Aller au contenu

Kisangani

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Kisangani
Blason de Kisangani
Héraldique
Kisangani
Kisangani, rond-point.
Administration
Pays Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo
Communes Lubunga, Makiso, Mangobo, Tshopo, Kabondo, Kisangani
Province Tshopo
Députés de la ville 5
Maire Delly Likunde Litawehe
Démographie
Gentilé Boyomais(es)
Population 539 158 hab. (2021[1])
Population de l'agglomération 1 546 690 hab. (2025)
Densité 810 hab./km2
Géographie
Coordonnées 0° 31′ 09″ nord, 25° 11′ 46″ est
Superficie de l'agglomération 191 000 ha = 1 910 km2
Divers
Langues nationales swahili et lingala
Langue officielle français
Localisation
Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
Voir sur la carte topographique de République démocratique du Congo
Kisangani
Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
Voir sur la carte administrative de République démocratique du Congo
Kisangani

Kisangani (anciennement Stanleyville ou Stanleystad de 1883 à 1966) est une ville de la république démocratique du Congo en Afrique centrale. Chef-lieu de la province de la Tshopo dans le Nord-Est de la république démocratique du Congo, sa population urbaine est estimée à 1 546 690 habitants en 2025[2],[1].

Située au centre de la forêt du bassin du Congo, à la confluence des rivières Lindi, Tshopo et du fleuve Congo dont elle occupe les deux rives malgré l'absence de ponts, Kisangani bénéficie du deuxième port intérieur de la république démocratique du Congo dont elle assure la connexion avec un arrière-pays via quatre routes nationales.

La pauvreté demeure particulièrement élevée, un rapport d'ONU-Habitat de 2014 indiquant un PIB en parité de pouvoir d'achat par habitant de 282 dollars[3], le tiers de la valeur nationale de cette même année estimée à 849,8 dollars selon la Banque mondiale[4].

En 2000, la ville fut en grande partie détruite durant la guerre des six jours avec de 7 000 à 10 000 obus tirés[5].

Depuis la fin de la guerre, entre 2000 et 2022, la population de l'aire urbaine de Kisangani fut multipliée par 2,3, passant de 586 000 à 1 366 000 habitants[6]. Toutefois, la défaillance de la centrale hydroélectrique du barrage de la Tshopo en 2021, privant d'électricité les habitants durant 4 mois et provoquant la colère d'une partie de la population, démontre les difficultés encore actuelles de la ville dans sa capacité à assurer aux populations l'accès à des services élémentaires[7].

Mairie de la ville de Kisangani
Bâtiment administratif de la mairie de Kisangani.

Période coloniale

[modifier | modifier le code]

Les origines de la ville remontent à la fondation d'un poste militaire en 1877 par l'explorateur britannique Henry Morton Stanley sur une île du fleuve Congo à proximité du site actuel[8].

En est fondée Falls Station (la « station des chutes ») devenue ensuite Stanley Falls puis Stanleyville[9].

Henry Morton Stanley charge l'ingénieur écossais Adrien Binnie d'établir des relations commerciales avec les indigènes et de représenter l'État indépendant du Congo, nom du royaume privé revendiqué par le roi des Belges Léopold II.

Peu après, des esclavagistes originaires de Zanzibar, généralement appelés à tort « Arabes » par les Européens de l'époque (en fait il s'agit de bantous swahilis islamisés), atteignent les chutes Stanley. Les relations entre les représentants de l'État indépendant du Congo et ces esclavagistes « arabes » se dégradent et la station est abandonnée à la suite des affrontements de 1887[réf. souhaitée].

En 1888, l'État indépendant du Congo (EIC) rétablit une souveraineté en nommant Tippo Tip, l'un des principaux esclavagistes de Zanzibar, comme gouverneur (Wali) du district des chutes Stanley.

De 1890 à 1893, le neveu de Tippo Tip, Rachid bin Mohammed, occupe cette fonction. Stanley Falls dispose alors d'une garnison dirigée par Haneuse (1888-1889) puis Tobback (1889-1893).

L'État Indépendant du Congo conquit définitivement la ville au cours de la guerre contre les Arabo-Swahilis en .

Depuis l'indépendance

[modifier | modifier le code]

En 1961, Antoine Gizenga prit la tête d'un gouvernement sécessionniste, de celui de Kinshasa à Stanleyville.

