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Campanie

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Campanie
Blason de Campanie
Héraldique
Drapeau de Campanie
Drapeau.
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Chef-lieu Naples
Provinces 5
Communes 550
Président
Mandat
Roberto Fico (M5S)
2025-2030
NUTS 1 ITF (Italie méridionale)
Code ISTAT 15
ISO 3166-2 IT-72
Démographie
Population 5 570 938 hab. (28/02/2025)
Densité 408 hab./km2
Géographie
Superficie 1 367 100 ha = 13 671 km2
Localisation
Localisation de Campanie
Liens
Site web regione.campania.it

La Campanie (en italien : Campania, /kamˈpanja/[1]) est une région administrative d'Italie du Sud comptant 5 570 938 habitants[2]. Sa capitale est la ville de Naples.

Il s'agit de la région la plus peuplée et la plus densément peuplée du Mezzogiorno ; à l'échelle nationale, elle est troisième en nombre d'habitants (derrière la Lombardie et le Latium) et deuxième en termes de densité de population (devancée uniquement par la Lombardie)[3]. Enserrée entre la mer Tyrrhénienne à l'ouest et les Apennins méridionaux à l'est, elle a une superficie de 13 671 km². La région est limitrophe du Latium au nord-ouest, du Molise au nord, des Pouilles au nord-est et de la Basilicate à l'est. Outre la ville métropolitaine de Naples, elle comprend les provinces d'Avellino, Bénévent, Caserte et Salerne. Ses côtes s'articulent autour des golfes de Gaète, Naples, Salerne et Policastro.

Les plus anciennes traces de peuplement humain en Campanie remontent au paléolithique et au néolithique. Dès le début du Ier millénaire av. J.-C., l'arrière-pays est occupé par les Osques puis les Samnites, des populations italiques. À partir du VIIIe siècle av. J.-C., les Grecs essaiment un grand nombre de colonies le long du rivage méditerranéen dont Pithécuse, Cumes, Parthénope, Néapolis et Poséidonia, qui ancrent la région à la Grande-Grèce. Enfin, la plaine campanienne représente la limite méridionale de l'expansion étrusque. C'est dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C., consécutivement aux guerres samnites, qu'elle passe dans l'orbite des Romains qui la baptisent de son nom de Campania felix (« campagne heureuse ») en raison de la fertilité de ses terres. À la suite du déclin de la civilisation romaine, l'unité politique de la région se morcelle et passe au VIe siècle sous influence lombarde et, dans une moindre mesure, byzantine.

Au XIIe siècle, la région retrouve son unité politique grâce à l'arrivée des Normands, qui imposent l'autorité du royaume de Sicile sur toute la Campanie (à l'exception de la ville de Bénévent, qui relève des États pontificaux). De 1282 jusqu'au XIXe siècle, elle est au cœur du royaume de Naples dont la capitale devient l'un des centres économiques, culturels et artistiques d'Europe sous les dynasties angevine, aragonaise, habsbourgeoise et bourbonienne. À l'époque contemporaine, la Campanie connaît, comme le reste de l'Italie du Sud, des difficultés persistantes en matière de développement socio-économique par rapport au nord du pays, suscitant de nombreux débats connus sous le nom de Question méridionale.

L'étymologie du choronyme Campania est incertaine. Selon certains historiens, il dérive du mot latin campus (« campagne »), tandis que d'autres le font dériver du terme osque Kampanom (qui désignait la zone soumise à l'ancienne cité de Capoue, qui fut la capitale de l'Étrurie campanienne pendant des siècles). D'autres encore suggèrent qu'il s'agit d'une succession des deux, l'étymon latin étant venu renforcer le précédent.

La seule certitude est que « Campanie » désignait à l'origine exclusivement les plaines fertiles de la région, la Campania felix peuplée de Campaniens italiques et de colons étrusques et grecs (sur la bande littorale pour ces derniers) ; en outre, la forme latine Campania apparaît relativement tard (première mention au IIe siècle av. J.-C. par Polybe) alors qu'auparavant c'est le terme ager Campanus (littéralement « campagne campanienne », au sens de « campagne capouane ») ou d'autres périphrases semblables qui étaient d'usage.

