Optant
Un optant est un Lorrain ou un Alsacien qui a choisi de rester Français soit en restant en France non annexée soit en quittant les territoires cédés par la France en 1871 à la suite de la guerre franco-allemande de 1870 pour conserver la nationalité française.
Choix de la nationalité française
[modifier | modifier le code]En exécution de l'article 2 du traité de Francfort du [1] signé avec l'Allemagne, les personnes nées dans les communes cédées peuvent conserver la nationalité française s'ils quittent la région avant le . Ils sont plus de 125 000 selon Delphine Diaz[2] à choisir cette solution et à avoir effectivement quitté les départements de Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sur 1 597 000 habitants dans les provinces cédées. Les chiffres sont cependant flous et difficiles à évaluer, certains sites, notamment les archives du Bas-Rhin[3], parlent de 388 000 fiches d'optants. La France institue une bourse d'études destinée à rendre la clause de départ plus attractive et plus accessible aux familles les plus modestes[réf. nécessaire]. Ces derniÚres en effet, qui ne disposaient souvent pas des moyens financiers suffisants pour abandonner leur région natale, continuÚrent toutefois à voter majoritairement pour des députés protestataires au Reichstag[réf. nécessaire]. Deux centres d'accueil d'optants sont mis en place à Nancy et Belfort[4].
Impact de l'arrivée des optants à Nancy
[modifier | modifier le code]Ă la suite du fort accroissement de la population principalement dĂ» Ă l'arrivĂ©e d'optants Ă Nancy (la population passe de 52 978 en 1872 Ă 66 303 en 1876, soit une augmentation de 25 %), les besoins en eaux de la ville augmentent considĂ©rablement. Les eaux de source Ă©tant polluĂ©es et engendrant des Ă©pidĂ©mies rĂ©guliĂšres de typhus ou de typhoĂŻde, Ădouard Imbeaux et François Villain sont chargĂ©s de la rĂ©alisation d'une galerie de captation des eaux souterraines du plateau de la ForĂȘt de Haye pour fournir une eau de boisson de qualitĂ© Ă la population nancĂ©ienne[5].
Choix de la nationalité allemande
[modifier | modifier le code]L'article 1 de la convention additionnelle du [6] donne aux Lorrains et aux Alsaciens qui résident dans une commune conservée par la France ou à l'étranger la possibilité d'opter pour la nationalité française ou allemande par une simple déclaration auprÚs de leur mairie de résidence. Ceux qui choisirent la nationalité allemande étaient principalement des détenus et des militaires conscrits[7]. Ils furent environ 2 900 à choisir cette option.
Références
[modifier | modifier le code]- â Article 2. - Les sujets français, originaires des territoires cĂ©dĂ©s, domiciliĂ©s actuellement sur ce territoire, qui entendront conserver la nationalitĂ© française, jouiront, jusqu'au , et moyennant une dĂ©claration prĂ©alable faite Ă l'autoritĂ© compĂ©tente, de la facultĂ© de transporter leur domicile en France et de s'y fixer, sans que ce droit puisse ĂȘtre altĂ©rĂ© par les lois sur le service militaire, auquel cas la qualitĂ© de citoyen français leur sera maintenue. Ils seront libres de conserver leurs immeubles situĂ©s sur le territoire rĂ©uni Ă l'Allemagne. Aucun habitant des territoires cĂ©dĂ©s ne pourra ĂȘtre poursuivi, inquiĂ©tĂ© ou recherchĂ©, dans sa personne ou dans ses biens, Ă raison de ses actes politiques ou militaires pendant la guerre. Francfort, le .
- â Diaz, 2021, p. 141.
- â Eric Syssau, Les optants pour la nationalitĂ© française (1872-1873), Archives dĂ©partementales du Bas-Rhin, , 12 p. (lire en ligne [PDF]).
- â « Optants alsaciens, liste prĂ©fectorale », sur Association Lecture et informatisation des sources archivistiques du Territoire de Belfort (Lisa 90) (consultĂ© le ).
- â Jean Pertuy et MichĂšle Pertuy, « Notes historiques sur Hardeval Ă Villers-lĂšs-Nancy », Villers au fil du temps, Raon-l'Ă©tape, Association des amis de l'histoire de Villers-lĂšs-Nancy, no 11,â , p. 33-48 (ISSN 0244-6391).
- â Article 1. - Pour les individus originaires des territoires cĂ©dĂ©s qui rĂ©sident hors d'Europe, le terme fixĂ© par l'article 2 du traitĂ© de paix pour l'option entre la nationalitĂ© française ou la nationalitĂ© allemande est Ă©tendues jusqu'au premier octobre 1873. L'option en faveur de la nationalitĂ© française rĂ©sultera, pour ceux des individus qui rĂ©sident hors d'Allemagne, d'une dĂ©claration faite soit aux maires de leur domicile en France, soit dans une chancellerie diplomatique ou consulaire française, ou de leur immatriculation dans une de ces chancelleries. Le gouvernement français notifiera au gouvernement allemand, et par pĂ©riodes trimestrielles, les listes nominatives qu'il aura fait dresser d'aprĂšs ces mĂȘmes dĂ©clarations. [Au moment de procĂ©der Ă la signature de cette convention additionnelle, les plĂ©nipotentiaires ont fait la dĂ©claration suivante] : Tous les militaires et marins français originaires des territoires cĂ©dĂ©s, actuellement sous les drapeaux et Ă quelque titre qu'ils y servent, mĂȘme celui d'engagĂ© volontaire ou de remplaçants, seront libĂ©rĂ©s en prĂ©sentant Ă l'autoritĂ© militaire compĂ©tente leur dĂ©claration d'option pour la nationalitĂ© allemande. Cette dĂ©claration sera reçue, en France, devant le maire de la ville dans laquelle ils se trouvent en garnison ou de passage, et des extraits en seront notifiĂ©s au gouvernement allemand, dans la forme prĂ©vues par le dernier alinĂ©a de l'article 1er de la convention additionnelle de ce jour. Francfort, le . MinistĂšre des affaires Ă©trangĂšres, ConfĂ©rence de Francfort : 1871, Paris, Imprimerie nationale, 1872.
- â SĂ©golĂšne Barbiche, Alsaciens-Lorrains ayant optĂ© pour la nationalitĂ© allemande (1872-1873), Archives nationales, , 184 p. (lire en ligne [PDF]).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Charles BĂ©nard (abbĂ©), Tribulations d'un prĂȘtre optant, Bar-le-Duc, Typographie des CĂ©lestins, ancienne maison Louis GuĂ©rin, (lire en ligne sur Gallica)
- Delphine Diaz, « De l'exilé héroïque au réfugié indésirable (années 1850-1912) », dans En exil. Les réfugiés en Europe de la fin du XVIIIe siÚcle à nos jours, Gallimard, coll. « Folio Histoire » (no 312), , 544 p. (ISBN 978-2-07-280244-7), p. 121-167
- Alfred Wahl, L'option et l'émigration des Alsaciens-Lorrains (1871-1872), Paris, Ophrys, , 276 p. (ISBN 2-7080-0407-7, lire en ligne sur Gallica)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « MĂ©thodologie des options dâAlsace-Moselle », sur GĂ©nĂ©a-Logiques (consultĂ© le )