En 1964, la ville fut occupée par les guerriers Simbas qui prirent la population en otage et assassinèrent dix prêtres missionnaires de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Saint-Quentin (quinze prêtres de la même congrégation furent assassinés à Wamba). Stanleyville fut reprise au cours de l'opération Dragon rouge menée par le 1er régiment paracommando de l'armée belge après l'échec d'une tentative de négociation menée par le ministre belge des Affaires étrangères, Paul-Henri Spaak[10].

En 1966, Stanleyville est renommée Kisangani[10].

En dans le cadre de la première guerre du Congo, la ville est le théâtre d'une victoire de l'AFDL pro-Kabila, soutenue par le Rwanda, sur les forces zaïroises pro-Mobutu.

En 1999, Kisangani fut le théâtre des premiers échanges de tirs entre l'Ouganda et le Rwanda (épisode dit de la guerre de 3 jours, du au ), consécutifs à la fin de la coalition anti-gouvernementale du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) en deux factions basées à Kisangani et Goma. Les combats concernaient également les mines de diamants situées à proximité de la ville. De nombreux viols, massacres et crimes de guerre y furent perpétrés entre 1996 et 2003 par les troupes des généraux rebelles du RCD, essentiellement le général Nkunda Batware[11].

Guerre de six jours

[modifier | modifier le code]

Dans la matinée du éclatait un conflit à l'arme lourde entre les forces rwandaises et ougandaises. Cette guerre qui dura 6 jours, soit du 5 au fera plus de 1000 morts[12].

Cette ville, qui est située au Nord-Est de la république démocratique du Congo était le théâtre d'affrontements meurtriers entre les armées Rwandaise et Ougandaise avec comme objectif de contrôler les richesses de cette région[13].

D'après le coordonnateur ad intérim du Fonds spécial de réparation et d'indemnisation des victimes des activités armées de l'Ouganda en RDC, Chançard Bolukola a annoncé que chaque victime va toucher au minimum 2 000 USD pour dédommager les victimes[14].

En 2015 Kisangani devient le chef-lieu de la province de la Tshopo

[modifier | modifier le code]

Fin , la promulgation de la « loi sur le découpage territorial » fit de Kisangani le chef-lieu de la nouvelle province de la Tshopo issu de l'ancien district du même nom.

Elle comprend les sept territoires de Bafwasende, Banalia, Basoko, Isangi, Opala, Ubundu et Yahuma, ainsi que la ville de Kisangani, qui en est le chef-lieu[15]

Environnement

[modifier | modifier le code]

Géographie

[modifier | modifier le code]

La ville est située en aval des Chutes Boyoma entre le fleuve Congo et la rivière Tshopo, au coeur de la forêt du bassin du Congo. La fin des chutes Boyoma marque le changement de toponyme du fleuve Lualaba en fleuve Congo.

La capitale Kinshasa située au sud-ouest est distante de 1 724 km par voie fluviale, représentant 86 heures de navigation pour un navire circulant à 20 km/h en descente sur le fleuve Congo[16].

La ville bénéficie du deuxième port intérieur après la capitale Kinshasa[9].

Kisangani en elle-même est divisée en six communes toutes de la rive droite du fleuve Congo à l'exception de Lubunga, la traversée ne se faisant que par bateau.

Température

[modifier | modifier le code]

L'amplitude thermique faible de Kisangani est caractéristique d'un climat tropical. La saison chaude s'étend de janvier à mars lorsque les températures moyennes sont supérieures à 30 °C. Les mois de juillet à novembre correspondent à la période la plus froide avec une température moyenne inférieure à 22 °C.

Tableau climatique de Kisangani
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Températures (°C)
Maximale moyenne 30,9 31,5 30,6 29,7 29,4 29,1 29,1 28,7 28,8 28,8 28,6 29,5
Moyenne 25,9 26,4 25,9 25,4 25,2 24,9 24,7 24,4 24,5 24,5 24,5 25
Minimale moyenne 22,4 22,8 22,7 22,6 22,6 22,1 21,7 21,7 21,8 21,9 21,9 22,1
Précipitations
Hauteur (mm) 74 98 165 163 130 101 102 146 170 193 187 117
Humidité relative (%) 79 80 85 88 89 88 86 89 89 89 89 86
Ensoleillement
Heures 8 8,1 7,4 6,4 5,9 6,3 6,6 6 6 5,8 5,5 6,7
Source : Climate-data « données climatiques », sur Climate-data.org (consulté le )

Afin montrer la variation au cours des mois et non pas seulement les totaux mensuels, on peut montrer que l'accumulation de pluie au cours d'une période glissante de 31 jours centrée sur chaque jour de l'année. La ville de Kisangani connaît des variations saisonnières extrêmes pour ce qui concerne les précipitations de pluie mensuelles.