Cependant, avec la création de la province de Campanie (dont la capitale fut Capoue), l'usage du toponyme s'est répandu vers le nord jusqu'au Tibre et au sud jusqu'au Sélé. La conquête d'une vaste partie de la région par les Lombards (à l'exception de Naples) entraîne l'oubli massif du choronyme « Campanie » qui ne survit qu'aux limites septentrionales de l'ancienne province, au sud immédiat de Rome (dont dérive par ailleurs la locution de campagne romaine, dont les habitants sont appelés campanini en italien). Partout ailleurs, le terme « Campanie » disparaît inexorablement du langage courant (bien que l'on puisse retenir quelques survivances sporadiques, comme dans le cas de Campagna, commune de la province de Salerne) mais continue d'être employé par les classes instruites qui perpétuent le souvenir de l'héritage romain dans la région[4].

La « résurrection » définitive de ce nom plurimillénaire ne survient qu'après l'annexion au royaume d'Italie et se confirme par la création d'une région administrative homonyme malgré des frontières sensiblement différentes de celles de la Campanie antique.

Temple d'Héra (Paestum).
Vestiges de l'acropole de Cumes.
Site archéologique d'Élée.
Ruines de la cité grecque de Néapolis sur la piazza Bellini, Naples.

L'occupation humaine de la Campanie est attestée dans le secteur des Apennins à partir du paléolithique moyen, c'est-à-dire à l'ère de Néandertal ; en effet, les silex à patine blonde taillés et travaillés émergent en grand nombre à cette période sur le plateau de Camporeale (près d'Ariano Irpino) et ses alentours, tandis que les premières traces de sédentarisation remontent au néolithique dans le site voisin de La Starza[5].

Au Ier millénaire av. J.-C., la présence de populations d'origine indo-européenne telles que les Osques (ou Opiques), les Aurunces, les Ausones, les Sidicins et les Samnites, qui parlent la langue osque (langue indo-européenne du groupe italique), est attestée dans les zones intérieures et les montagnes, tandis que la campagne campanienne est occupée par les Étrusques et la bande côtière connaît la colonisation grecque. La principale cité étrusque était Capoue tandis que les colons grecs se sont implantés à Pithécuse (Ischia), Kymé (Cumes), Parthénope (qui deviendra Néapolis, Naples), Dikéarcheia (Pouzzoles), Poséidonia (Paestum), Élée (Ascea) et Pyxous (Policastro Bussentino) ; bien qu'aujourd'hui en territoire campanien, les trois dernières cités étaient considérées dans l'Antiquité comme étant situées en Lucanie. La Campanie intègre ainsi la Grande-Grèce, qui allait exercer une influence décisive sur la société romaine puis l'ensemble de la civilisation occidentale. L'alphabet latin lui-même dérive de l'alphabet grec apporté à Cumes par les Chalcidiens.

La première colonie grecque de Campanie, qui est également la première de toute la Méditerranée occidentale, est créée sur l'île d'Ischia (qui accueillait déjà un comptoir punique depuis le Xe siècle av. J.-C.) où, au VIIIe siècle av. J.-C., des aristocrates en provenance de Chalcis, en Eubée, s'installent pacifiquement par un accord avec les Phéniciens sur la baie de Lacco Ameno afin de commercer avec les Étrusques et acquérir leurs connaissances techniques sur le travail du fer. Nommée Pithécuse, cette première implantation de culture métissée gréco-punique précède même la fondation de Naxos et de Megara Hyblaea en Sicile (bien que le géographe Strabon, dont l'étude est corroborée par le mythe de la sirène Parthénope et d'autres faits historiques attribuables à cette période, suggère l'existence d'une colonie antérieure fondée par des Rhodiens sur l'îlot de Mégaride ; supposément datée du IXe siècle av. J.-C., elle constituerait le noyau archaïque de la future Naples). Cet avant-poste permet aux Grecs de nouer des liens commerciaux fructueux avec les Étrusques, auxquels ils transmettent également leur alphabet, et de nouveaux colons vont affluer d'abord sur l'île d'Ischia puis sur une bande restreinte le long des côtes campaniennes.

