Masculinisme
Le masculinisme est un ensemble de mouvements sexistes visant à promouvoir les intérêts des hommes au détriment de ceux des femmes. Ces mouvements sont, dans leur globalité, réactionnaires, misogynes, androcentrés et antiféministes. Certains de ses partisans, jugeant le terme dépréciatif, préfèrent parler d'hominisme et le présenter comme le pendant du féminisme.
Les mouvements masculinistes s'expriment par des canaux très divers : par la voix de personnalités, d'associations, de groupes de paroles, et en ligne dans les nombreux forums de la « manosphère ». Leurs moyens peuvent aller du lobbying à l'action violente.
La rhétorique masculiniste classique consiste entre autres à nier l'existence du patriarcat ; à déplorer la « crise de la masculinité » dont les femmes et les féministes seraient responsables ; à essentialiser la différence homme femme et valoriser une masculinité traditionnelle ; à revendiquer des dispositions favorables aux hommes, notamment dans les situations de divorce ; à prétendre que la violence conjugale s'exerce sur les hommes autant que sur les femmes ; à demander un système de codécision en matière d’avortement, etc.
Dans des passages à l'acte d'une extrême violence, des masculinistes ont été responsables d'attentats dirigés contre des femmes, notamment celui de Montréal en 1989.
Définitions
[modifier | modifier le code]Le Petit Larousse définit le masculinisme comme une « Idéologie d'origine nord-américaine, regroupant une myriade de mouvements principalement présents en ligne qui, en réaction aux mouvements féministes dont ils se disent victimes et sous couvert de dénoncer toutes les formes de discrimination, véhiculent des thèses sexistes, complotistes et réactionnaires, à travers un discours misogyne et/ou patriarcal bien rodé. »[1].
Pour Le Robert, le masculinisme, synonyme d'antiféminisme, est un « ensemble de revendications cherchant à promouvoir les droits des hommes et leurs intérêts dans la société au détriment de ceux des femmes »[2].
Selon le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française, même « si l'histoire du terme masculinisme commence au début du XXe siècle (et peut-être même un peu avant), celui-ci ne peut être défini de manière plus précise tant sa conception dépend de la personne qui l'utilise. Par exemple, il peut aussi bien désigner un mouvement qui revendique le retour et la consolidation des rôles dits masculins dans une société X, qu'un mouvement qui regroupe des hommes qui considèrent que leur masculinité peut être un obstacle à leurs droits parentaux, ou qu'une attitude relevant d'une idéologie patriarcale »[3].
Dans le livre Antiféminismes et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui[4], Christine Bard, Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri définissent le masculinisme comme un « mouvement social qui se constitue en Occident à partir des années 1980 pour défendre les « droits des hommes » dans une société qu’ils estiment désormais dominée par les femmes ».
Comme courant antiféministe
[modifier | modifier le code]Le masculinisme est souvent défini comme un mouvement réactionnaire, misogyne et androcentré, qui essentialise la différence homme femme, réaffirme la masculinité conventionnelle, défend les privilèges masculins et lutte contre les féministes.
Hubertine Auclert, journaliste, écrivaine et militante féministe, emploie pour la première fois ce terme en français en 1900 dans son essai Les femmes arabes en Algérie[5] comme un quasi-synonyme de « patriarcat »