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Albert Lautman

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Albert Lautman
Albert Lautman
Biographie
Naissance
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Paris 10e
Décès
Nationalité
Formation
Activité
professeur agrégé (1931-1942)
Parentèle
oncle maternel d'Alain Krivine
Autres informations
Domaine
Membre de
Arme
Grade militaire
Conflit
Mouvement
Dir. de thèse
Influencé par
Lieu de détention
Oflag IV-D (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Albert Lautman [albɛʁ lotman], né à Paris le et fusillé au camp de Souge le , est un philosophe des mathématiques et résistant français.

Normalien agrégé proche de Jacques Herbrand puis des fondateurs du groupe Bourbaki, qui l'engagent sur la voie du structuralisme mathématique, il reste, contrairement à son répétiteur et ami Jean Cavaillès, attaché à un fondement réaliste des mathématiques et défend, sans avoir eu le temps d'achever son argumentation, une forme actualisée du « platonisme mathématique » de Jacques Hadamard.

Son œuvre, inachevée, tient en moins de quatre cents pages. Sa recherche d'une unité de la science, mathématique et physique, dans des couples « dialectiques » ou dyades, le global et le local, l'intrinsèque et l'extrinsèque, l’essence et l’existence, le continu et le discret, la symétrie et la dissymétrie, le même et l'autre, tente de définir comme des « schémas de structure » mais aussi des « schémas de genèse » les conditions pour résoudre les défis techniques auxquels sont confrontés ses contemporains mathématiciens, tels qu'Élie Cartan, André Weil ou Charles Ehresmann. Sans prétentions heuristiques précises, elle se donne comme le cadre métaphysique d'une réponse aux apories que soulève son étude détaillée de l'état de la science d'alors, par exemple la notion de fibre, la fonction zéta mais aussi la théorie des quanta. Au delà d'un parti pris ontologique, elle demeure jusqu'à aujourd'hui, à travers la théorie des motifs, la théorie des catégories, ou l'algèbre non commutative, une vision synthétique féconde.

Coacteur d'une spectaculaire évasion de son oflag, Albert Lautman participe durant l'Occupation au réseau Pat O'Leary depuis Toulouse et s'engage le dans les FFC. Chargé en d'organiser à Grenade sur Garonne un maquis de l'Armée secrète, il est trahi et, le , arrêté par la Gestapo, embarqué le dans le « train fantôme » à destination de Dachau. Le train y parviendra, mais sans les 47 personnes fusillées près de Bordeaux, dont Lautman, ni les personnes évadées lors d'arrêts du train en pleine voie.

« La réalité inhérente aux théories mathématiques leur vient de ce qu'elles participent à une réalité idéale qui est dominatrice par rapport à la mathématique, mais qui n'est connaissable qu'à travers elle[3]. »

Enfance provençale (1908-1923)

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Albert Lautman naît français dans le 9e arrondissement de Paris, mais quittera cette ville dès la fin de sa petite enfance. Il est le fils de Sami Lautman, un Juif de Roumanie autrichienne né à Braïla, et porte le prénom de son grand-père, qui était commerçant[4]. Étudiant en médecine interdit d'internat par un numérus clausus décrété par Karl Lueger, le maire antisémite de Vienne, Sami Lautman a rejoint en France, en 1893, son frère aîné Adolphe[5], repassé tous ses examens, baccalauréat inclus, et épousé en 1905 une Parisienne issue d'une vieille famille juive de Lorraine alliée à des Juifs du Pape, Claire Lajeunesse[6].[pas clair]

Le couple a trois enfants : l'aînée Esther, Albert, puis Jules ; les deux garçons font leur bar-mitzvah. Claire est juive pratiquante. Quoique plus détaché de la religion, Sami a expressément demandé et obtenu des obsèques selon le rite : son petit-fils Jacques, fils aîné d'Albert, lira le kaddish hébreu transcrit en caractères latins. Jules, entré rédacteur à la Direction des accords commerciaux[7] du Ministère du Commerce, y fera la promotion du planisme comme une réponse médiane entre le dirigisme des États totalitaires et la crise des économies libérales[8] et, docteur en droit et économie politique, deviendra vite diplomate du corps de l'expansion économique à l'étranger, en poste à Moscou puis à Copenhague.

Quand éclate la Première Guerre mondiale, Albert Lautman a six ans. En , son père, devenu un otorhinolaryngologiste reconnu[9], s'engage, malgré ses quarante-quatre ans, dans la Légion étrangère comme soldat brancardier ; il ne deviendra médecin auxiliaire qu'à titre exceptionnel. Son oncle Hermann, frère aîné de Samy, est lui aussi engagé volontaire[5], rejetant pareillement sa patrie nominale, l'