Col du Perthus
| Col du Perthus | ||||
Relais et pyramide du Perthus, cÎté français | ||||
| Altitude | 283Â m[1] | |||
|---|---|---|---|---|
| Massif | Massif des Salines / massif des AlbÚres (Pyrénées) | |||
| CoordonnĂ©es | 42° 27âČ 55âłÂ nord, 2° 51âČ 47âłÂ est[2],[1] | |||
| Pays | ||||
| Vallée | Vallée du Tech (nord) | Vallée du Llobregat (sud) | ||
| Ascension depuis | Le Boulou | La Junquera | ||
| Kilométrage | 9 km | 7 km | ||
| AccĂšs | D 900, A 9 | N-II, AP-7 | ||
| Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Orientales
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Le col du Perthus est un col des Pyrénées à la fois routier et autoroutier. Il permet de relier le département français des Pyrénées-Orientales en Occitanie à la province espagnole de Gérone en Catalogne.
Situé à une altitude de 283 m, c'est l'un des cols transfrontaliers les plus bas des Pyrénées. Il marque la limite occidentale du massif des AlbÚres.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Perthus est issu du latin pertusus, lui-mĂȘme participe passĂ© du verbe pertundere (« percer, trouer »)[3]. C'est un terme classique pour nommer un passage Ă©troit, un col. Le col du Perthus est donc un toponyme plĂ©onastique, le nom de Perthus Ă©chĂ©ant au village. On trouve Ă©galement pertusium en bas latin. C'est ce terme qui apparaĂźt en 1306 pour dĂ©signer pour la premiĂšre fois et de maniĂšre certaine le col du Perthus : Pertusium de parrochia sta Maria de Clusa.
Le terme a Ă©tĂ© d'abord transformĂ© en catalan (pertĂșs) avant d'ĂȘtre francisĂ©.
Géographie
[modifier | modifier le code]L'altitude du col est de 283 m. Son versant nord appartient au bassin de la riviĂšre de Rome, affluent du Maureillas. Le village du Perthus est construit au col. La rue principale marque la frontiĂšre entre les deux pays. Le trottoir cĂŽtĂ© oriental est espagnol et la chaussĂ©e est française. Cette curiositĂ© permet Ă la France de conserver le fort de Bellegarde dont les amĂ©nagements sont situĂ©s au sud de la ligne de crĂȘte dĂ©terminant la frontiĂšre.
La dĂ©limitation de la frontiĂšre franco-espagnole est dĂ©terminĂ©e par des bornes frontiĂšres pyramidales dont, pour l'agglomĂ©ration, les no 575, 576, 577 et 577 bis. Vers le poste de douane en contrebas, deux piliers no 574 et 575 marquent la limite entre les deux pays. Cette dĂ©limitation correspond au ravin de la Comtesse qui rejoint la route nationale 9 jusqu'au poste frontiĂšre[4]. Le pilier-frontiĂšre no 574 portant la date 1764 est situĂ© « au bord occidental de la route »[5] a Ă©tĂ© dĂ©placĂ© au fil du temps lors de l'amĂ©nagement des postes de douanes et dĂ©placĂ© Ă l'extrĂ©mitĂ© ouest de la route. L'ancien emplacement est matĂ©rialisĂ© par une plaque mĂ©tallique portant le mĂȘme numĂ©ro. Il en est de mĂȘme pour sa jumelle, no 575 dĂ©placĂ©e de quelques dizaines de centimĂštres plus au sud. Une plaque scellĂ©e marque aussi l'ancien emplacement.
Transports
[modifier | modifier le code]L'altitude du col en fait, avec celui des Balistres l'un des plus bas franchissant les Pyrénées. Contrairement à ce dernier, le col du Perthus n'est pas en bord de mer et évite un détour important pour relier des grands axes, Perpignan et Gérone. Ces caractéristiques en font un axe majeur de traversée des Pyrénées.
Depuis le traité des Pyrénées, il marque la frontiÚre franco-espagnole dont il supporte les bureaux des douanes. Il constitue par ailleurs la limite entre les autoroutes A9 et AP-7.
Il est également le point de jonction entre la route nationale 9 (France) française et la nationale espagnole N-II. Il est franchi de maniÚre souterraine, par la liaison ferroviaire à grande vitesse Perpignan-Figueras.
Histoire
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Le premier fait historique marquant le Perthus remonte sans doute à 218 av. J.-C. lorsque Hannibal et son armée composée d'éléphants franchissent le col du Perthus lors de la deuxiÚme guerre punique[6], aprÚs avoir négocié un important droit de péage à Illiberis[7].