Plateia maggiore (Naples).

Leurs premières implantations sur le continent se font à Kymé (sur un promontoire faisant face à Lacco Ameno), puis à Dikéarcheia (Pouzzoles), sur le mont Echia et l'îlot de Mégaride où ils fondent, dans la seconde moitié du VIIIe siècle av. J.-C., le modeste comptoir de Parthénope qui doit offrir une protection aux Grecs en cas d'invasion terrestre. Néapolis, la « nouvelle ville » (qui correspond à Naples) est bâtie à la fin du VIe siècle av. J.-C. selon un plan orthogonal composé de plateiai et de stenopoi, qui deviendront sous les Romains les decumani maximi de la cité. Si la côte est investie par les Grecs, l'intérieur demeure fermement sous le contrôle des Étrusques qui y ont fondé une dodécapole (union de douze cités) dominée par Capoue, Nuceria, Nola, Acerra et Suessula.

L'amphithéâtre de Capoue (Santa Maria Capua Vetere), possiblement le premier amphithéâtre construit par les Romains.

Certains Samnites des proches montagnes descendent vers les plaines et le rivage et se joignent aux Étrusques et aux Grecs avec lesquels ils commercent tout en entretenant des relations cordiales. À cette époque, les Samnites se divisent ainsi en deux « factions », l'une agglomérée dans les basses terres et ouverte aux contacts et aux influences étrangères, l'autre toujours isolée dans les montagnes et refusant farouchement tout contact avec les peuples voisins. En 343 av. J.-C., l'opulente cité campanienne de Capoue sollicite l'aide de Rome contre des bandes de samnites qui la menacent. Si les Romains ne parviennent pas à vaincre les Samnites de manière décisive, ils vont forger une alliance précieuse avec Capoue tandis que leurs adversaires se rassemblent au sein de la « ligue latine », qui sera dissoute deux ans plus tard à l'issue de l'écrasante victoire romaine à la première guerre samnite. Les membres des communautés restées fidèles à Rome sont récompensés par la citoyenneté romaine, ce qui conduit certaines cités telles que Naples à leur proposer une alliance. Cette dernière ne put recevoir de réponse de la part du Sénat que les Samnites rouvrirent les hostilités, déclenchant la deuxième guerre samnite (326-304 av. J.-C.). Les Romains subissent un revers à Caudium lors de la « bataille des Fourches Caudines » et ont été contraints de remodeler toute leur armée avant le déclenchement du troisième conflit. Lors de la troisième guerre samnite (298-280 av. J.-C.), les Romains affrontent une coalition de Gaulois, d'Étrusques, de Samnites et d'autres populations italiques et les vainquent de manière décisive à la bataille de Sentinum, dans les Marches (295 av. J.-C.) ; Manius Curius Dentatus contraint les Étrusques à la paix en 290 av. J.-C. Plus tard, lors de la deuxième guerre punique, la majeure partie de la région est pacifiée et fait montre de loyauté envers Rome à l'exception notable de Capoue et quelques autres cités qui s'allièrent aux Carthaginois jusqu'à leur soumission en 211 av. J.-C.

La région est administrativement rattachée à la Regio I Campania, transformée sous le règne de Dioclétien en Provincia Campaniae ; les deux juridictions s'étendaient dans ce qui constitue de nos jours le sud du Latium mais n'incluaient ni le Cilento et le Val de Diano (rattachés à la Lucanie), ni l'arrière-pays de l'Irpinia (rattaché à l'Apulie). Tout au long de la période romaine, de nombreux puissants se sont faits édifier des villas de détente le long de la côte. Sur le plan économique, la Campania felix fut l'une des régions les plus riches du monde romain et connut un développement extraordinaire en matière d'agriculture et de commerce. C'est à Naples, près de l'actuel Castel dell'Ovo, que mourut en 511 apr. J.-C. l'ancien empereur Romulus Augustule, dont la déposition en 476 apr. J.-C. a marqué la chute de l'Empire romain d'Occident.

Des Lombards à la vice-royauté espagnole

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Château normand (Ariano Irpino).

