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Fairlight CMI

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Un Fairlight CMI I ou II.

Fairlight CMI est une gamme de synthétiseurs échantillonneurs (CMI signifiant Computer Musical Instrument).

Histoire et présentation

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La société australienne Fairlight (en) est créée vers 1975-1976 par Peter Vogel et Kim Ryrie avec l'aide technique de Tony Furse. Le nom Fairlight vient de la localité (en) où vivent les parents Vogel et où a été développé le prototype avant la fondation légale de l'entreprise. Fairlight est également le nom d'une des baies qui entourent la ville de Sydney.

En concrétisant le projet CMI (Computer Musical Instrument), Fairlight est à l'origine des premiers échantillonneurs électroniques musicaux. Contrairement à des instruments plus anciens, comme le Chamberlin ou le Mellotron, qui fonctionnaient en déclenchant des sonorités figées enregistrées sur bandes magnétiques (une bande par touche du clavier), le Fairlight CMI permet à l'utilisateur d'échantillonner directement ses propres sonorités et de les modifier en profondeur (en les transposant, en les bouclant, en les inversant, en les découpant, en les combinant, en redessinant les formes d'onde, etc.), autant de possibilités et caractéristiques dont sont totalement dépourvus les ancêtres analogiques pré-cités. Pour cela le Fairlight met en œuvre les nouvelles technologies numériques qui permettent non seulement l'échantillonnage mais aussi la synthèse (additive). Il dispose ainsi de convertisseurs analogique-numérique pour la capture du son (typiquement à l'aide d'un micro), de mémoires à semi-conducteurs pour stocker les données numériques relatives aux échantillons, de micro-processeurs pour effectuer les opérations, et de convertisseurs numérique-analogique pour restituer le son.

Le CMI comprend une unité centrale en rack avec lecteurs de disquette, un clavier principal de 73 touches, un petit clavier d'ordinateur, un moniteur de contrôle vidéo accompagné d'un crayon optique permettant de modifier les commandes ou dessiner les formes d'onde en touchant l'écran. Toutes ces caractéristiques font du Fairlight CMI un synthétiseur-échantillonneur complet particulièrement créatif et puissant pour l'époque. Au fil des versions, le Fairlight s'est étoffé de nouvelles possibilités et extensions (séquenceur, mémoire étendue, plus de voies de polyphonie, résolution et fréquences d'échantillonnage supérieures, etc.) pour devenir une station de travail de plus en plus élaborée, presque synonyme de studio intégré.

Peter Gabriel semble être le premier musicien de renom auquel Peter Vogel ait présenté le Fairlight[1]. Il l'utilisera pour des sons de verre brisé sur l'album Peter Gabriel dès 1980, ainsi que pour sa chanson Shock the Monkey[2]. Après Kate Bush et Stevie Wonder en 1980, Jean-Michel Jarre l'utilise en 1981[3] tout comme Louis Chedid, Celmar Engel, Bernard Lavilliers, ou le groupe Indochine. Daniel Balavoine le popularise aux yeux du grand public français en 1985 avec son dernier album Sauver l'amour[4]. Le musicien anglais Mike Oldfield n'hésite pas à utiliser l'instrument sur scène lors de ses concerts.

Le Fairlight est aussi très utilisé dans la conception des bandes originales de films, notamment par Klaus Doldinger pour Das Boot, Giorgio Moroder pour Scarface ou Mike Oldfield pour La Déchirure.

90125 du groupe Yes, Five Miles Out et The Killing Fields de Mike Oldfield, Peter Gabriel de Peter Gabriel, ou encore Les Chants magnétiques et Zoolook de Jean-Michel Jarre sont des exemples d'albums mettant en évidence la palette sonore du Fairlight.

Au milieu des années 1980, l'omniprésence du Fairlight CMI dans la pop et la synthpop anglo-saxonnes est telle que les crédits de l'album No jacket required de Phil Collins (1985) mentionnent ironiquement : « There is no Fairlight on this record » (« Il n'y a pas de Fairlight sur ce disque »).

Un son du Fairlight CMI a particulièrement marqué la production musicale, on peut en entendre de multiples versions dans de très nombreux titres de pop, hip hop, new wave, dance, jazz : il s'agit de l'orchestra hit. Il s'agit à l'origine de l'accord spectaculaire qui introduit l'un des plus célèbres mouvements de l'Oiseau de feu d'Igor Stravinsky[5].

Le clavier commémoratif des 25 ans de Fairlight : il a une plaque explicative et les touches sont signées.

À l'origine du Fairlight CMI, on trouve les travaux de Tony Furse sur plusieurs synthétiseurs analogiques et numériques (principalement les Qasar I et II). Ce dernier a déjà créé sa propre société, Creative Strategies, à Sydney en 1975. Consultant auprès de Motorola, il met au point une machine biprocesseur (basée sur deux