pouvaient survivre que quelques jours in vitro. Par conséquent, il était postulé que les plasmocytes étaient renouvelés par l'activation constante des lymphocytes B « mémoire »[5],[6].

En 1997 et 1998, plusieurs équipes médicales mirent en évidence que des plasmocytes spécifiques de l'antigène généré étaient maintenus dans la moelle osseuse jusqu'à 120 jours sans prolifération[7],[8] et que ces plasmocytes pouvaient persister dans la moelle osseuse murine pendant plus d'un an, même si leurs précurseurs étaient bloqués[9]. En 2017, le chercheur Hammarlund a observé, pendant plus d'une décennie malgré l'épuisement des lymphocytes B « mémoire », la survie, induite par la vaccination, de plasmocytes spécifiques de l'antigène dans la moelle osseuse de macaques rhésus ; une espèce dont les plasmocytes ont une durée de vie similaire à celle des plasmocytes humains[10].

Les cellules productrices d'anticorps

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Les cellules sécrétrices d’anticorps englobent à la fois des cellules prolifératives (plasmoblastes), à différents stades de leur différenciation à partir de cellules naïves ou « mémoire », et des plasmocytes matures, quiescents. Il existe une séparation anatomique entre les sites où les plasmocytes sont générés (sites d’induction) et les tissus où ils migrent, sécrètent des anticorps et persistent à long terme (sites effecteurs).

Différenciation des lymphocytes B naïves en plasmocytes à longue durée de vie et en plasmocytes à courte durée de vie Dans la phase initiale de la réponse immunitaire à un antigène dépendant des lymphocytes T, les lymphocytes B naïfs répondants apparaissent dans la zone T du ganglion lymphatique (en haut à gauche), où leur développement et leur différenciation sont facilités par les cytokines sécrétées par les lymphocytes T. Les lymphocytes B entrent dans la voie extrafolliculaire et subissent une activation du récepteur des lymphocytes B (BCR) en rencontrant des antigènes portés par les cellules dendritiques folliculaires. Ils présentent ensuite ces antigènes aux lymphocytes T folliculaires auxiliaires via le Complexe Majeur d'Histocompatibilité de classe II (CMH-II). La voie extrafolliculaire donne naissance à des plasmoblastes à brève durée de vie qui migrent vers la périphérie, et à des lymphocytes B « mémoire » indépendants des centres germinatifs. Dans une seconde phase, les lymphocytes B activés pénètrent dans la zone sombre du centre germinatif, où ils subissent des mutations (un processus appelé hypermutation somatique) et prolifèrent en formant un clone (on les appelle alors centroblastes). Les lymphocytes B alternent entre la zone sombre et la zone claire (où ils sont appelés centrocytes). Le cycle dynamique du centre germinatif permet de sélectionner, dans la zone claire, les centrocytes en fonction de l’affinité de leur récepteur des lymphocytes B. Les lymphocytes B de faible affinité qui ne présentent pas efficacement l’antigène via leur récepteur des lymphocytes B entrent en apoptose. En revanche, les lymphocytes B capables de présenter l’antigène reçoivent une aide des lymphocytes T folliculaires auxiliaires via le CD40L et l'IL-21. Les produits finaux de la réaction du centre germinatif sont des lymphocytes B « mémoire » et des plasmocytes à longue durée de vie. Les lymphocytes B « mémoire » issus du centre germinatif migrent en périphérie et réintègrent le centre germinatif lors d’une nouvelle stimulation du récepteur des lymphocytes B. Les plasmocytes à longue durée de vie quittent le centre germinatif et trouvent une niche de survie, typiquement dans la moelle osseuse.

Les cellules productrices d'anticorps des voies extrafolliculaires ou folliculaires sont grossièrement réparties en deux catégories : les plasmoblastes à durée de vie brève , les plasmocytes à durée de vie longue. Ces catégories correspondent, en cytométrie en flux, à des phénotypes distincts [11] :

  • les plasmoblastes à durée de vie brève : CD20⁻, CD19moyen/+, IgD⁻, CD27hi, CD38hi (certains, mais pas tous, sont CD138⁺),
  • les plasmocytes à longue durée de vie : CD20⁻, CD19⁻, CD38hi, CD138⁺

Cependant, la différenciation des cellules B vers des lymphocytes à longue durée de vie à haute affinité forme en réalité un continuum phénotypique, qui n'entre pas parfaitement dans ces deux catégories. Le répertoire primaire des cellules B naïves garantissent la capacité de répondre à pratiquement n’importe quel pathogène ou antigène, conduisant à la génération de cellules B « mémoire » et de plasmocytes à brève ou longue durée de vie. Lors de l’activation initiale, les cellules B peuvent se différencier rapidement via la voie extrafolliculaire (en dehors du centre germinatif) en cellules sécrétrices d’anticorps à brève durée de vie, qui présentent généralement une faible affinité pour l’antigène, peu de mutations somatiques, et assurent une protection rapide contre les pathogènes.

Plus tard, ou en tant que voie alternative, les cellules B peuvent migrer vers le centre germinatif en réponse à des antigènes dépendants des lymphocytes T, où elles subissent l’hypermutation somatique et la maturation d’affinité. Dans ce processus, les cellules B ayant une affinité plus élevée pour l’antigène sont sélectionnées pour se différencier en cellules B « mémoire » et en plasmocytes à longue durée de vie, assurant l’établissement d’une mémoire humorale spécifique et durable.

Si une cellule B naïve mature rencontre un antigène, elle peut être activée et se différencier soit via la voie extrafolliculaire, soit via la voie du centre germinatif. Les réponses extrafolliculaires peuvent être indépendantes ou dépendantes du lymphocyte T, tandis que la réponse du centre germinatif est toujours dépendante du lymphocyte T.

Réponse extrafolliculaire

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Peu après une exposition à un antigène dépendant des lymphocytes T, les lymphocytes B et T activées se situent à la jonction follicule B/zone T du ganglion[12].

La réponse humorale initiale implique la différenciation de lymphocytes B en plasmocyte à courte de vie avec l’aide des cellules T folliculaires auxiliaires dans des sites extrafolliculaires [13].

Ces réponses extrafolliculaires génèrent les anticorps précoces, environ 4 jours à 1 semaine après l’exposition[13],[14].

Dans une réponse stanfard, la réponse extrafolliculaire cède ensuite la place à la réponse du centre germnatif. Cependant, dans certaines réponses non standard — infections à Salmonella[15], Borrelia[16], synovite des patients arthritiques[17], souris prédisposées au lupus[18] — cette réponse persiste. Les caractéristiques classiques du centre germinatif (hypermutation somatique, commutation isotypique, production de lymphocyte B à mémoire) peuvent exister dans les réponses extrafolliculaires, mais de façon moindre[15],[17],[18]. La réponse extrafolliculaire est considérée comme une réponse de faible spécificité mais détectable[19],[20].

Réponse folliculaire

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Le développement de la mémoire immunitaire B et la différenciation des lymphocytes B en plasmocytes à longue durée de vie à haute affinité ont principalement lieu dans les tissus lymphoïdes secondaires — spécifiquement les follicules (follicules B) des ganglions lymphatiques ou de la rate, qui abritent des structures appelées centres germinatifs. Après la réponse initiale des lymphocytes B, l’initiation des centres germinatifs est orchestrée par divers types cellulaires : lymphocytes B, lymphocytes T auxiliaires (notamment les lymphocytes T auxiliaires induites par Bcl-6), cellules dendritiques folliculaires, macrophages, ainsi que par des cytokines telles que l’interleukine-6[21],[22],