Engagisme

L’engagisme est un système de recrutement, en principe sur la base du volontariat, de travailleurs agricoles pour les plantations coloniales. Cette forme atténuée de servage commence dans l'Ancien Régime et concerne d'abord des travailleurs européens. Puis, en raison de la dureté des conditions de travail et du besoin croissant de main-d’œuvre, ceux-ci sont progressivement remplacés par des esclaves africains, importés massivement par la traite négrière.
Après avoir quasiment disparu, l'engagisme est à nouveau utilisé après l'abolition de l'esclavage, afin de pallier le manque de travailleurs agricoles. Les nouveaux engagés viennent alors majoritairement des comptoirs coloniaux d'Asie (Inde, Chine), et de certaines régions d'Afrique.
Si au départ l'engagisme se fait sur la base du volontariat, la pratique finit par se rapprocher de la traite et de l'esclavage.
Empire colonial français
[modifier | modifier le code]À l'origine, l’engagisme est un régime juridique de l'Ancien Régime français[1] et un fait social des colonies françaises, notamment en Amérique du Nord, dans les Antilles et à La Réunion. Dans l'empire colonial français, il fut pratiqué dans le peuplement européen de la Nouvelle-France et des Antilles. À la suite de son abolition pendant la Révolution française, l’engagisme est resté une forme de salariat réservé aux travailleurs natifs des colonies (anciens esclaves) ou immigrés provenant principalement d'Afrique, d'Inde ou du bassin asiatique, pour les grands propriétaires terriens des Antilles françaises et des Mascareignes.
L'engagisme sous l'Ancien Régime
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Afin de peupler et fournir en main-d'œuvre qualifiée et bon marché les seigneuries de la Nouvelle-France et des Antilles, le royaume de France fait appel à des « engagés ». Ces immigrants étaient aussi appelés les « trente-six mois », car, en échange du paiement de leur voyages en Amérique, ils devaient s'engager à servir durant 3 ans dans les colonies[2].
Les engagés sont souvent des paysans ou des artisans et viennent majoritairement des ports français de l'Atlantique et de la Manche. Ce sont presque exclusivement des hommes en raison de la nature des travaux à effectuer (défrichement) et des risques de combats avec les Autochtones. En métropole, une intense propagande les incitent à aliéner leur liberté contre des promesses des terres et de salaires élevés à l'issue du contrat d'engagement. Sur place, leurs maîtres peuvent disposer d'eux à leur gré, les employer à ce qu'ils veulent et même les revendre (l'engagé peut changer sept à huit fois de maître). Un Blanc peut même avoir pour maître un Noir libre. Durant cet « esclavage temporaire », les engagés n'ont pas le droit de s'éloigner de l'