La zone a ensuite Ă©tĂ© fortifiĂ©e par les Romains. Le col est alors connu sous le nom de Summum Pyrenaeum et est le point de jonction de la Via Domitia au nord et de la Via Augusta au sud. Les restes de diffĂ©rentes fortifications romaines sont visibles sur la commune des Cluses[8]. Elles dĂ©fendaient l'accĂšs au col par les deux voies romaines. Les restes visibles le long de la voie Domitienne, sur le col de Panissars voisin sont vraisemblablement ceux du trophĂ©e Ă©rigĂ© par PompĂ©e, plusieurs fois mentionnĂ© par les textes antiques aprĂšs la conquĂȘte de l'Espagne[3] et qui matĂ©rialise cette jonction.
Lorsque les Wisigoths s'emparent en 412 de la Septimanie à la chute de Rome, ils organisent leur défense autour du chùteau d'UltrÚre tout en développant les fortifications du Perthus. Il ne reste cependant que des ruines de ces ouvrages[9].
S'il est certain que les Arabes utilisent le col du Perthus pour annexer Narbonne entre 711 et 719 avant de battre en retraite 40 ans plus tard, le chùteau dit « des maures » est une forteresse romaine modifiée par les Wisigoths.
Le 1er octobre 1285, Philippe le Hardi, roi de France, alliĂ© Ă Jacques II, roi de Majorque est dĂ©fait par Pierre III d'Aragon lors de la bataille du col de Panissars qui met un terme Ă la croisade d'Aragon. Jacques II de Majorque commence Ă fortifier la hauteur occidentale du col dĂšs 1285 pour se dĂ©fendre de son puissant frĂšre aragonais. La trĂȘve est de courte durĂ©e. Le col passe sous domination aragonaise en 1295 aprĂšs que le traitĂ© d'Anagni force Jacques II Ă ĂȘtre vassal de la couronne d'Aragon.
Le mariage d'Isabelle Ire de Castille et de Ferdinand II d'Aragon en 1479 rend le col espagnol, jusqu'au soulÚvement de la Catalogne en 1640, en pleine guerre de Trente Ans. L'alliance du gouvernement catalan avec Louis XIII permet aux troupes françaises de franchir le col du Perthus. AprÚs 19 années de conflit, le traité des Pyrénées détermine la frontiÚre entre la France et l'Espagne et le complexe découpage du col du Perthus.
Les aménagements militaires se développent jusqu'à ce qu'en 1677[3] Vauban fasse détruire les anciennes constructions pour bùtir le fort de Bellegarde. Jusqu'au XXe siÚcle, l'histoire du col du Perthus se confond alors avec celle du fort de Bellegarde.
Le village du Perthus est fondé en 1836[3].
Une pyramide est construite entre 1974 et 1976 Ă la jonction des autoroutes A9 et AP7[10]. C'est l'Ćuvre de l'architecte Ricardo Bofill[11]. Elle est dĂ©diĂ©e Ă la Catalogne[3]. Elle est situĂ©e sur le versant opposĂ© au trophĂ©e de PompĂ©e.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Col du Perthus sur l'ICGC.
- â « Carte IGN classique » sur GĂ©oportail.
- 1 2 3 4 5 « Le Perthus »
- â Plan cadastral de la Commune du Perthus, Section AC, mis Ă jour pour 1986, 66 O 137.
- â Acte final de dĂ©limitation de la frontiĂšre internationale des PyrĂ©nĂ©es, signĂ© Ă Bayonne le 11 juillet 1868.
- â « histoire du roussillon »
- â « Histoire rĂ©gionale »
- â « Les Cluses »
- â « Histoire du Roussillon - Le perthus »
- â (en) The Pyramid
- â « Ricardo Bofill i Levi »
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jacques Freixe, « Le passage du Perthus pendant la guerre des VĂȘpres-Siciliennes », Bulletin de la SociĂ©tĂ© agricole, scientifique et littĂ©raire des PyrĂ©nĂ©es-Orientales, Perpignan, no 51,â
- J. Freixe, « Le passage du Perthus (1295-1482) », Bulletin de la SociĂ©tĂ© agricole, scientifique et littĂ©raire des PyrĂ©nĂ©es-Orientales, Perpignan, no 52,â
- J. Freixe, « Le passage du Perthus (suite) (1462-1659) », Bulletin de la SociĂ©tĂ© agricole, scientifique et littĂ©raire des PyrĂ©nĂ©es-Orientales, Perpignan, no 53,â
- J. Freixe, « Le passage du Perthus (1660-1789) », Bulletin de la SociĂ©tĂ© agricole, scientifique et littĂ©raire des PyrĂ©nĂ©es-Orientales, Perpignan, no 54,â
- J. Freixe, « Le passage du Perthus (1790-1878) », Bulletin de la SociĂ©tĂ© agricole, scientifique et littĂ©raire des PyrĂ©nĂ©es-Orientales, Perpignan, no 55,â
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la géographie :