À partir du Ve siècle apr. J.-C., la Campanie perd peu à peu toute forme d'unité alors qu'elle est divisée entre les Byzantins et les princes lombards. Ces derniers descendent l'Italie vers la fin du siècle jusqu'à atteindre la Campanie où ils fondent le duché de Bénévent qui deviendra, en raison de la chute de Pavie, une principauté jusqu'à son annexion au XIe siècle aux domaines du pape (raison pour laquelle les historiens qualifient Bénévent de « balcon papal sur l'Italie du Sud »). Les principautés de Salerne et de Capoue, qui avaient obtenu leur indépendance du duché de Bénévent, n'intégreront jamais les États pontificaux.

Le duché de Naples tombe aux mains des Byzantins en 536 mais entre en rébellion quasi constante contre les autorités impériales et finit par s'affranchir de la domination byzantine pour former une cité-État véritablement autonome à l'instar de Gaète, Sorrente et Amalfi, qui vont s'unir au sein d'une « ligue campanienne » pour empêcher l'expansion des Sarrasins en terres italiennes. À cet égard, elles vont rencontrer deux succès majeurs à Ostie et au Garigliano en 849 et en 915 respectivement.

En 1022, les Normands acquièrent le comté d'Ariano puis, en 1030, le fief d'Aversa, concédé par les ducs de Naples : ces deux premiers gains sont à l'origine de l'essor de la puissante dynastie normande. En effet, c'est à partir de là qu'ils parviendront à unifier une grande partie de l'Italie du Sud en un siècle. La Campanie intègre alors le royaume de Sicile et est soumise à ses souverains successifs (Hauteville, Hohenstaufen et Angevins).

Château aragonais d'Ischia.

Les Vêpres siciliennes provoquent le déclenchement d'une guerre de 90 ans qui s'achève par la sécession de la Sicile. La partie continentale de l'Italie méridionale, toujours détenue par la dynastie angevine, formera dorénavant le royaume de Naples. Viennent ensuite les Aragonais, sous lesquels Naples devient l'un des centres de l'humanisme et de la Renaissance. Sous le règne d'Alphonse V d'Aragon, les deux royaumes sont temporairement réunifiés et Naples accède au rang des grandes capitales méditerranéennes.

Temps modernes

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Revenant par héritage à Charles Quint, la couronne napolitaine devient une vice-royauté subordonnée à l'Espagne. La politique des souverains espagnols a longtemps été caractérisée par de lourdes charges fiscales afin de couvrir les dépenses impliquées par les nombreuses guerres du royaume ; la vice-royauté de Naples était en effet l'une des principales sources d'argent et de main-d'œuvre de l'Empire espagnol, ce qui suscita un grand nombre de révoltes auprès des classes populaires.

Les Bourbons et le royaume des Deux-Siciles

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Le palais royal de Caserte.

Après la guerre de succession de Pologne et la brève parenthèse autrichienne, la Campanie passe au royaume des Bourbons de Naples. Le premier roi fut Charles de Bourbon, couronné en 1735, qui mit en œuvre d'ambitieuses réformes économiques et législatives visant à permettre à Naples de rivaliser avec les autres grandes capitales européennes. Tout aussi désireux de donner à son royaume un prestige digne de ce nom, il ordonna à Luigi Vanvitelli la construction du palais royal de Caserte, achevé seulement en 1845 et souvent défini comme la dernière réalisation majeure du baroque italien.

Époque contemporaine

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Dans le contexte de la première campagne napoléonienne en Italie et la formation des républiques jacobines, Naples proclame en 1799 la République parthénopéenne qui, entre problèmes financiers et flambées d'insurrections, ne va guère s'étendre plus de quelques mois avant d'être vaincue par l'armée des sanfédistes. Les Bourbons vont faire preuve d'une répression féroce et exiger de nombreuses condamnations à mort[6]. Plus tard, Napoléon Bonaparte nomme dans un premier temps son frère Joseph comme roi de Naples, puis son beau-frère Joachim Murat qui abolit définitivement la féodalité. À la fin de l'ère napoléonienne, le Congrès de Vienne (1815) restitue les royaumes de Naples et de Sicile aux Bourbons qui les fusionnent pour donner naissance au