Les Chutes de pluie au cours de l'année à la ville de Kisangani. On peut voir que la plus grande accumulation de pluie a lieu au cours des 31 jours qui sont centrés aux alentours du , avec une accumulation totale moyenne de 167 millimètres.

La plus petite accumulation de pluie se fait aux alentours du , pour une accumulation totale moyenne de 54 millimètres.

Au cours de l'année la longueur du jour à Kisangani ne varie pas beaucoup, car ça reste que 9 minutes de 12 heures tout au long de l'année. En 2019, le jour le plus court était le , avec 12 heures et 6 minutes de jour ; le jour le plus long était le , avec 12 heures et 9 minutes de jour.

Le lever de soleil le plus tôt se fait à 05:59 le et le lever de soleil le plus tardif se fait à 31 minutes plus tard à 06:30 le . Le coucher de soleil le plus tôt était lieu à 18:05 le et le coucher de soleil le plus tardif s'était fait à 31 minutes plus tard à 18:36 le .

Le niveau de confort concernant l'humidité de la ville est sur le point de rosée, car il détermine si la transpiration s'évaporera de la peau, ce qui cause alors un rafraîchissement de l'organisme. Les points de rosée plus bas sont ressentis comme un environnement plus sec et les points de rosée plus haut comme un environnement plus humide. Contrairement à la température, qui peut varier généralement entre le jour et la nuit, les points de rosée varient plus lentement. Ainsi, bien que la température qui peut chuter la nuit, une journée avec une humidité lourde est généralement suivie d'une nuit ayant une humidité lourde.

Le niveau d'humidité perçu à la ville de Kisangani, qui est mesuré par le pourcentage de temps durant lequel le niveau d'humidité est lourd, oppressant ou étouffant, cependant il ne varie pas beaucoup au cours de l'année, car il se maintenant à 3 % de 97 %.

Administration

[modifier | modifier le code]
Armories de la ville de Kisangani.

Chef-lieu provincial de 377 107 électeurs enrôlés pour les élections de 2018, elle a le statut de ville constituée de six communes urbaines dont 5 de moins de 80 000 électeurs[17]:

  • Kabondo, (66 995 électeurs, 7 conseillers municipaux)
  • Kisangani, (44 206 électeurs, 7 conseillers municipaux)
  • Lubunga, (53 686 électeurs, 7 conseillers municipaux)
  • Makiso, (82 507 électeurs, 9 conseillers municipaux)
  • Mangobo, (68 508 électeurs, 7 conseillers municipaux)
  • Tshopo, (61 205 électeurs, 7 conseillers municipaux)

La ville de Kisangani est dirigée par un maire de la ville assisté par un adjoint. Elle est divisée en six communes qui sont dirigées par un bourgmestre titulaire et son adjoint. Les six communes de la ville de Kisangani sont : Kisangani, Kabondo, Lubunga, Tshopo, Mangobo, Makiso. Elle comprend en plus de ces six communes une entité périurbaine nommée Lubuya-bera.

Kisangani est également le siège de plusieurs bureaux administratifs (divisions, directions, etc.) qui dépendent du pouvoir central.

À partir de 2006, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie et le Mouvement social pour le renouveau (partis de la majorité) ont pris la direction de la ville et de la province avec Médard Autsai Asenga au gouvernorat, Philippe Masikini à l'assemblée provinciale et Osumaka à la mairie.

Pour la législature 2011-2016 la ville fut représentée à l'assemblée nationale par les députés Awenze Makiaba, Apaka Tombila, Basango Makedju, Simene wa Simene et Daruwezi Mokombe.

L'alliance franco-congolaise dispose d'une bibliothèque et de la seule salle de spectacle de la ville (à part l'espace Ngoma situé non loin de l'ancien Athénée royal belge).

Fondés par Faustin Linyekula, les studios Kabako accompagnent depuis 2006 des artistes de la ville, de la formation à la production et diffusion, dans les domaines de la danse, du théâtre, de la musique et du cinéma. Kisangani est une ville productrice d'artistes bien connus en RDC, avec notamment des personnalités telle que Koffi Olomide, Abeti Masikini, ou même les noms de la nouvelle génération parmi lesquels on peut citer Alesh qui a gagné le prix découverte de la rfi en 2021 ou Zickry Casiodoro qui a gagné le prix de l'artiste le plus acheté pour le disque Troto en [18].

