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Les Décodeurs

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Logo de Les Décodeurs
Logo des Décodeurs.

Adresse lemonde.fr/les-decodeurs
Slogan « Venons-en aux faits »
Propriétaire Le Monde
Lancement

Les Décodeurs est une rubrique du site Web du quotidien français du Monde créée le et dont l'objectif est de vérifier des informations données sur des thématiques variées. La rubrique fait appel à une équipe dédiée pluridisciplinaire d'une dizaine de personnes. Les journalistes de cette rubrique créent en 2017 le Décodex, moteur de recherche devant servir d'outil d'évaluation de la fiabilité des sources d'information.

La rubrique est une des premières créées en France, à la suite du mouvement de vérification des faits qui se construit au début du XXIe siècle. Elle a fait l'objet de débats, si l'initiative est reconnue comme bénéfique par certaines critiques, et sa nécessité supérieure aux défauts des outils mis en place, d'autres critiques de droite reprochent un biais politique supposément ancré à gauche, mais également des erreurs ; d'autres, reconnaissant l'importance de la démarche, s'interrogent sur ses limites. Quant au moteur de recherche, les accusations de filtrage idéologique sont également présentes, ainsi que des remarques sur le conflit d'intérêts sous-jacent de la société éditrice du Monde.

À l'automne 2009, Nabil Wakim alors responsable de la rubrique politique du site Web du Monde émet l'idée d'un blogue collaboratif s'inspirant du mouvement du fact-checking aux États-Unis. Il viserait à décortiquer les propos des politiques, et à les soumettre à la vérification. En un peu plus de quatre ans, près de 200 articles ont été écrits sur ce blogue qui ne se limite plus seulement à la politique[1]. Les journalistes affinent progressivement leurs analyses et abandonnent les mentions de « vrai » ou de « faux » qui ne permettent pas les nuances et s'avèrent imprécises[2].

Le , Le Monde intègre pleinement Les Décodeurs à son site[3]. Cette rubrique s'appuie sur le travail d'une équipe d'une dizaine de personnes incluant des journalistes, des datajournalistes, des infographistes et des spécialistes de réseaux sociaux[4]. Les rédacteurs sont tenus de suivre une charte qu'ils ont eux-mêmes définie au lancement de la rubrique et qui reprend les principes fondamentaux du journalisme[5].

Plusieurs journalistes des décodeurs ont été impliqués dans les révélations sur les Panama Papers, travaillant sur la base de quelque 11,5 millions de documents du cabinet Mossack Fonseca transmis par une source anonyme à la Süddeutsche Zeitung et partagée au consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ)[6].

Le , Les Décodeurs créent le Décodex, un moteur de recherche accessible depuis leur site Internet ou depuis une extension au navigateur Web et présenté comme « un outil de vérification de l'information à destination des enseignants (et des autres) ». Selon les journalistes, « il ne s’agit donc pas d’un jugement de valeur pour distinguer des « bons » et des « mauvais » sites, mais d’une aide de lecture »[7].

Les journalistes utilisent cinq catégories pour classifier les sites répertoriés[7] :

  • « ce site est en principe plutôt fiable. N’hésitez pas à confirmer l’information en cherchant d’autres sources fiables ou en remontant à son origine. » (plus haut niveau de fiabilité) ;
  • « ce site peut être régulièrement imprécis, ne précisant pas ses sources et reprenant des informations sans vérification. Soyez prudent et cherchez d’autres sources. Si possible, remontez à l’origine de l’information. » (sites militants ou imprécis sur certains sujets) ;
  • « ce site diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs. Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information. » (sites relayant des fausses informations comme les sites conspirationnistes) ;
  • « attention, il s'agit d'un site satirique ou parodique qui n'a pas vocation à diffuser de vraies informations. A lire au second degré. » (pour les sites parodiques) ;
  • « attention, ce site n’est pas une source à proprement parler ou sa fiabilité est trop variable pour entrer dans nos critères. Pour en savoir plus, cherchez d’autres sources et remontez à l’origine de l’information. » (sites inclassables comme les réseaux sociaux ou Wikipédia).

Le projet a été financé par Google à travers le Fonds pour l’innovation numérique de la presse[8].

Le , Jérôme Fenoglio et Luc Bronner annoncent une deuxième version du Décodex qui tient compte des « remarques et [des] critiques autour de cette première version, qui était loin d’être parfaite. » Cette version renonce à labelliser toutes les sources d’information existantes pour se concentrer « sur les sites diffusant régulièrement de fausses informations »[9].

Le , la nouvelle version de l'extension est mise en ligne. À cette occasion, Les Décodeurs répondent aux critiques et questions récurrentes sur le projet Décodex dans un article[10]. Un autre article décrit, dans le détail, les méthodes utilisées par ce qui est qualifié d'« industrie de la désinformation »[11] : « avancer masqué », « usurper l'identité des autres », « manipuler les faits et les images », « noyer la propagande au milieu d'articles anodins », « cacher ses erreurs » et « échapper aux poursuites ».

Samuel Laurent, le responsable des Décodeurs, publie aussi un article défendant l'idée de « se battre pour les faits » : « On peut critiquer la vérification factuelle, en pointer les limites, réelles, comme on peut le faire du journalisme en général. Faut-il pour autant estimer que tout se vaut ? Que tout n’est que point de vue, que croyance, et que partant de là il n’y a pas de faits plus valides que d’autres ? Qu’un blogue militant diffusant sans les vérifier des informations plus ou moins sourcées vaut le travail d’enquête, de recoupement, de vérification qui opèrent au quotidien des professionnels ? Non »[12].

La référence au Décodex sur le site web du journal du Monde disparait le comme en témoignent les archives de la page dans la Wayback Machine entre le 28[13] et le 29