Aller au contenu

Charles Pasqua

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Charles Pasqua
Illustration.
Charles Pasqua en 1999.
Fonctions
Sénateur français
–
(6 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 26 septembre 2004
Circonscription Hauts-de-Seine
Groupe politique UMP (app.)
–
(4 ans, 2 mois et 14 jours)
Élection 24 septembre 1995
Circonscription Hauts-de-Seine
Groupe politique RPR
–
(4 ans, 11 mois et 18 jours)
Élection 28 septembre 1986
Circonscription Hauts-de-Seine
Groupe politique RPR
Successeur Jean-Pierre Schosteck
–
(8 ans, 6 mois et 16 jours)
Élection 25 septembre 1977
Circonscription Hauts-de-Seine
Groupe politique RPR
Prédécesseur Paul Graziani
Président du conseil général des Hauts-de-Seine
–
(15 ans, 7 mois et 7 jours)
Prédécesseur Paul Graziani
Successeur Nicolas Sarkozy
–
(2 ans, 5 mois et 25 jours)
Prédécesseur Jacques Baumel
Successeur Jacques Baumel
Député européen
–
(4 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 13 juin 1999
Circonscription France
Législature Ve
Groupe politique UEN (président)
Ministre d'État
Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire
–
(2 ans, 1 mois et 11 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Édouard Balladur
Gouvernement Balladur
Prédécesseur Paul Quilès (Intérieur)
André Laignel (Aménagement du territoire, secrétaire d'État)
Successeur Jean-Louis Debré (Intérieur)
Bernard Pons (Aménagement du territoire)
Ministre de l'Intérieur
–
(2 ans, 1 mois et 20 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Jacques Chirac
Gouvernement Chirac II
Prédécesseur Pierre Joxe
Successeur Pierre Joxe
Président du groupe RPR au Sénat
–
(4 ans, 5 mois et 23 jours)
Prédécesseur Roger Romani
Successeur Josselin de Rohan
–
(4 ans, 6 mois et 6 jours)
Prédécesseur Marc Jacquet
Successeur Roger Romani
Député français
–
(4 ans, 8 mois et 21 jours)
Élection 30 juin 1968
Circonscription 4e des Hauts-de-Seine
Législature IVe (Cinquième République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Parfait Jans
Successeur Parfait Jans
Conseiller général des Hauts-de-Seine
–
(15 ans, 5 mois et 25 jours)
Circonscription Canton de Neuilly-sur-Seine-Nord
Prédécesseur Nicolas Sarkozy
Successeur Nicolas Sarkozy
–
(5 ans, 11 mois et 28 jours)
Circonscription Canton de Levallois-Perret-Sud
Prédécesseur Jacques Atlan
Successeur Parfait Jans
Biographie
Nom de naissance Charles Victor Pasqua
Date de naissance
Lieu de naissance Grasse (France)
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Suresnes (France)
Nature du décès Crise cardiaque
Sépulture Cimetière Sainte-Brigitte
(Grasse, Alpes-Maritimes)
Nationalité Française
Parti politique RPF (1947-1955)
UNR-UDT (1958-1967)
UDR (1967-1976)
RPR (1976-1999)
RPF (1999-2011)
Enfants Pierre-Philippe Pasqua
Profession Directeur de société

Charles Pasqua [ ʃaʁl paskwa][a] est un résistant et un homme politique français, né le à Grasse (Alpes-Maritimes) et mort le à Suresnes (Hauts-de-Seine).

D'origine corse, il entre dans la Résistance à l'âge de 15 ans. Il débute comme commercial pour la société Ricard, dont il devient le numéro deux en 1967, avant de quitter l’entreprise la même année en raison de son engagement politique croissant.

Figure montante du gaullisme, il rejoint le controversé Service d'action civique (SAC), acquérant une réputation d’homme de l’ombre. En 1968, il s’implante dans les Hauts-de-Seine, où il devient député, sénateur et président du conseil général : il exerce une autorité telle qu'il est longtemps considéré comme le « parrain » du département.

En 1976, il est membre fondateur du Rassemblement pour la République (RPR), dont il incarne l'aile souverainiste et sécuritaire. Il joue un rôle clé dans les campagnes de Jacques Chirac, notamment lors de l'élection présidentielle de 1981, qui voit la défaite de Valéry Giscard d'Estaing. Il est plus en retrait dans les années qui suivent.

Il accède à une visibilité nationale comme ministre de l'Intérieur lors des deux premières cohabitations (1986-1988 et 1993-1995). Il y adopte une politique de fermeté en matière d’immigration, de délinquance et de terrorisme, marquée par un durcissement des conditions de séjour et un renforcement des pouvoirs policiers.