La ville de Kisangani compte plusieurs religions qui permettent aux Boyomais de disposer de lieux de cultes, dont : catholique, protestant et musulman, ainsi que des églises de réveil.

La cathédrale Notre-Dame du Très Saint Rosaire de Kisangani.

Le culte catholique de Kisangani peut être pratiqué à la cathédrale Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire de Kisangani, siège de l'archidiocèse de Kisangani.

Le culte protestant de Kisangani comprend plusieurs Églises :

Le culte musulman est également pratiqué dans des mosquées.

La situation hydrographique de Kisangani, à la confluence des rivières Lindi, Tshopo et du fleuve Congo fait de la ville un carrefour du trafic fluvial entre l’est et l’ouest du pays. Une position stratégique permettant à la ville de jouer un rôle économique important pour la république démocratique du Congo. Les activités commerciales dans la ville de Kisangani sont exercés par les Nande venus du Nord-Kivu, qui constituent une classe des riches de la ville.

L'économie locale est essentiellement fondée sur des activités du secteur primaire.

Pêcheurs wagenia dans les chutes Boyoma de Kisangani.

La ville est située à proximité de mines de diamants essentiellement exploitées par la société minière de Bakwanga. La convoitise de ces mines est l'une des causes de la Guerre des six jours en 2000 qui provoqua plus de 4.000 morts. Le cinéaste congolais Dieudonné Hamadi né à Kisangani illustre l'injustice provoquée par cette guerre pour les mines dans son documentaire de 2020 En route pour le milliard. Dans les mines la concurrence est forte et entraîne une dévaluation de la main d’œuvre ainsi que de nombreuses situations de violence.

Une grande partie de la population dépend d'une agriculture de subsistance.

La pêche est une autre importante activité économique de la ville de Kisangani. En aval des chutes Boyoma, la communauté des Wagenia use en effet d'une technique « unique au monde »[20] consistant à immerger de grandes nasses artisanales durant plusieurs heures. Les nasses reposent sur des échafaudages en bois et leurs manipulations requiert une importante agilité et force physique donnant leur surnom de « pêcheurs acrobates »[20].

La ville de Kisangani compte quelques entreprises publiques et privées.

Parmi les entreprises publiques, on peut citer :

Du côté des entreprises privées on a :

  • La brasserie et limonaderie (BRALIMA) spécialisée dans la production des produits brassicoles,
  • La Société textile de Kisangani (SOTEXKI) pour la production des pagnes,
  • Beltexco, une entreprise de commerce général,
  • Congo Futur : commerce général[21],
  • L'établissement PALOS

L'hôpital du Cinquantenaire de Kisangani a ouvert en 2010.

Démographie

[modifier | modifier le code]
Évolution démographique de l'aire urbaine de Kisangani
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2005 2010 2015
38 000134 000235 000291 000400 000586 000709 000859 0001 040 000
2020 2021 2022 - - - - - -
1 261 0001 312 0001 366 000------
(Source : Population Stat[22])

Personnalités liées

[modifier | modifier le code]

Mateus Kanga Londimo (Mateus Kanga a été élu samedi , président du bureau définitif de l’assemblée provinciale de la Tshopo);

L'enseignement primaire, secondaire et professionnel est assuré par plusieurs écoles tant publiques que privées. On y retrouve plus de 393 écoles primaires et 267 écoles secondaires[24].

Éducation de base

[modifier | modifier le code]

L'enseignement primaire, secondaire et professionnel est assuré principalement par plusieurs écoles privée et publics entre autres :

  • Complexe scolaire de l'Unikis
  • Lycée Anuarite
  • Complexe scolaire le berceau
  • Institut Tobongisa
  • Institut homme feyen
  • Complexe scolaire du sacre coeur
  • Collège Maele
  • Complexe scolaire pere mando
  • Institut saint joseph
  • Complexe scolaire viens&vois
  • Complexe scolaire sophia
  • Complexe Scolaire Wina
  • Complexe scolaire mukandona
  • Institut du base
  • Hope international school

Enseignement supérieur

[modifier | modifier le code]

L'enseignement supérieur est assuré par les établissements publics ainsi que par quelques institutions privées dépendant du Ministère national ayant la charge de l'enseignement supérieur et universitaire :

L'enseignement professionnel est assuré principalement par l'Institut national de préparation professionnelle.

L'enseignement supérieur est assuré par les établissements publics ainsi que par quelques institutions privées dépendant du Ministère national ayant la charge de l'enseignement supérieur et universitaire :

Transports aériens

[