Fidèle à ses convictions souverainistes, il milite activement pour le « non » au référendum de 1992 sur le traité de Maastricht. En 1999, avec Philippe de Villiers, il crée le Rassemblement pour la France (RPF) et conduit une liste aux élections européennes qui crée la surprise en arrivant en deuxième position.

En 2004, il perd son mandat de député européen mais redevient sénateur des Hauts-de-Seine, siégeant comme apparenté au groupe UMP, dont il critique la ligne pro-européenne. Ses dernières années en politique sont marquées par un rôle déclinant alors qu’il tente de relancer un courant gaulliste souverainiste.

Homme de réseaux, il est salué pour son influence et critiqué pour l’opacité de ses pratiques. Il est impliqué dans plusieurs affaires judiciaires, avec deux condamnations à des peines de prison avec sursis et quatre relaxes. Son style souvent jugé autoritaire et son franc-parler marquent le débat public.

Situation personnelle

[modifier | modifier le code]

Origines familiales et vie privée

[modifier | modifier le code]

Charles Victor Pasqua naît le à Grasse[1] ; il est le fils d'André Pasqua, policier à Grasse (Alpes-Maritimes), et de Françoise Rinaldi. Son grand-père paternel est un berger corse de Casevecchie.

Âgé de 20 ans, il se marie en 1947 avec Jeanne Joly[2], une Québécoise rencontrée à Grasse avec qui il a un fils l’année suivante, Pierre-Philippe Pasqua (1948-2015). Jeanne Joly meurt en 2016[3].

Membre de la Résistance

[modifier | modifier le code]

À la suite de l'invasion de la zone libre par l'armée allemande en , Charles Pasqua, alors âgé de 15 ans, s'engage dans la Résistance[4] sous le pseudonyme « Prairie », et rejoint les rangs de Combat[5]. Son père est quant à lui déjà investi dans cette lutte[6],[7].

Carrière professionnelle

[modifier | modifier le code]

Titulaire d'une licence de droit, il est embauché comme représentant par Paul Ricard en , grimpe les échelons et devient inspecteur des ventes en 1955, directeur régional en 1960, puis directeur général des ventes en 1962, et enfin directeur de l'exportation l'année suivante. Lorsqu'il quitte Ricard en 1967, il est alors numéro deux du groupe[8].

Il avait alors été mis en demeure de quitter la société à la suite de la mauvaise gestion de son département ; la note des Renseignements généraux à son sujet affirme qu'il s'est « rendu coupable tant sur le plan contractuel que délictueux d'un véritable concert frauduleux d'actes caractérisés de concurrence déloyale »[9], ayant utilisé ses contacts pour fonder avec des transfuges de cette société la société Euralim (Europe Alimentation), installée à Levallois-Perret pour importer la boisson Americano Gancia. La note des RG ajoute : « M. Pasqua, qui dispose d'un chauffeur et de gardes du corps, mènerait un train de vie que ne justifient pas ses ressources personnelles semble-t-il »[10].

Parcours politique

[modifier | modifier le code]

En 1947, il rejoint le Rassemblement du peuple français (RPF), fondé par le général de Gaulle. Il participe aux activités de son service d'ordre dans le Sud de la France[11]. Il mobilise ses anciennes troupes du service d'ordre en à Marseille et participe ensuite à la fondation dans cette ville de l'Union pour la nouvelle République[12].

Selon une source, il est, avec Jacques Foccart, Achille Peretti et Étienne Léandri[13], l'un des créateurs en 1959 du Service d'action civique (SAC), organisme de protection, « police privée » du gaullisme. L'historien du SAC François Audigier cite une interview de Pasqua en 1979 dans laquelle il se reconnaît comme l'un des fondateurs du SAC[14]. Pasqua nie cependant dans sa déposition donnée à la commission d'enquête parlementaire sur les activités du SAC créée à la suite de la tuerie d'Auriol avoir été un fondateur de cette organisation. Il y affirme ne l'avoir rallié qu'en 1962, après la guerre d'Algérie, avoir été chargé de mission régional pour les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes jusqu'à la fin de l'année 1964 ou au début de l'année 1965, lorsqu'il gagne la région parisienne. Il est ensuite désigné premier vice-président, de 1967 à sa démission à l'automne 1969, lorsque le SAC est réorganisé à la suite de l'élection de Pompidou à la présidence de la République[15],[16].

Il se lance dans la vie publique en 1964, en créant la liste « Libre entreprise » à la chambre de commerce de